Claude Le Jeune

Valenciennes, vers 1530 - Paris, 26 septembre 1600 (inhumation)

Claude Le Jeune a vraisemblablement reçu la traditionnelle formation des musiciens de son époque dans quelque maîtrise du Nord. Son œuvre témoigne largement de cet héritage « franco-flamand » et il est à placer au rang de ses compatriotes Josquin Desprez ou Roland de Lassus.

S'il est moins connu que ces deux maîtres, c'est probablement à cause de son engagement dans la religion réformée qui l'a obligé, en ces temps troublés par les guerres de religion, à une vie plus instable. Claude Le Jeune a ainsi bénéficié des faveurs de hauts personnages protestants tels que François de La Noue, le duc de Bouillon, vicomte de Turenne, le prince Guillaume d'Orange et même le poète Agrippa d'Aubigné. Proche du milieu royal, il sert d'abord le duc d'Alençon, frère d’Henri III, en qualité de maître de sa musique, et termine sa vie comme "Compositeur de la Chambre" du roi Henri IV.

Pour la postérité, Claude Le Jeune est surtout resté le principal musicien humaniste de la fin du XVIe siècle français. Grâce à lui, nous avons pu conserver une image sonore des expériences menées au sein de l'Académie de poésie et de musique, fondée en 1570 sous la protection de Charles IX, à l'initiative d'Antoine de Baïf. Claude Le Jeune est celui qui nous a laissé la plus grande quantité de cette musique "mesurée à l'Antique", visant à déclencher de merveilleux effets sur l’homme.

Essentiellement posthume, l’œuvre de Claude Le Jeune est considérable : son catalogue compte plus de six cents œuvres qui, par leur remarquable diversité, donnent un panorama exhaustif de tous les styles et genres ayant cours à son époque. C'est une figure incontournable de la musique française entre Renaissance et Baroque.

 

Isabelle His
chercheur au CNRS
Centre de Musique Baroque de Versailles