Inventaire d'archives : Chartrier d'Anjony (Cantal)

Institution de conservation :

Archives départementales du Cantal

Contenu :

Présentation du contenu
L'ensemble homogène des papiers féodaux et de gestion domaniale n'a pas souffert, depuis huit siècles, de destruction ou de détérioration. On trouve donc là en un même lieu le chartrier correspondant à des biens situés principalement dans la vallée de la Doire (Girgols, Tournemire et Saint-Cernin), mais aussi, au gré des acquisitions et des alliances, dans les cantons de Saint-Cernin, Salers, Aurillac IV, Pleaux, Champs-sur-Tarentaine, Riom-ès-Montagnes et Jussac (biens des Anjony et des Méallet de Fargues, mais aussi d'Allanche et de Massiac (Léotoing), Pierrefort, voire, hors du département, d'Issoire (Pellissier de Féligonde, notamment le château de Villeneuve-Lembron, aujourd'hui propriété de l'État gérée par le Centre des monuments nationaux). Deux dossiers emblématiques retiendront l'attention : celui de la faïda opposant les clans Tournemire et Anjony, entre le XIVe et le XVIIe siècle ; le procès, juridiquement embrouillé, autour de la tour de Mardogne et de l'héritage (symbolique) de la famille de Foix (avec le titre de marquis afférent à cette seigneurie de Mardogne), opposant une dizaine de familles (parmi lesquelles : Anjony, La Rochefoucauld, Langeac, Apchier, Couserans-Mauléon, puis Polignac) durant les 150 dernières années de l'Ancien Régime. Dans ce dernier dossier, largement inédit quoique présenté en 2013 par Bruno Pellissier de Féligonde, l'intérêt (et la particularité, ruse de l'histoire) vient de ce que le chartrier conserve le dossier des Anjony et celui des Dufour de Villeneuve (qui sont opposés aux Anjony dans la procédure mais sont rentrés dans le fonds par alliance, bien après la fin du procès). Il s'agit dans les deux cas de véritables guerres féodales, dont la violence est parfois physique, mais toujours et surtout procédurière.
Plusieurs personnages de la famille d'Anjony sont des personnalités marquantes : Bernard, le fondateur de la dynastie ; Louis II, guerrier et bâtisseur ; Michel I, représenté dans la salle des preux avec son épouse Germaine de Foix - alliance pour la première fois extérieure aux Montagnes d'Auvergne ; Gabrielle de Pesteils qui, une fois veuve de Michel II, défendit les intérêts de la maison avec énergie ; Claude d'Anjony, vieux soldat du roi mort célibataire à 94 ans ; Catherine Méallet de Fargues qui maintint et sauvegarda la situation matérielle de la maison durant l'émigration de son mari Claude-Louis ; Carmen de Algarra, bouillante épouse d'Hippolyte (il y a de nouveau une Carmen de Léotoing, depuis 2011) ; Carlos, qui se retira humblement au monastère, renonçant à tout ; Yvonne Brosset-Heckel, l'avant-denière marquise, qui a vu, avant de mourir à l'âge de 99 ans, les prémices du classement général du chartrier. A la série de portraits peints dissméminés dans le château fait écho cette galerie de portraits de papier : hommes et femmes de caractère représentés au naturel, dans leurs affaires quotidiennes, grandes ou petites, pittoresques ou banales, mais dans lesquels toujours l'historien trouvera un aliment à ses curiosités.
Le chartrier apporte également une contribution non négligeable à l'histoire religieuse, car plusieurs Anjony sont clercs (curés, prêtres filleuls, archidiacres), religieux, religieuses ou liés à l'Ordre de Malte ; les dons aux institutions religieuses produisent actes, correspondance et procédures ; les Anjony, enfin, ont durant sept siècles des relations étroites avec la paroisse et le clergé de Tournemire.
Il faut ajouter à cet ensemble les papiers des Anjony aux armées (François, Claude, Claude-Louis, Hippolyte et Carlos ; XVIIe-XXe siècles) ; le dossier de la dévolution aux départements nouvellement formés des papiers de l'ancienne intendance de Berry (Dufour de Villeneuve) ; la correspondance et la documentation sur les guerres carlistes et l'exil des chefs carlistes à Paris au XIXe siècle (Algarra comte de Vergara) ; les alliances du XXe siècle, extérieures à l'Auvergne (Montgolfier, Brosset-Heckel et Lavergne) et les dossiers documentaires constitués par Carmen puis Henri sur la famille et les familles alliées (correspondance envoyée de la famille et récupérée chez les correspondants, articles, empreintes de cachet, documents autographes achetés ou collectés, faire-part, photographies).
L'ensemble, riche de correspondances qui donnent du corps aux papiers de gestion, forme un chartrier remarquable par sa cohérence, son intégrité et sa richesse uniques dans le département, et rayonnant bien au-delà.

