Hélène Boucher

Paris, 23 mai 1908 - Guyancourt, 30 novembre 1934

Fille d’un architecte parisien, Hélène grandit telle une jeune fille modèle à l’éducation classique, mis à part son goût immodéré pour la vitesse.

Après un baptême de l’air à Orly, elle devient la première élève de l’école de pilotage d’Henri Farbos à Mont-de-Marsan. À 23 ans, elle est « lâchée », et après 17 heures 50 de vol, brevetée sous le numéro 182.

Bien décidée à vivre de sa passion, elle acquiert un « de Havilland Gipsy Moth » et s’entraîne à la navigation et à la voltige puis obtient son brevet de transport public en juin 1932.

En revendant son avion, grâce aux gains de quelques meetings, elle achète un Avro Avian à moteur Cirrus et décide d’accomplir un raid vers l’Extrême Orient : Cannes-Pise-Naples-Athènes-Alep. Des problèmes moteurs l’obligent à atterrir à Ramada, au milieu du désert avant Bagdad. Renonçant à poursuivre jusqu’à Saïgon, elle repart via Damas-Le Caire-Tripoli-Tunis-Naples-Marseille et Lyon vers Le Bourget. Elle s’est aguerrie… Face à des difficultés financières, elle doit revendre son avion.

La chance lui sourit alors. Pierre Mauboussin l’engage aux 12 heures d’Angers, où malgré un résultat modeste, les plus grands aviateurs tel Michel Détroyat la remarquent et l’admirent pour son endurance et sa pugnacité.

Sur l’avion M 120 Corsaire elle bat le record féminin d’altitude, atteignant 6 100 m.

Elle poursuit assidûment ses leçons de voltige avec Détroyat. Exigeant, celui-ci la juge « intelligente et obéissante, exceptionnellement douée avec une souplesse de manoeuvre remarquable ».

Elle enchaîne compétitions et meetings avec sérieux et une farouche volonté. Son sourire irrésistible et sa gentillesse séduisent les foules et les font rêver. Cependant, elle ne veut être reconnue que pour ses qualités de pilote.

Signant un contrat chez Caudron, elle s’impose alors dans la catégorie des pilotes de course sur C 430 Rafale puis sur C 530 à moteur Renault.

Seconde des 12 heures d’Angers en 1934 elle bat le record du monde de vitesse sur 1 000 km avec plus de 250 km/h. Elle devient une célébrité. Sur C 450, elle poursuit sa quête, portant le record international toutes catégories à 445 km/h.

En vue d’une future présentation, manquant d’entraînement, et malgré le temps médiocre, elle décolle son C 430 de Guyancourt. Sur cet appareil délicat en remise de gaz volets sortis, la « jeune fille de France » rencontre son destin. Elle n’a que 26 ans.

Pour la première fois la dépouille d’une femme reçoit les hommages de la France dans la chapelle des Invalides.

Jeune fille douce, forte et brave, incarnant les valeurs de courage, persévérance, modestie et simplicité, elle reste un exemple à travers les générations.

 

Béatrice Vialle
pilote de Concorde
commandant de Bord 747