Autres anniversaires signalés pour l'année 1914

Quoique dans l’obligation et avec la mission de se montrer sélectif, le Haut comité des Commémorations nationales s’en serait voulu de passer sous silence les personnalités et les événements suivants :

 

Héliodore Camille Mortenol (1859-1930), premier Guadeloupéen a être nommé capitaine de vaisseau
(texte de Héléna Narayanin-Siousarram, présidente de la commission culture et patrimoine en Gaudeloupe)
1914
Héliodore Camille Mortenol appartient à une famille modeste de Pointe-à-Pitre. Son père André avait racheté sa liberté et pris le patronyme de Mortenol en 1847 à l’âge de 38 ans. D’abord chez les frères de Ploërmel en charge de l’enseignement primaire, puis au collège diocésain de Basse-Terre, il se distingue par ses dons pour les mathématiques.
L’obtention d’une bourse lui permet de poursuivre ses études à Bordeaux : en 1880, il est reçu brillamment à Polytechnique. À sa sortie de l’école, il devient officier de marine et assure de nombreuses missions en mer.
En 1894, il est affecté au corps expéditionnaire en charge de la conquête de Madagascar ; il participe notamment à la prise d’un fort malgache, le 2 mai 1895 ; ses faits d’armes lui valent d’être fait chevalier de la Légion d’honneur, le 19 août 1895. Il fait partie des officiers qui entourent le général Gallieni, chargé de la pacification et de l’organisation de Madagascar (1896-1905).
Le 12 juillet 1911, Mortenol est fait officier de la Légion d’honneur. En 1914, il a le grade de capitaine de vaisseau ; il a 55 ans. Gallieni est en 1914 gouverneur militaire de Paris. Il confie en 1915 à Mortenol la responsabilité de la défense antiaérienne de Paris contre les attaques menées par les dirigeables et avions allemands. Mortenol, disposant d’un service de renseignements efficace, utilise des projecteurs de grande puissance, en particulier celui du Mont Valérien, qui domine la capitale, pour repérer de nuit les avions allemands.
En 1921, Mortenol qui était alors capitaine de vaisseau en retraite et colonel d’artillerie, est fait commandeur de la Légion d’honneur avec la mention suivante « Officier supérieur du plus grand mérite, à son poste jour et nuit pour veiller sur Paris, assure ses fonctions avec un rare dévouement et une compétence éclairée ».

 

Lucien Bodard
(texte de Marie-Françoise Leclère-Bodard, journaliste)
Chongqing (Chine), 9 janvier 1914
Paris, 2 mars 1998
Né au Sichuan, dans la Chine des seigneurs de la guerre où son père était consul de France, après ses études aux Roches et à Sciences-Po, il se destine à la diplomatie, mais le charroi des évènements en décide autrement. Via l’Espagne et l’Afrique du Nord, il gagne Londres. À la Libération, il choisit le journalisme. Il va en devenir un prince, un monstre sacré, le dernier représentant d’un grand reportage aujourd’hui disparu, dans la lignée d’Albert Londres et de Joseph Kessel, qui l’admirait. Sa force ? Une indépendance absolue.
Des Philippines au Brésil, du Congo à l’Irlande, il parcourt le monde en témoin lucide de la férocité et de la misère humaines, l’expérience majeure étant celle de l’Asie, l’Indochine où il reste de 1947 à 1955, Hongkong ensuite (jusqu’en 1960). De ces années sortiront des milliers de pages, des articles et des livres, une trilogie indochinoise mythique (L’enlisement, L’humiliation, L’aventure), des documents très critiques et précurseurs sur la Chine de Mao.
Vient le temps du roman, le désir de re-visiter son enfance magique et meurtrie, d’analyser encore les passions françaises et les arcanes du pouvoir. La voie royale s’ouvre avec Monsieur le consul, qui obtient le prix Interallié à l’unanimité en 1973. En 1981, le bouleversant Anne Marie est couronné par le Goncourt. D’autres livres suivront, tous de cette écriture singulière, somptueuse, qu’on a comparée au Yang-tseu-kiang en crue.
Il meurt le 2 mars 1998, quelques heures après avoir terminé la correction des épreuves de son ultime roman, Le chien de Mao. « Sa verve inimitable et purificatrice » (Erik Orsenna) nous manque.