Identifiant de l'unité documentaire :

ANJONY 1-187

Identifiant de l'inventaire d'archives :

FRAD015_ANJONY

Publication :

Archives départementales du Cantal
2013
Aurillac

Informations sur le producteur :

Origine:
Tournemire (famille de) ; Anjony (famille d')
Biographie ou histoire
La maison de Tournemire et les trois maisons d'Anjony
Le site de Tournemire, dominant la vallée de la Doire, est, depuis le Xe siècle, occupé par la famille de Tournemire, d'extraction chevaleresque (Rigaud est qualifié de "miles" en 1030), très présente dans les documents les plus anciens (XIIIe et XIVe siècles) du fonds ; ses différentes branches sont coseigneurs ou pariers des tours de Tournemire (comme, par exemple, aux tours de Merle, à Saint-Geniès-ô-Merle, en Corrèze). Les Anjony, famille d'origine quercynoise et bourgeoise installée à Aurillac pour l'industrie et le commerce des peaux, prennent pied progressivement dans la seigneurie à partir du XIVe siècle. Durant plusieurs siècles, le site est le théâtre d'une faïda sans merci, mais point sans répits (comme en 1590) souvent marqués par une alliance (comme en 1643), entre les deux lignages, l'ancien et le nouveau. La lutte à mort entre les deux clans a des ressorts économiques (revenus de la seigneurie), topographiques (tour sur le site) et symboliques (justice, hommage, droits honorifiques dans l'église). Enfants légitimes, bâtards, serviteurs et obligés : tous sont impliqués dans cette vendetta héréditaire qui empoisonna la vallée de la Doire aujourd'hui si tranquille.
Le château d'Anjony supplante peu à peu les autres forteresses, et la famille de Tournemire quitte les lieux. Le titre de marquis advient à Michel II en 1646. La famille de Léotoing (anciennement orthographiée "Lauthoin"), issue des confins du Cantal, du Puy-de-Dôme et de la Haute-Loire, forme la deuxième maison d'Anjony à partir de 1760 : Claude-Louis de Léotoing d'Anjony est le neveu par les femmes du dernier marquis de la première maison. Trois générations plus tard, faute d'héritier mâle, ce sont les Pellissier (ou Pélissier) de Féligonde qui, par alliance, forment la troisième et actuelle maison d'Anjony aujourd'hui représentée par Robert de Léotoing, 10e marquis d'Anjony, qui émet le vœu de voir classer comme archives historiques le chartrier constitué par ses ancêtres. Le nom de "Pellissier de Féligonde de Léotoing d'Anjony", qu'il portait à sa naissance et marquait la succession, dans la continuité du sang, des trois maisons d'Anjony, a été modifié, au troisième quart du XXe siècle, en "de Léotoing d'Anjony".
La famille, par ses alliances comme par son rôle politique, social et culturel, tient une place éminente et reconnue dans l'histoire de la Haute-Auvergne depuis sept siècles.
Le château d'Anjony
Les tours originelles de Tournemire, aujourd'hui à l'état de ruines, ont laissé la place à un donjon rectangulaire flanqué à chaque angle de quatre tours rondes construit à la fin de la guerre de Cent ans. S'y sont ajoutés, dans les années 1740, un corps de bâtiment et des dépendances plus en harmonie avec les goûts de ce temps. Le donjon, admirablement entretenu grâce à des soins prodigués génération après génération, est ouvert à la visite depuis 1935. Il accueille régulièrement des manifestations culturelles (musique, théâtre, littérature). Véritable carte postale, voire carte de visite touristique du département du Cantal, il représente à lui seul l'histoire féodale de la Haute-Auvergne ; il permet à Tournemire d'être, avec Salers, l'un de deux "plus beaux villages de France" que compte le Cantal. Chaque Cantalien s'approprie symboliquement cet édifice emblématique des montagnes d'Auvergne.
