Inventaire d'archives : Fonds Georges Breuil (1903-1999)

Institution de conservation :

Archives départementales du Cantal

Contenu :

Présentation du contenu
Le fonds Georges Breuil se divise en deux grands ensembles complémentaires, d'une part les documents figurés et d'autre part les dossiers papier.
Les documents figurés sont pour l'essentiel des plans, plus de 6000, ainsi qu'une importante collection de photographies, près de 600. Derrière le terme générique de plan, on retrouve l'ensemble des dessins que peut avoir à exécuter un architecte : plan au sens strict du terme, élévation, vue perspective, coupe transversale, coupe longitudinale, profil. Il peut s'agir de dessins définitifs mais aussi de simples croquis, esquisses ou études. Et même s'il y a quelques reproductions sous forme papier ou de contre-calque, il s'agit dans leur grande majorité de calques originaux. Ils couvrent l'ensemble de la carrière de Georges Breuil et paraissent avoir été conservés dans leur quasi intégralité.
Les photographies, conservées sous forme de plaques de verre, négatifs et tirages papier, reflètent la grande diversité des réalisations de Georges Breuil, avec une prédominance tout de même pour l'architecture hospitalière et le logement. Il s'agit soit de reproduction de plans, soit de photographies des constructions, et ont servi pour beaucoup à illustrer les publications dont il s'est fait l'auteur. Au côté des documents utiles à son travail, on trouve aussi quelques clichés d'ordre plus personnels mais pas toujours très bien identifiés.
Enfin, parmi ces documents iconographiques sont conservés 30 clichés d'impression en zinc. Ce sont des plaques gravées, destinées à l'impression typographique, que Georges Breuil a fait fabriquer pour servir à l'illustration de ses publications.
Le fonds papier est quant à lui plus partiel. A l'exception de quelques rares pièces, les archives d'avant-guerre n'ont pas été conservées. On sait, grâce aux plans, que Georges Breuil travailla à plus d'une centaine de projets différents entre son installation à Aurillac et la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le début de sa carrière est ainsi marqué par la réorganisation de l'hôpital d'Aurillac dont il aura la charge de 1928 à 1938. Pourtant les dossiers papier relatifs à cette fonction ne représentent que trois boîtes dans lesquelles on ne trouve presqu'aucune pièce liée à son oeuvre principale qu'est la maison de l'enfance. Il en va de même pour l'ensemble des projets de cette période.
La part la plus importante de ses archives papier correspond aux dossiers produits dans le cadre de ses fonctions d'architecte en chef du "Foyer Cantalien". Ils occupent à eux seuls près de 6,5 mètres linéaires de rayonnages soit plus du tiers du volume total du fonds papier. A côté de ces dossiers, on trouve un autre ensemble d'importance, près de 3,5 mètres linéaires, qui résulte de la gestion et de l'entretien des bâtiments de la succursale aurillacoise de la Banque de France, autre fonction de Georges Breuil. Le reste du fonds se partage entre participation à des concours dans les années 1950 (hôpitaux de Vichy et de Villefranche-de-Rouergue, école normale d'Aurillac, ensemble architectural de la place de France à Casablanca), quelques commandes publiques (groupes scolaires, préfecture, foyer rural) et privées (hôtels, commerces, maisons particulières, lotissements et surtout d'importantes copropriétés dans les années 1960-1970). On trouve enfin quelques dossiers liés à divers projets urbanistiques de la ville d'Aurillac auxquels il prit part.

Identifiant de l'unité documentaire :

84 Fi art. 1-6766 ; 34 J art. 1-239

Identifiant de l'inventaire d'archives :

FRAD015_84_FI-34_J

Publication :

Archives départementales du Cantal
2002-2016
Aurillac

Informations sur le producteur :