 

Paul Déroulède
(texte de Charles-Louis Foulon, docteur en études politiques et en histoire)
Paris, 2 septembre 1846
Nice, 30 janvier 1914

Disparu peu avant la Grande Guerre qui rendit à la France ses provinces perdues d’Alsace et de Lorraine, Paul Déroulède fut un ardent partisan de la Revanche après la défaite de 1870. Par ses Chants du soldat, vendus à plus de 100 000 exemplaires à partir de 1872, il n’a cessé de plaider pour un patriotisme ardent. Son Clairon, chantant « l’air pur et la route large », voulait faire rêver à une guerre joyeuse et victorieuse.
Opposé à la politique coloniale de Jules Ferry, il lui lança : « j’ai perdu deux sœurs ; vous me donnez vingt domestiques ». Fondateur de la Ligue des Patriotes, il fut un soutien constant du général Boulanger dont il espérait qu’il délivrerait le pays de la démocratie et des « bavards impuissants ». Député de Charente (1889-1892 et 1898-1902), il tenta un coup d’état anti-républicain à la fin des obsèques du président Félix Faure, en 1899. Condamné au bannissement puis gracié en 1905, il se reconnaissait exalté. Son récent biographe, Bertrand Joly, le considère comme l’inventeur du nationalisme.

 

Gaston Calmette*
(texte de Charles-Louis Foulon, docteur en études politiques et en histoire)
16 mars 1914
Divorcée du journaliste Léon Clarétie et devenue l’épouse de Joseph Caillaux après qu’il eut divorcé de Berthe Geydan, Henriette Rainouard fut révoltée par la campagne de presse dirigée contre son mari. Ce dernier, inspecteur des Finances devenu parlementaire puis ministre et président du Conseil, était alors ministre des Finances. Briand et Clemenceau incitaient les journaux à attaquer le « ploutocrate démagogue » sur ses conflits d’intérêts, car il présidait aussi une banque étrangère.
Craignant que soient utilisées des correspondances du temps de son adultère, Mme Caillaux se rendit au Figaro et tira cinq balles sur celui qui dirigeait depuis 1902 le grand quotidien conservateur. Mort rapidement des suites de ses blessures, Gaston Calmette fut inhumé à Paris devant des milliers de personnes. Défendue par Me Labori, talentueux avocat de Dreyfus, Henriette Caillaux fut acquittée dès le 28 juillet 1914. Les jurés parisiens eurent une égale mansuétude après la guerre en acquittant l’assassin de Jean Jaurès ! En revanche, Caillaux, contraint à quitter le gouvernement en 1914, fut poursuivi en 1917 et condamné pour intelligence avec l’ennemi en 1920. Mme Caillaux mourut en 1943 séparée de son mari. 
* Cf. Commémorations nationales 2013

 

Paul Tortelier
(texte de Anne Gastinel, violoncelliste, professeur au conservatoire national supérieur de Lyon)
Paris, 21 mars 1914
Chaussy (Val-d’Oise), 18 décembre 1990