Voici par exemple le chapitre consacré par le "Guide du buveur et du touriste", écrit en 1895 par Henri Montviguié. Cet ouvrage, destiné à donner des idées d'excursions aux curistes de Vic-sur-Cère, consacre un chapitre à Anjony (ADC, A BIB 1356, p. 71) : "Au haut de la vallée de Tournemire, dans laquelle serpente la fécondante Doire, se trouve un petit village de 691 habitants. Il est dominé par l'ancien manoir féodal d'Armandy. Ce nom d'Armandy a fait place depuis bien des années à celui d'Anjony. Le corps principal du château est un parallélogramme, dont les quatre côtés sont flanqués de tours rondes très élevées. Ce vieux manoir appartient aux Léothoing. Il est luxueusement meublé et l'artiste qui le visite est frappé par les somptuosités qui s'y rencontrent à chaque pas. Outre des tapisseries de grande valeur, des meubles d'une richesse inouïe, la collection des tableaux et des portraits de famille qui existe au château d'Anjony est fort nombreuse. Cette dernière comprend, outre les portraits des familles de Léothoing d'Anjony et de Foix, les portraits de Louis XIV, de Louis XV, du Grand Dauphin, de Stanislas roi de Pologne, du maréchal de camp Ladevèze, de Bontemps valet de chambre de Louis XIV, etc., etc."
Le donjon est non seulement l'écrin d'un bel ensemble de meubles et de peintures murales (chapelle et décor des neuf preux), mais aussi de huit siècles d'archives qui sont conservées, depuis mars 2013, dans une salle aménagée ad hoc, dans l'une des tours. Un tel chartrier a tout son sens dans un tel lieu, et c'est ce qui justifie son classement comme archives historiques.
Généalogie de la maison de Tournmire et des trois maisons d'Anjony
En tête des paragraphes : chefs de famille, suivis des cadets ou des bâtards de leurs parents
Maison de Tournemire (Xe-XVIIe siècle)
Rigaud, Xe siècle
Pierre Ier de Tournemire
Pierre II, croisé en 1109
Rigaud III, meurt à la croisade
Pierre III
Guillaume I
Rigaud III, ép. Engaltie de la Peyre-en-Jordanne
Guillaume II, ép. Irlande de Brezons
Guillaume III
Bertrand I (XIVe siècle)
Jean (+ 1400)
Bertrand II (+ 1412)
Rigaud IV (1410-1481), ép. Jeanne de Dienne
Guy de Tournemire, ép. Agnès de la Roque ; veuf, il épouse en 1502 Marguerite de Gontaut-Biron (veuve de Robert de Chauveron), chef de nom mais s.p., d'où son frère :
Louis de Tournemire, seigneur de Bésaudun (1442-1520)
Guy seigneur de Bésaudun, ép. Claude du Puy de Dienne, dame de Chaveroche
Jacques, seigneur de Bésaudun, ép. en 1566 Claude de Douhet
Robert, seigneur de Bésaudun, ép. vers 1600 Claude de Pesteils
Première maison d'Anjony (XIVe-XVIIIe siècle)
Guillaume d'Anjony (meurt vers 1345), ép. Coninette de Frayssinet
Pierre d'Anjony, clerc (marié à Cécile qui aurait fondé la chapelle Saint-Fiacre à Saint-Géraud d'Aurillac, selon Guiblet), garde du sceau royal au bailliage des Montagnes d'Auvergne au moins depuis 1354, meurt vers 1375, s.p.
Bernard d'Anjony (teste en 1375, meurt avant 1386), ép. Marguerite de Tournemire, fille de Jean seigneur de Tournemire
Jean d'Anjony, garde du sceau royal au bailliage des Montagnes d'Auvergne
Philippe d'Anjony (meurt entre 1355 et 1358)
Guillaume (selon Guiblet)
Louis Ier d'Anjony (1372-) ; épouse, selon Guiblet : 1. N. de Peyronenc de Saint-Chamaran ; 2. Marguerite La Roué
Jean d'Anjony
Antoine d'Anjony (selon Guiblet)
Marguerite (selon Guiblet)
Louis II d'Anjony, construit le château d'Anjony vers 1435, viguier royal de Figeac en 1444, teste en 1468, meurt en 1470 ; épouse Catherine de Myer
