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Avant-propos

 

J’imagine les scrupules et les hésitations du Haut comité des célébrations nationales quand il procède à la mise au point de la liste officielle des anniversaires que l’État jugera bon de célébrer au nom de tous les citoyens. C’est pourquoi je veux exprimer tout d’abord ici à ses membres notre gratitude collective pour leur esprit d’ouverture et d’équité, pour leur érudition aussi.

 

Ce dénombrement ne possède en rien, bien sûr, l’infaillibilité qu’on prête aux textes sacrés, et libre à chacun d’y ajouter les anniversaires qui lui tiennent à cœur ou d’en retrancher ceux qui lui paraissent d’un plus faible mérite.

 

Tel qu’il est, il possède cependant des vertus appréciables, dont la moindre n’est pas de s’intéresser à tous les secteurs de l’activité, de l’intelligence et de l’esprit humain. Si, jadis, les hommes de guerre et les hommes d’État s’y taillaient la part du lion, ils ont dû céder le pas aux inventeurs, aux artistes et aux intellectuels : au titre de 2010 à Bernard Palissy, à Frédéric Chopin, à Alfred de Musset, à Albert Camus et à Jean-Louis Barrault.

 

C’est une vertu aussi de tirer des ombres d’un oubli souvent immérité des personnalités ou des œuvres qui, sans avoir radicalement changé le cours de l’histoire, ont illustré avec éclat les mouvements et les effervescences qui l’ont agitée et ont contribué à l’évolution de notre société : on aurait tort, en 2010, de négliger le souvenir de Jean-Georges Noverre, de Guillaume Postel ou, bien sûr, de Gracchus Babeuf.

 

Je veux rendre hommage aussi à l’esprit de partage des connaissances qui caractérise cette publication qui repose sur l’expertise des spécialistes les plus compétents et les plus chevronnés. Ses éditeurs savent que celui qui maîtrise parfaitement un sujet est, bien souvent, le mieux placé pour en parler en termes simples et clairs et initier ainsi aux arcanes de son savoir les publics les moins avertis. C’est ainsi que mon admiration et ma reconnaissance vont sans réserve à ceux qui font ici la lumière sur des réalités aussi obscures pour moi que le synchrotron de Meyrin, l’appertisation ou même certains aspects, plus familiers sans doute à un littéraire, de la poésie de Maurice Scève.

 

Non content de mettre à la portée de tous et de chacun des sujets difficiles grâce au talent des signatures les plus incontestables, le recueil des célébrations nationales propose une bibliographie mise à jour à ceux qui, séduits par les notices et les articles, désireraient approfondir leurs connaissances et poursuivre leurs découvertes.

 

Puisque – on l’a bien compris – il n’y a pas vraiment de grands et de petits anniversaires, je ne voudrais pas influencer le cours de la lecture ni recommander tel texte plutôt qu’un autre.

 

J’invite donc les lecteurs et habitués de ce recueil, et je sais qu’ils sont nombreux, à parcourir avec moi plus de mille ans de notre histoire, depuis la fondation de Cluny jusqu’aux indépendances de l’Afrique francophone et, l’esprit ouvert et attentif, à méditer sur la richesse de notre passé et sur toutes les raisons de nous réjouir et d’espérer que nous ont léguées nos devanciers.

 

Frédéric Mitterrand
Ministre de la Culture et de la Communication