Paul Tortelier était un personnage
extra ordinaire.
Absolument.
J’ai eu la chance, l’honneur de le rencontrer, mi-décembre 1990, quelques jours avant sa mort. Soudaine et brutale.
Ces moments rares restent à jamais gravés dans mon esprit, et dans mon âme.
Je commençais alors ma carrière, et rêvais de le rencontrer. Aussi quand on m’offrit de participer aux master-classes qu’il donnait à Villarceaux, je m’empressai d’y répondre favorablement. J’étais alors une jeune fille timide et introvertie. Notre rencontre fut un choc, musical et humain.
Je fus d’abord frappée par sa jeunesse. Cet homme, âgé alors de 76 ans, semblait en avoir 20 ! Par sa fougue, son enthousiasme, et son inimitable façon de conter des histoires. La sienne, celle de la musique, du violoncelle. Il semblait animé en permanence d’une incroyable vitalité, d’une énergie débordante et d’une fraîcheur infinie. Entier, excessif, exubérant. Généreux. Un grand adolescent, mais déjà Sage.
Nous n’étions que quelques privilégiés invités à ses cours. Les quelques jours qu’il passa avec nous, il fut présent, à tous les instants. Pas seulement pendant les classes ; nous vivions ensemble. Il était parmi nous. Avec nous.
Je me souviens du bonheur que j’éprouvais d’être à ses côtés, émue par tant de bienveillance. Jeune par sa manière d’être, sa nature. Mais aussi lorsqu’il prenait son violoncelle durant les cours. C’était alors une véritable leçon d’humilité ! Peu d’artistes, encore aujourd’hui, sont capables de tant d’agilité, de clarté dans le son, et de poésie dans le phrasé. L’on pouvait entendre, sentir immédiatement les heures de travail accumulées ; la réflexion musicale ; la pensée ; l’intégrité aussi.
Et ce grain de folie qui faisait la magie de son personnage, et de l’interprétation qui était la sienne.
J’aurais souhaité que durent infiniment ces instants.
La veille de sa disparition, dans une église voisine, il donna un concert que je ne peux oublier. Il interpréta la 1re suite de Bach. Et il joua avec une telle émotion et une telle générosité que nous étions tous en larmes lorsque nous le retrouvâmes. Il semblait alors si heureux ; si serein. Rayonnant !
« Je suis heureux. Je peux mourir demain » nous confia-t-il.
Au matin, il avait rejoint les anges.

 

Charles Fehrenbach
(texte de Philippe Morel, président de la Société Astronomique de France)
Strasbourg, 29 avril 1914
Nîmes, 9 janvier 2008

Charles Fehrenbach entre à la Société Astronomique de France en 1931. Agrégé de sciences physiques à 23 ans, il enseigne en 1939 au lycée Saint-Charles de Marseille. Sa thèse sur la mesure des vitesses radiales des étoiles le conduira à l’invention du prisme-objectif portant son nom. Aide-astronome (1941) puis astronome titulaire à l’observatoire de Marseille qu’il dirige de 1948 à 1971, il devient sous-directeur de la jeune station d’astronomie de Saint-Michel où une stèle dit ses hauts faits de Résistance et où, sous sa direction (1966-1983), naît l’actuel observatoire de Haute-Provence où sera découverte la première planète extrasolaire en 1995.
Ce chercheur hors du commun participe aux activités de l’European Southern Observatory (ESO) qui lui doit son nom, et contribue à la création de l’observatoire de La Silla (Chili) et du télescope de l’observatoire Canada-France-Hawaii (Hawaii). Le nom de cet auteur d’innombrables publications dont Des Hommes des télescopes des étoiles reste attaché à l’astéroïde n° 3433.
Sa carrière exceptionnelle lui a valu de nombreuses distinctions ; il est notamment membre de l’Académie des sciences et de l’Institut, Vice-Président honoraire de l’Union Astronomique Internationale, Médaille d’Or du CNRS, Prix Janssen et Bendall de la Société Astronomique de France.

 

Haroun Tazieff
(texte de Frédéric Lavachery, président du centre Haroun Tazieff pour les sciences de la Terre)
Varsovie, 11 mai 1914
Paris, 2 février 1998