Pierre d'Anjony, archidiacre d'Aurillac en 1413 ; eut de Marthe Folhose : Louis bâtard d'Anjony et Laudette, alias Irlande (mariée à Rigaud Fromental) ; eut un autre bâtard, Jean d'Anjony, archidiacre d'Aurillac (succède à son père), teste en 1463 [est-ce lui qui est pourvu de la cure de Rouffiac en 1469 ?]
Jean d'Anjony, capitaine d'hommes d'armes, meurt vers 1430, s.p.
Pierre d'Anjony, chef de nom et d'armes en 1470, ép. Blanche de Giou (fille de Pierre de Giou et de Jeanne de Gimel mariés en 1457), s.p. légitime ; vivait en 1513
Astorga d'Anjony, fille naturelle de Pierre d'Anjony (se marie en 1528)
Claude d'Anjony, curé de Marmanhac (non cité par Guiblet)
Jeanne ; Louis et Catherine : trois filles citées par Guiblet s.p. connue
Antoine d'Anjony, capitaine de compagnie, se marie dans les Ardennes
Jean le Jeune, infirmier d'Aurillac [est-ce lui qui est pourvu de la cure de Rouffiac en 1469 ?]
Pierre le Jeune, succède à son oncle Pierre comme archidiacre
Jean d'Anjony, succède à son frère Pierre le Jeune comme archidiacre, teste 1505 [est-ce lui qui est pourvu de la cure de Rouffiac en 1469 ?]
Antoine del Baille, bâtarde de Jean d'Anjony
Louis d'Anjony, aumônier du roi Louis XII : eut comme bâtards : Louis, Antoine, Antoine, Antoinette, Antoinette
Louis III d'Anjony, succède à son frère Pierre en 1526, meurt avant 1561 ; ép. 1525 Louise Hérail de Buzarenques (fille de Louis H. de B. et de Blanche de la Panouse)
Jeanne d'Anjony, veuve en 1540 de Jean de Conquant
Charles d'Anjony, curé de Marmanhac
Louise d'Anjony, religieuse à Aurillac en 1540
[Louis d'Anjony, curé de Saint-Pierre de Thoury, procuration en 1512]
Michel I d'Anjony, né vers 1528, ép. en 1557 Germaine de Foix (fille de Louis de Foix, baron de Mardogne et de Gabrielle de Dienne ; descendante d'une branche cadette des Foix, issue de Raymond-Roger, comte de Foix, mort après 1259) ; signe un accord avec les La Roque et Bésaudun en 1590 ; teste et meurt en 1601
Jean d'Anjony, bâtard de Michel ; a un fils nommé Gabriel
Catherine d'Anjony, fille en 1540
Guillaume d'Anjony, protonotaire apostolique
Jeanne d'Anjony, ép. en 1559 Jean de Toursac
Renée d'Anjony, ép. de Charles de Charbonnel
Louise d'Anjony, épouse en 1556 Pantaléon de Lignerac, seigneur du Cambon
Antoinette d'Anjony, épouse en 1551 Jean, seigneur de la Salle
Françoise d'Anjony, ép. avant 1547 Antoine Julhien seigneur de Chambeuil
Deux bâtards : Jean et Claude (qui a un fils François vivant en 1601)
Louis IV d'Anjony, né vers 1560, succède à son père en 1601 ; épouse en 1597 Philippe Robert de Lignerac (fille de Francois Robert, seigneur de Lignerac, Pleaux, Nerestan, etc. et de Françoise d'Escorailles) ; teste et meurt en 1629
Gabriel, baron de Rangouze à Girgols
Jacques, seigneur du Cambon, épouse en 1608 Claude de Tournemire (fille de Jean de Tournemire et de Germaine d'Angevin) ; a pour enfants : Claude d'Anjony (épouse Jean de la Vaissière), Jeanne (épouse N. Gazard de la Tremolliere) ; Louise et Gabrielle (mortes s.p.)
Louise d'Anjony, meurt après 1601
Gabrielle, meurt après 1601
Guillaume, meurt après 1601
Françoise, meurt après 1601
Michel II baron puis (1646) marquis d'Anjony de Foix ; né vers 1600 ; reçoit en donation en 1629 la moitié de l'héritage paternel ; marquis de Mardogne (1646, par substitution d'une tante à la mode de Bretagne, Gabrielle de Foix-Mardogne, veuve du comte d'Apchier), châtelain de Tournemire, seigneur de Falcimagne et de Chaliers ; ép. en 1643 Gabrielle de Pesteils (fille de feu Jean de Pesteils seigneur de Merle et du Rieu, et de Marguerite de la Roque) ; meurt en 1653