Origine:
Breuil, Georges (1903-1999)
Biographie ou histoire
Georges Breuil est né le 28 juillet 1903 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Comme nous l'apprend son acte de naissance, son père est employé de commerce, et sa mère sans profession. En dehors de ces quelques informations, nous ne savons que très peu de choses quant à sa vie familiale et personnelle.
Il semble réussir de brillantes études. Après trois années passées à l'Ecole Professionnelle et Technique de Clermont-Ferrand, il suit l'enseignement de la prestigieuse Ecole Nationale des Beaux-arts de Paris dont il sera lauréat. Diplômé par le gouvernement le 24 février 1925, il obtient cette même année le prix du meilleur diplôme d'architecture. Récompensé par plusieurs prix et médailles, il reçoit aussi le diplôme de l'Architectural Association de Londres dont il suivra les cours.
Après quelques stages et emplois chez des confrères parisiens, en particulier à l'agence de Montarnal, il s'installe à son compte en 1927. Il arrive à Aurillac dès 1928, date à laquelle il devient architecte du département, des monuments historiques et de l'hôpital-hospice d'Aurillac.
Le début de sa carrière est marqué par la réorganisation de l'hôpital d'Aurillac dont il aura la charge de 1928 à 1938, et plus particulièrement par la construction de la maison de l'enfance.
En parallèle à ce grand projet, il mène une intense activité qui se manifeste par la construction d'immeubles de natures très diverses : hôtels, commerces, cinémas, maisons particulières, bâtiments administratifs, écoles… à Aurillac dans tout le Cantal mais également dans les départements voisins. La transformation et l'aménagement intérieur du bâti sont également sa spécialité. Il dessine des sols, des colonnes aux chapiteaux décorés, des lambris, des appliques et des suspensions, des poignées de portes mais aussi des tables et des divans. Très prolifique, il réussi à convaincre ses clients grâce à des propositions multiples, illustrées de nombreuses élévations mais également à des projections colorées. Travailleur infatigable, il se présente à de nombreux concours. Afin de présenter son travail à de futurs clients, il fait éditer à Strasbourg, des fascicules de photographies de ses réalisations, sortes de « books » avant l'heure.
Après-guerre, fort de son expérience aurillacoise, il se spécialise dans les techniques de constructions hospitalières et se porte candidat à divers projets de grand ampleur : hôpitaux civils de Vichy (Allier) et de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron). Pour diverses raisons ces projets ne sont pas menés à termes et Georges Breuil semble traverser une période difficile. Il perd tour à tour ses fonctions d'architecte du département, des monuments historiques et de l'hôpital-hospice d'Aurillac.
Il se tourne alors vers la question du logement. La France connaît une grave crise du logement et le Cantal n'y échappe pas. Il ressort en effet d'une étude statistique, menée par le Ministère de la Reconstruction et du Logement en 1953, que les besoins du département peuvent être évalués à 10 000 logements (2500 dans les villes de plus de 2000 habitants et 8400 dans les communes rurales)1. Georges Breuil travaille à la mise au point de logements économiques, dépose des brevets pour des maisons préfabriquées, conçoit des plans homologués par le Ministère de la Reconstruction. A ce titre, son œuvre la plus marquante est la réalisation de la cité du Mont-d'Or à Aurillac, lotissement de plusieurs dizaines de maisons individuelles et de huit immeubles collectifs, en collaboration avec les industriels Marcel Sauvagnat et Joachim Lafargue. Construite entre 1956 et 1964, cette cité est la première réalisation de grande ampleur à Aurillac.
Il va poursuivre cette œuvre sociale par la construction de lotissements et de grands ensembles, telle la cité du Parc à Aurillac, pour le compte de la société d'HLM « Le Foyer Cantalien », dont il sera l'architecte en chef. La société est fondée par Augustin Chauvet, maire d'Anglards-de-Salers et conseiller général du Cantal, en 1954. Les premiers chantiers sont ouverts le 1er août 1954 à Mauriac et à Saint-Flour. Ces maisons économiques et familiales, dites « pavillons Chauvet », seront construites par centaines à travers tout le département et permettront à de nombreuses familles modestes d'accéder à la propriété.
Dans les années 1960-1970, il travaille aussi à la construction d'importantes copropriétés privées comme la résidence de Berthou ou la résidence Paul Doumer, constituant plusieurs centaines de nouveaux logements pour Aurillac.
Tout au long de sa carrière et jusqu'à sa mort en 1999, il prit part à quasiment tous les projets d'architecture et d'urbanisme de la ville d'Aurillac : démolition et reconstruction d'îlots insalubres, couverture de la Jordanne avec création d'un centre commercial, parking souterrain sous le Gravier, résidence hôtelière et centre d'affaires sur l'îlot Gambetta... Ces projets souvent très (trop ?) ambitieux ne verront pas le jour. Ils manifestent toutefois un attachement à la ville, que reflètent ses archives.
Travailleur infatigable et très prolifique, passionné par son métier, Georges Breuil exercera jusqu'en 1984, date à laquelle il demande sa radiation au tableau de l'ordre des architectes et son admission à l'honorariat.
(1) Chiffre tiré de l'article « Une nouvelle Société Coopérative vient de naître : Le Foyer Cantalien », de Jean Guérin, in Coopération-Habitation, n° 3, octobre 1954, pages 6-8.