Haroun Tazieff, né russe à Varsovie le 11 mai 1914, naturalisé Belge en 1936 puis français en 1971, reste le volcanologue le plus célèbre au monde. Ingénieur agronome, c’est sous l’Occupation, étudiant le jour, résistant la nuit, qu’il devint ingénieur géologue et ingénieur des mines. De 1948 à la fin des années 80, il aura révolutionné la volcanologie en faisant de la phénoménologie des éruptions l’objet central de missions pluridisciplinaires chargées d’échantillonner in situ et en continu les émissions de gaz et de lave, de mesurer les fluctuations de tous les paramètres observables, du champ gravitationnel au champ magnétique locaux en passant par la chimie des gaz et l’étude des transferts de masse et d’énergie entre volcans et atmosphère. Il a fondé la politique de prévention des risques naturels majeurs.
Avant que les télémesures puissent être développées, c’est par l’auscultation directe des éruptions, parfois dans les gaz et sous les bombes, que Tazieff put faire de nombreuses découvertes majeures, tels le rôle moteur des gaz, le fonctionnement des éruptions sous-marines, celui des éruptions phréatiques ou l’existence de lacs de laves permanents. Il fit de l’Etna un volcan-laboratoire.
Ayant découvert en 1952 la faille axiale du fossé d’effondrement de la mer Rouge, il en explora le prolongement continental dans la dépression de l’Afar à partir de 1967. Les expéditions qu’il y conduisit jusqu’à la fin des années 70 fournirent une preuve directe de la validité de la théorie de la tectonique des plaques par l’observation d’un océan en formation et par la mesure de la vitesse moyenne d’écartement de deux plaques lithosphériques.
L’œuvre d’Haroun Tazieff n’est toujours pas enseignée, à l’heure où l’Etna vient d’entrer au patrimoine mondial de l’UNESCO.

 

Bernard Dorival
(texte de Richard Leeman, professeur d’histoire de l’art contemporain, université Michel de Montaigne – Bordeaux 3)
Paris, 14 septembre 1914
Thiais (Val-de-Marne), 11 décembre 2003
L’œuvre de Bernard Dorival se partage entre le XVIIe et le XXe siècle. Au premier, il consacra de nombreuses études, sur Pascal, sur Racine, sur Port-Royal, une thèse sur Philippe de Champaigne, un enseignement à l’École du Louvre et à la Sorbonne. Au second il voua une carrière de conservateur au musée national d’Art moderne, de 1941 à 1968, et l’écriture d’une histoire de l’art : Les étapes de la peinture française contemporaine (Gallimard, 1943-1946), dont Jean Cassou, auprès de qui il travailla pendant plus de vingt ans, disait qu’elles « traçaient d’avance le programme du musée d’Art moderne », Les peintres du XXe siècle (Tisné, 1957) ou encore L’École de Paris au Musée national d’art moderne (Somogy, Paris, 1961) ont en effet durablement contribué à la fabrique d’une histoire de la modernité « à la française ». Sans ménagement pour les peintres traditionalistes de l’entre-deux-guerres, féroce avec des Dalí, des Buffet ou des Lorjou, Dorival réserva ses préférences à de grandes figures de la modernité : Georges Rouault, Jacques Villon, Sonia Delaunay, Kupka, mais aussi à des artistes de sa génération : il admire et soutient dès 1941 les « peintres de tradition française » Bazaine, Estève, Manessier, puis après la guerre et jusqu’aux années soixante, certains représentants de l’abstraction : Atlan, Maria Elena Vieira da Silva, Hans Hartung ou Zao Wou-Ki.

 

Joseph Déchelette
(texte de Solange Bidou, archiviste paléographe, directrice des archives départementales de la Loire)
Roanne (Loire), 8 janvier 1862
Vingré (Aisne), 4 octobre 1914

Joseph Déchelette est né à Roanne le 8 janvier 1862 d’un père industriel, dont il reprendra l’usine textile, avant de se consacrer entièrement à la recherche à partir de 1899.
Sa formation fut acquise auprès de son oncle René Bulliot qui le fit participer aux fouilles du mont Beuvray, de l’archiviste départemental Auguste Chaverondier, qui lui légua sa bibliothèque, de Vincent Durand, secrétaire de la Diana, Société historique et archéologique du Forez. Il fut nommé conservateur du musée de Roanne en 1892.
Il publia d’abord plusieurs études locales, avant de faire paraître Les Vases céramiques ornés de la Gaule romaine, ouvrage magistral où il présente une classification chronologique et géographique globale. Salomon Reinach, conservateur du Musée des Antiquités nationales de Saint-Germain-en-Laye, le lança dans la rédaction du Manuel d’archéologie préhistorique, celtique et gallo-romaine. Il rédigea les volumes sur la préhistoire et la protohistoire, publiés par Picard de 1905 à 1913, dans lesquels se développent son grand sens de l’observation, sa puissance d’analyse et de synthèse et l’étendue de ses connaissances. Leur parution fut saluée de nombreux éloges nationaux et internationaux.
Mobilisé en 1914, il demanda à partir pour le front, où il mourut le 4 octobre 1914, touché d’un éclat d’obus. Sa demeure à Roanne fut léguée à la Ville pour y installer le musée de Roanne, qui fut inauguré en 1923 et qui porte son nom.