Guillaume d'Anjony, seigneur de Chaliers, teste en 1654
Gabrielle d'Anjony ; ép. en 1643 Claude de Pesteils (frère de Gabrielle de P.) [leur fille Marie-Françoise épouse en 1671 Jean de Caissac]
Rose, meurt après 1651
Jacques, meurt après 1653
Jacques d'Anjony, né en 1647 ; succède à son père en 1653 ; ép. en 1663 Louise de Salers (meurt en 1695 ; fille de François de Salers et de Marguerite Mossier) en 1663 ; meurt en 1717
Gabrielle d'Anjony, née vers 1647 ; ép. en 1674 Gabriel de Léotoing, seigneur de la Pironnie (alias la Pironnel) et de Charmensac (meurt le 19 avril 1734) ; dont Robert I de Léotoing (chef de la 2e maison d'Anjony), un garçon ; Marie, épouse en 1723 Claude Chalvet de Rochemonteix seigneur de Nastrac
Alexandre, dit le chevalier d'Anjony, meurt en 1723 ( ?)
Marguerite d'Anjony ; réclame à son frère aîné sa part d'héritage en 1686
Autres filles : Jeanne et Rose
Autres fils : Claude, Joseph
François d'Anjony, officier, né en 1665, chevalier de Saint-Louis 1705, meurt s.p. 1709
Claude d'Anjony, né en 1667, officier, construit nouvelle aile du château 1739, vétéran 1743, 2 projets de mariage sans suite (1756 et 1758) ; teste en 1758 ; meurt 1760
Gabrielle d'Anjony, meurt jeune
Deuxième maison d'Anjony (XVIIe-XIXe siècle)
Robert I de Léotoing (1683-1768) ; épouse en 1749 Marie-Antoinette de Caissac de Requiran (meurt 1772)
Claude-Louis de Léotoing (1750-1821) ; sous la tutelle de son oncle Jean-Raymond de Pesteils, seigneur du Monteil 1760-1775 ; ép. en 1773 Catherine Méallet de Fargues (1756-1839 ; fille de Jean-André de Fargues et de Françoise Béral de Sédaiges dite de Massebeau) ; devient majeur 1775 ; émigre 1790 ; rentre 1801 ; amnistié 1805
Jean-André de Léotoing (1775-1864) ; émigré avec son père ; directeur des haras ; maire de Tournemire ; épouse en 1804 Joséphine Béral Jugeals de Veillan (+ 1836)
Troisième maison d'Anjony (XIXe-XXIe siècle)
Iphigénie de Léotoing d'Anjony (1805-1881), ép. 1827 Paul-Ange Pellissier de Féligonde (né en 1799 de Michel Claude Pellissier de Féligonde [lui-même fils de Michel Pellissier de Féligonde et d'Élisabeth Dufour de Villeneuve] et de Perrette Forget ; 1799-1861)
Emma d'Anjony (1806-1882), ép. 1830 Jacques-Michel Villeneuve de Féligonde, dit " Villeneuve " (né en 1800 de Michel Claude Pellissier de Féligonde [lui-même fils de Michel Pellissier de Féligonde et d'Élisabeth Dufour de Villeneuve] et de Perrette Forget ; 1800-1872)
Hippolyte Pellissier de Féligonde de Léotoing d'Anjony (1829-1892), officier de cavalerie ; épouse en 1869 Carmen de Algarra (fille de Carlos de Algarra et d'Eulalie Faulque [alias Fauque] de Jonquières ; 1847-1925)
Carlos Pellissier de Féligonde de Léotoing d'Anjony (1869-1953), moine convers de l'abbaye d'En Calcat (Dourgne, Tarn), il transmet des droits à son frère puîné Robert II
Robert II Pellissier de Féligonde de Léotoing d'Anjony (1881-1934) ; ép. en 1907 Alice de Montgolfier (fille d'Henri de Montgolfier et de Joséphine Gillet ; meurt en 1932)
Henri de Léotoing (1908-2001) ; ép. 1937 à Lissieu (Rhône) Yvonne Brosset-Heckel (1905-2005, fille d'Édouard Brosset-Heckel et de Marguerite Perrin-Gillardin)
Robert III de Léotoing, 10e marquis d'Anjony, né en 1938 ; épouse en 1972 Edith Lavergne (fille du docteur Christian Lavergne et d'Huguette Duboin)
Aurore de Léotoing d'Anjony, née en 1973, épouse en 1999 Stephan Matyk (fils de Manfred Matyk d'Irène Seldmayer), d'où postérité (Marie-Sophie, Madeleine, Nikolaus et)
Clémentine de Léotoing d'Anjony, née en 1976

