Contenu éditorial simple : Débuter ma généalogie

Les outils

 

La pratique

Il faut tout d'abord savoir qu'une généalogie se fait en remontant dans le temps et de préférence en établissant une branche à la fois (souvent on privilégie la branche paternelle).
Pensez à toujours bien noter les détails que vous recueillerez en en indiquant la source très précise.

Si vous ne disposez d'aucun élément, commencez par interroger vos parents et leurs collatéraux directs s'ils sont encore vivants afin d'en savoir plus sur vos grands-parents, voire arrière-grands-parents. Ceci vous permettra de tracer une première piste et de définir le lieu de votre première recherche de documents.

La recherche généalogique s'effectue en effet par commune et non par patronyme car il n'y a aucun fichier national d'individus. Même les recensements nationaux de population réalisés de 1821 à 1975, n'ont donné lieu qu'à l'établissement de listes nominatives communales et non nationales.

Les délais de communication au public des documents d'archives varient en fonction du type de document. Ils sont indiqués dans le Code du patrimoine, articles 213-1 à 213-8 (livre II, archives, titre 1er, régime général des archives, chapitre 3, régime de communication).

L'idéal est donc lors de la première enquête auprès de votre famille d'obtenir des renseignements sur le début du XXe siècle. Ayant connaissance d'une commune, vous pouvez consulter les tables décennales de l'état civil de cette commune.

Vous les trouverez, comme les actes d'état civil eux-mêmes, regroupées aux Archives du département dans lequel se trouve la commune, ou pour les communes de plus de 2000 habitants, également dans celle-ci, soit au service des Archives, soit au service de l'état civil. Vous trouverez toutes les coordonnées et horaires d'ouverture de ces service dans notre Annuaire .

Les tables décennales sont des listes quasi alphabétiques, établies tous les 10 ans (d'où leur nom) depuis 1792. Souvent ces tables sont subdivisées en trois parties (naissances, mariages, décès) dans lesquelles sont classés les noms des individus nés, mariés et décédés dans une commune donnée, suivis de la date de l'acte.

Pour la période de 1792 à 1902, vous chercherez donc d'abord à partir des tables décennales, la date précise d'un acte concernant un de vos ancêtres. Il sera préférable de chercher d'abord le décès ou le mariage de votre ancêtre car ils vous permettront de faire de grands sauts dans le temps et d'obtenir beaucoup d'informations.

Dans un acte de décès , vous trouverez la date de naissance ou l'âge, le métier parfois le lieu de naissance, le nom des parents ou du conjoint.

Dans un acte de mariage , vous trouverez les dates et lieux de résidence de chacun des mariés, leur métier, les noms, métiers et parfois lieux de naissance de leurs parents, les noms et liens de parenté d'autres membres de la famille appelés comme témoins.

Un acte de naissance ne contient en général que les noms, métiers et lieux de résidence des parents, parfois ceux de témoins.

Vous pouvez alors demander la communication du registre contenant cet acte.

Les registres d'actes d'état civil sont une suite chronologique d'actes de naissances, mariages et décès (NMD) inscrits en double exemplaire par les officiers d'état civil depuis 1792. Un des exemplaires est conservé pendant 75 ans au greffe du tribunal puis versé aux Archives du département.

Remontant dans le temps, vous arriverez à la période antérieure à 1792, date d'établissement de l'état civil.

Vous pourrez alors recourir à des registres non plus communaux, mais paroissiaux qui, depuis le XIVe siècle ont été tenus par les curés des paroisses. Ils comportent donc, dans un ordre chronologique (parfois fantaisiste), des actes non plus de naissances, mariages et décès (NMD) mais des actes de baptêmes, mariages et sépultures (BMS).

Ces documents sont pour la plupart aux Archives départementales, parfois aux Archives communales. Ils peuvent comporter des tables alphabétiques , annuelles, pas toujours totalement fiables.

La recherche devient donc un peu plus longue au-delà de 1792. Mais elle est, dans presque tous les cas de figure, suivie de résultats entre 1792 et 1737. Car en 1736, une ordonnance royale avait imposé aux curés de faire deux exemplaires des registres paroissiaux. Il est rare que les deux exemplaires aient disparu.

En revanche au delà de 1737, la recherche généalogique devient plus aléatoire. L'exemplaire unique d'un registre peut avoir disparu et le contenu des actes peut être très sommaire.

Dans un acte de baptême ou de sépulture, on peut ne trouver que le nom du baptisé ou du défunt avec la date, sans aucune filiation ou parenté. Les tables devenant alors, sauf dans de grosses paroisses, inexistantes, l'écriture de ces réponses étant très cursive et liée, la recherche en devient beaucoup plus longue et difficile.

Il est à noter que dans de nombreux services d'archives vous ne pourrez pas consulter les registres originaux, en raison de leur fragilité, mais leur microfilm ou leur image numérique.

Une fois le cadre bâti avec les repères chronologiques et de parentèles, vous pourrez dépouiller les archives notariales, dont les plus anciennes dans certaines régions datent du XVe siècle, ou pour le XIXe siècle, les listes nominatives de population, le cadastre... Ensuite vous pourrez attaquer bien d'autres séries d'archives.

Mais il se sera alors déjà passé de longues années de recherche ! Et n'imaginez pas que malgré tous ces efforts, par ailleurs très gratifiants, vous puissiez remonter votre généalogie jusqu'à Jeanne d'Arc et encore moins jusqu'à Mérovée !

Pour vous soutenir dans ce travail, vous trouverez de nombreuses associations d'entraide généalogique dont l'une est probablement près de chez vous.

Réponse établie par Catherine Dhérent, conservateur général du patrimoine, 2001 (mise à jour 2010)

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