 

Albert de Mun
(texte de Charles-Louis Foulon, docteur en études politiques et en histoire)
Lumigny (Seine-et-Marne), 28 février 1841
Bordeaux, 6 octobre 1914

Officier de carrière, Albert de Mun quitta l’Armée pour se consacrer à la politique et à l’Œuvre des cercles catholiques d’ouvriers. Député monarchiste du Morbihan de 1876 à 1878 et de 1881 à 1893, il espéra une restauration. Brillant orateur de la droite parlementaire, il fut élu à l’Académie française et publia treize volumes de discours.
Rallié à la République pour se conformer aux souhaits du pape Léon XIII, il fut député du Finistère de 1894 à sa mort et lutta notamment contre le vote de la loi de séparation des Églises et de l’État (1905). Fidèle soutien de l’Action catholique de la jeunesse française qui comptait 140 000 adhérents en 1914, ce parlementaire antilibéral et antisocialiste affirma une réelle vocation sociale. Dès 1884, il refusait que l’accroissement indéfini de la richesse soit le but suprême de l’ambition des hommes ; sa pensée a influencé le christianisme social et les mouvements démocrates-chrétiens.

 

Godefroy (dit Fred) Scamaroni
(texte de Hélène Chaubin, historienne, correspondante de l’institut de l’histoire
du temps présent)      
Ajaccio, 24 octobre 1914
Ajaccio, 20 mars 1943  

Messager de la France Libre en Corse, sa petite patrie, Fred Scamaroni y a défendu avec passion la vision gaulliste de la Résistance extérieure. Il fut l’un des premiers volontaires engagés dans les Forces Françaises Libres en juin 1940.
Ses choix prouvent la clarté et la constance de ses engagements :
• Volonté de ne pas céder à la facilité : il refuse en 1939 de demeurer à un poste civil. Il quitte la préfecture du Calvados où il débutait comme chef de cabinet. Affecté sur sa demande à la base aérienne de Tours, il est blessé le 19 mai 1940 au cours d’un vol d’observation.
• Refus de se résigner à la défaite : il réussit à s’embarquer à Saint-Jean-de-Luz avec d’autres officiers de l’armée de l’Air sur un croiseur polonais qui appareille le 21 juin pour Plymouth ; il signe le 26 juin à Londres un engagement dans les FFL.
• Fidélité au service de la France Libre : il est volontaire pour une mission à Dakar en août et septembre 1940 auprès du gouverneur général Pierre Boisson : l’échec de cette mission lui vaut un emprisonnement éprouvant à Dakar, puis à Bamako et Alger : en janvier 1941, ramené en France, il est radié du corps préfectoral et, réduit à un emploi subalterne à Vichy, il crée le réseau de renseignement militaire Copernic.
• Conviction qu’il doit agir en Corse : il lui faut persuader le général de Gaulle que la libération de l’île a un grand intérêt stratégique. Revenu à Londres en décembre 1941, formé au BCRA, il part vers la Corse occupée un an plus tard comme chef de la mission Sea Urchin. Une autre mission constituée à Alger par le général Giraud est déjà sur place.
Fred Scamaroni crée le réseau R2 Corse qui travaille pour Londres jusqu’en mars 1943. Il ne réussit pas à unifier la résistance corse sous l’autorité du général de Gaulle. Arrêté par les agents italiens du contre-espionnage, torturé, il se suicide dans sa prison de la citadelle sans avoir parlé. Il est fait Compagnon de la Libération le 11 octobre 1943.