Description :

Mise en forme :
Mode de classement
Le classement a repris, quand c'était possible, les classements antérieurs : celui de Guiblet, le feudiste du XVIIIe siècle ; celui de Carlos de Léotoing au début du XXe siècle ; celui de Georges de Léotoing, archiviste paléographe, au milieu du XXe siècle ; celui d'Henri marquis d'Anjony, dans la seconde moitié du XXe siècle.
Après des boîtes et cartons généraux (généalogie, histoire, cachets et plans : articles 1 à 16) commence la partie du chartrier regroupant les documents dans l'ordre des générations des chefs de famille des maisons successives de Tournemire et d'Anjony : titres, procédures, correspondance, testaments, comptabilité, inventaires, succession voire photographies ou souvenirs (articles 17 à 128). Dans la seconde partie sont regroupés, dans l'ordre alphabétique des communes, les papiers concernant les domaines et/ou les seigneuries, qui avaient été mis ensemble et cotés ainsi au XVIIIe siècle : titres de propriété, procédures, égalations, lièves, reconnaissances (articles 129 à 185). Cette classification se justifie d'autant mieux que certains procès s'étendent sur plusieurs générations, que des terriers sont annotés sur plusieurs décennies, que des papiers concernent plusieurs lieux, etc. Lorsque les dossiers de biens sont cohérents et sont entrés dans la famille en même temps que le bien, ils sont classés avec le dossier du chef de famille ; c'est le cas, par exemple, des biens des Méallet de Fargues (seigneurie de Reilhac, articles 63 à 69), des Dufour de Villeneuve (articles 74 à 88) ou des Pellissier de Féligonde (articles 89 à 96).
On pourra donc retrouver des papiers concernant, par exemple, Louis IV d'Anjony à la fois dans les dossiers qui lui sont consacrés en propre et dans les papiers des domaines qu'il détenait (en prêtant attention aux dates extrêmes des dossiers). De manière symétrique, le chercheur faisant une recherche sur un lieu ne devra pas oublier de consulter aussi les papiers de gestion généraux et les procès des seigneurs successifs d'Anjony, car ils peuvent concerner le lieu dont ils souhaitent faire l'histoire.
Même en dénaturant entièrement les classements antérieurs (ce qui aurait été d'autant plus dommage que certains bénéficient non seulement de cotes mais d'inventaires), il aurait été impossible de faire un classement exclusivement thématique, ou chronologique, ou encore typologique. Un index général permet de limiter l'inconvénient produit par ce double classement, inévitable et hérité de l'histoire du fonds.
Détails sur le classement
Les archives d'Anjony, qui représentent 18 mètres linéaires, avaient été classées de manière systématique à quatre moments successifs. Au début des années 1730, le généalogiste Guiblet met de l'ordre dans les papiers, introduit un cadre de classement mixte (à la fois typologique ["transactions"], géographique [nom de seigneuries]) à l'intérieur duquel il numérote les pièces. Ces numéros sont portés à l'encre au dos des actes. Grâce à ses actes il établit une