Reconnaissance d'utilité publique de la Société nationale d'acclimatation

26 février 1855

Créée par Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, professeur de zoologie des mammifères et des oiseaux au Muséum national d’histoire naturelle, la Société zoologique d’acclimatation fut reconnue d’utilité publique par un décret du 26 février 1855 qui l’autorisait à prendre l’épithète d’impériale et qui la plaçait sous la protection de l’Empereur.

 

Son but était de concourir à l’introduction, à l’acclimatation et à la domestication des espèces animales utiles ou d’ornement, au perfectionnement et à la multiplication des races nouvellement introduites ou domestiquées. Elle étendit ensuite son programme aux végétaux, et les événements politiques substituèrent dans son intitulé l’épithète de nationale à celle d’impériale.

 

Mais sous l’influence des naturalistes, savants et amateurs, qui l’animaient, les préoccupations qui avaient inspiré sa fondation se modifièrent, en même temps que progressait la connaissance de la nature et que la civilisation industrielle et technique étendait son emprise. Aux yeux de l’homme du XIXe siècle, la nature constituait un capital inépuisable dont il était souhaitable de tirer parti. Quelques décennies plus tard, les naturalistes constataient que ce capital était si gravement entamé qu’il importait avant tout, pour assurer le développement durable de l’humanité, de définir les limites des prélèvements raisonnables et, dans la mesure du possible, de restaurer ce qui avait été détruit.

 

La Société orienta résolument ses activités vers la protection de la nature et de ses ressources sous les présidences d’Edmond Perrier (1901-1921) et de Louis Mangin (1922-1934), l’un et l’autre directeurs au Muséum. Ce dernier accueillit et présida le premier Congrès international pour la protection de la nature, co-organisé par la Société d’acclimatation en 1923, et mit en œuvre la Réserve zoologique et botanique de Camargue qui reçut en 1967 le premier diplôme européen.

 

Devenue Société nationale de protection de la nature et d’acclimatation de France, elle a de nos jours pour objectif premier le maintien de la biodiversité par la protection des espèces qui constituent les règnes animal et végétal, ce qui implique nécessairement la sauvegarde des habitats naturels, la lutte contre la dégradation des sols et contre la pollution de l’eau et de l’air. Elle assure la gestion de la réserve de Camargue et de celle de Grand Lieu (Loire-Atlantique). Elle édite trois revues périodiques : la Revue d’écologie – la Terre et la Vie, Le Courrier de la Nature et Zones Humides Infos.

 

Michel Échaubard
secrétaire général de la Société nationale de protection
de la nature et d’acclimatation de Frances