Louis Vicat

Nevers, 31 mars 1786 - Grenoble, 10 avril 1861

Louis Joseph Vicat n’est pas à proprement parler l’inventeur du ciment artificiel, comme on peut le lire parfois, mais celui qui a jeté les bases de la science moderne des mortiers et ciments en ouvrant ainsi la voie à leur production à très vaste échelle. Né le 31 mars 1786 à Nevers et mort le 10 avril 1861 à Grenoble, il étudie à l’École Polytechnique puis à l’École des Ponts et Chaussées. Entré dans l’administration des Ponts et Chaussées et nommé à Périgueux, il réalise quelques ouvrages parmi lesquels le pont en maçonnerie de Souillac, achevé en 1824, et le pont suspendu d’Argentat, ouvert en 1829, qui en fait le spécialiste reconnu des techniques de suspension, nouvelles à l’époque. Mais son intérêt se porte très vite sur la question de la résistance des mortiers et ciments à l’eau, un problème crucial pour le génie civil et la construction. Des progrès empiriques avaient été accomplis avant lui par les Anglais James Parker et Joseph Aspdin, inventeurs des ciments Parker et Portland, mais les principes scientifiques expliquant la prise des mortiers et ciments et les rôles respectifs de la chaux, de la silice et de l’alumine dans leur plus ou moins grande résistance demeuraient encore inconnus. Vicat expose les premiers résultats de ses travaux dans ses Recherches expérimentales sur les chaux de construction, les bétons et les mortiers de 1818, qui contribuent à asseoir sa réputation scientifique.

Ses recherches ne font que commencer. Dans son Résumé des connaissances positives actuelles sur les qualités, les choix et la connaissance réciproque des matériaux propres à la fabrication des mortiers et ciments calcaires de 1828, Vicat élabore une classification des chaux hydrauliques qui fera longtemps autorité. Paru en 1856, son Traité pratique et théorique de la composition des mortiers, ciments et gangues à pouzzolanes et de leur emploi dans toutes sortes de travaux résume enfin une activité scientifique et technique de plus de quarante ans, qui lui aura permis d’aborder presque toutes les questions relatives aux liants hydrauliques.

Dès ses premiers écrits, la réflexion générale de Vicat sur les chaux, les mortiers et les ciments s’accompagne de considérations pratiques telles que le calcul du prix de revient d’un mètre-cube de chaux hydraulique pour une usine moyenne. Dans le même ordre d’idées, l’ingénieur recense par la suite les gisements de calcaire argileux permettant de fabriquer des liants hydrauliques de bonne tenue. Après avoir parcouru la France en tous sens, il ne retient pas moins de 900 carrières. Les préoccupations de développement industriel à grande échelle sont inséparables de sa démarche de chercheur. C’est avec raison que l’industrie cimentière française en a fait l’une de ses figures tutélaires.

 

Antoine Picon
enseignant
chercheur à l’École nationale des Ponts et Chaussées


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