Marius Petipa

Marseille, 11 mars 1818 - Gourzouf (Crimée), 14 juillet 1910

Génial créateur de Casse-Noisette et du Lac des cygnes, Marius Petipa naît dans une famille d’artistes. Son père, Jean-Antoine, est danseur et maître de ballet et sa mère, Victorine Maurel-Grassau, est actrice. En 1819, les parents arrivent à Bruxelles avec leurs enfants Lucien et Marius. Guère intéressé par la danse mais davantage motivé par le violon, Marius paraît pourtant pour la première fois sur la scène du Théâtre de la Monnaie le 19 mars 1823, à l’âge de cinq ans, dans Psyché et l’Amour de Pierre Gardel, enchaînant dès lors les rôles de « petits amours ». Suivant sa famille dans ses pérégrinations, Marius chorégraphie ses premières œuvres à Nantes en 1838. Parti en septembre 1839 de Londres pour une tournée de trois mois en Amérique du Nord, avec son père et quelques danseurs réunis pour la circonstance, Marius danse à New York, au Niblo’s Garden et au Bowery Theatre. De retour en Europe, il séjourne quatre ans à Bordeaux et autant à Madrid, avant d’être appelé par Antoine Titus à Saint-Pétersbourg en 1847, comme premier danseur.

Assistant de Jules Perrot et d’Arthur Saint-Léon, il devient maître de ballet du Ballet impérial en 1869 et donne toute la mesure de son talent dans des œuvres originales comme La Belle au bois dormant (1890), Casse-Noisette (1892), Cendrillon (1893), Le Lac des cygnes (1895), ou dans des reprises de grands ballets du répertoire, comme Paquita (1881), Coppélia (1884), Giselle (1884) et La Sylphide (1892).

La plupart du temps, il écrit lui-même les livrets de ses ballets et commande la musique à des compositeurs qui lui resteront longtemps fidèles, comme Cesare Pugni, Léon Minkus, Piotr Ilitch Tchaïkovski ou Riccardo Drigo.

Alors que le ballet demeure partout ailleurs un intermède entre deux pièces ou deux actes d’opéra, Petipa développe à Saint-Pétersbourg le « grand ballet », occupant toute une soirée de théâtre. Il accorde autant de place à la pantomime qu’à la danse et ses compositions sont brillantes et virtuoses. Les variations féminines sont adaptées aux capacités de chaque interprète pour mieux les mettre en valeur.

S’inspirant également des danses traditionnelles, il construit des divertissements de caractère adaptés des folklores russe, polonais ou espagnol, en intégrant parfaitement ces éléments au style classique.

Il a joué un rôle primordial entre le ballet romantique et la danse classique telle que nous la connaissons, à tel point que ses principales œuvres constituent encore aujourd’hui l’essentiel du répertoire des grandes compagnies de ballet. Il a donné tout son sens et toute sa force au qualificatif de « danseuse étoile ».

 

Jean-Philippe Van Aelbrouck
directeur du Service de la Danse
ministère de la Communauté française Wallonie-Bruxelles