Robert Le Lorrain

Paris, 15 novembre 1666 - Paris, 1er juin 1743

Robert Le Lorrain est issu d’une famille de magistrats champenois. À partir de 1684, il étudie la sculpture auprès de son compatriote François Girardon, qui dispose alors d’un vaste atelier au Louvre. Girardon associe cet élève prometteur et fidèle aux chantiers du tombeau de Richelieu (Paris, chapelle de la Sorbonne) et de celui de sa propre épouse (Paris, église Sainte-Marguerite).

En 1689, Le Lorrain remporte le Grand Prix de l’Académie royale de peinture et de sculpture, qui lui ouvre les portes de l’Académie de France à Rome. Il y séjourne de 1692 à 1694 et travaille à l’occasion au service du sculpteur Jean-Baptiste Théodon.

De retour à Paris, Le Lorrain est reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture : son morceau de réception, Galatée (Washington, National Gallery), est daté de 1701. Par la suite, Le Lorrain y exerce la fonction d’adjoint à pro fesseur à partir de 1710, celle de professeur à partir de 1717, avant d’en devenir recteur en 1737. Avant d’intégrer à leur tour l’Académie royale, Jean-Baptiste II Lemoyne et Jean-Baptiste Pigalle passent par l’atelier de Le Lorrain.

Fort de son appartenance à la prestigieuse institution parisienne, Le Lorrain obtient d’importantes commandes royales : sculptures de plomb pour les jardins de Trianon et de Marly à partir de 1702, statue de sainte Émilienne pour le dôme des Invalides en 1705, sculptures pour la chapelle royale de Versailles entre 1707 et 1710, statue de Bacchus pour les jardins de Versailles en 1710, statue d’Hébé pour Marly entre 1729 et 1733.

Outre son activité au service du roi, Le Lorrain reçoit d’importantes commandes de la part des Rohan. Il réalise ainsi les sculptures de la façade de l’hôtel de Soubise à partir de 1708 et celles des palais épiscopaux de Saverne, entre 1718 et 1721, et de Strasbourg, entre 1735 et 1737. Son chef-d’oeuvre est assurément le grand relief de l’hôtel de Rohan à Paris, Les Chevaux du Soleil, également exécuté entre 1735 et 1737.

Par ailleurs, Le Lorrain réalise plusieurs modèles de sculptures de petites dimensions destinées à être traduites en bronze, comme la figure d’Andromède (Paris, musée du Louvre), et à figurer au sein de cabinets de collectionneurs parisiens, comme Crozat ou Blondel de Gagny.

Par son style tout à la fois puissant et aimable, Le Lorrain représente pleinement un moment important de la sculpture française, encore dominée par l’art tout royal de Girardon, mais marquée par l’épanouissement du rocaille et, déjà, le début du retour au classicisme.

 

Alexandre Maral
conservateur en chef au château de Versailles