Informations sur l'acquisition :

Informations sur les modalités d'entrée
Don
Historique de conservation :
Historique de la conservation
En 1999, les filles de Georges Breuil, Mesdames Dumas et Lucadou, donnèrent aux Archives Départementales du Cantal les archives de l'architecte récemment décédé.

Description :

Mise en forme :
Mode de classement
Conformément au cadre de classement des archives départementales, les documents figurés isolés (conservés à part des dossiers papier) on été cotés en série Fi (84 Fi) et les dossiers papier en série J (34 J). En vertu du principe du respect des fonds et de l'intégrité matérielle et intellectuelle des dossiers, les documents figurés (plans et photographies) présents dans les archives papier n'ont pas été séparés de leurs dossiers d'origine.
En ce qui concerne les plans, à de très rares exceptions près, il s'agit de tirages et non de calques originaux. Ce sont en apparence des doubles des plans cotés en 84 Fi mais ils ont toutefois été conservés, car ils présentent souvent de légères variantes, ajouts, modifications ou annotations au crayon de la main de Georges Breuil.

Conditions d'accès

Modalités d'accès Statut juridique Archives privées Communicabilité
Libres, sauf pour les dossiers de procédures judiciaires et actes notariés (délai de 75 ans à compter de la date de l'acte ou de la clôture du dossier) et pour les documents qui contiennent des informations mettant en cause la vie privée des personnes (délai de 50 ans à compter de la date de l'acte ou de la clôture du dossier).

Restrictions d'utilisation :

Conditions d'utilisation
Libres

Langues:

Langue des unités documentaires: Français

Description physique :

Description physique: Document d'archives
6119 plans, 584 photographies, 30 clichés d'impression en zinc et 130 boîtes



Support
Support: Calque, papier, film, plaque de verre, zinc sur bois
Métrage linéaire
Métrage linéaire: 54,30
Nombre d'unités de niveau bas
Nombre d'unités de niveau bas: 6946

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Sources complémentaires
Sources internes
La sous-série 4 N relative aux bâtiments départementaux comporte des dossiers susceptibles de compléter ceux du fonds Breuil pour ce qui est de son activité en tant qu'architecte départemental. Notamment le dossier individuel d'architecte départemental de Georges Breuil de 1928 à 1939 se trouve sous la cote 4 N 57. Il existe un dossier de la préfecture concernant la suppression du poste d'architecte départemental (3 SC 10463). De même, une affaire de recours présenté par Breuil au début des années 1950 à propos de la construction de logements HLM se trouve aussi dans les dossiers de la préfecture (3 SC 8899).
Les arrêtés successifs de nomination de Breuil au poste d'architecte des monuments historiques se trouvent sous la cote 4 T 9.
Les dossiers de l'hôpital-hospice d'Aurillac contiennent des documents relatifs aux travaux de Breuil pour cet établissement dans les cartons cotés X 9 à X 12. Par ailleurs les plans de l'hôpital datant du XIXe siècle retrouvés dans le fonds Breuil viennent compléter le fonds des archives de l'hôpital (100 X 74 et 200 X 70 notamment).
Voir aussi l'exposition intitulée "L'architecte Georges Breuil", réalisée par les archives départementales en 2002 et cotée 1912 W 10.

Organisme responsable de l’accès intellectuel

Organisme responsable de l'accès intellectuel: Archives départementales du Cantal

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