généalogie qui prend la forme d'une grande affiche armoriée (exposée dans la salle du 2e étage, dite salle d'honneur ou désormais salle des archives) mais qui est aussi déclinée en un volume. En bas à droite de l'affiche, on trouve la mention suivante : "Je soussigné, l'un des gardes de la bibliothèque du Roy, généalogiste de sa Majesté, certifie que la presente généalogie a esté par moy dressée sur les titres originaux qui m'ont esté présentez par Messire Claude d'Anjony de Foix, marquis d'Anjony, enseigne des Gardes du Corps du Roy, mestre de camp de cavalerie et chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis. En foy de quoy j'ai signé ce present certificat ce 16e de décembre de l'an 1732. [Signé] Guiblet". A la fin de la généalogie (qui monte de bas en haut sur l'affiche), on trouve les enfants de Gabrielle d'Anjony épouse de Gabriel de Léotoing ; les prénoms ne sont pas bien identifiés : Guiblet ne pouvait se douter que c'est de Gabrielle que naîtrait la seconde maison d'Anjony.
Guiblet, dans son classement, avait laissé de côté bien des pièces de gestion des domaines (comptabilité, baux) ou de correspondance, son attention se portant principalement sur les "titres" susceptibles de justifier des droits. Son optique était celle, pratique, d'un feudiste ; ces pièces bien repérées, ainsi que quelques procès, ont fourni la matière à l'ouvrage fondamental de Roger Grand, l'un de mes prédécesseurs aux Archives du Cantal, mais qui avait quitté ce poste depuis bien longtemps lorsqu'il revint dans le Cantal pour exploiter à la fois le chartrier d'Anjony et le dactylogramme de Marcellin Boudet afin d'écrire "Une race, un château. Anjony, au pays des montagnes d'Auvergne", publié à Paris chez Picard en 1951. A ces pièces laissées de côté se sont naturellement ajoutés les documents postérieurs au feudiste. Carlos avait constitué, dans la première moitié du XXe siècle, les dossiers des chefs de famille. L'ensemble a été repris, dans la seconde moitié du XXe siècle par Henri marquis d'Anjony, mort en 2001, avec l'aide de son frère Georges, archiviste paléographe dont la mort prématurée l'empêcha d'épauler durablement son frère dans la tâche. Son travail eût permis, par exemple, de préciser davantage l'analyse de documents réunis dans des dossiers portant simplement des mentions telles que "Documents difficiles à lire", ou "A classer". Les titres bien analysés par Guiblet ont été mis à cette époque dans de belles boîtes d'archives armoriées portant le nom des seigneurs successifs d'Anjony, jusqu'à Robert III, l'actuel marquis.
Ces (pré)classements, plus ou moins précis suivant les centres d'intérêt, les objectifs et les aptitudes des trois archivistes successifs, le feudiste du XVIIIe siècle, le militaire du début du XXe siècle, et le marquis, avec son frère archiviste paléographe, du XXe siècle, ont naturellement servi de fil conducteur à l'examen général et détaillé de chaque liasse, voire de chaque document. Ce travail s'est fait sur neuf années, par journées ou demi-journées. Cet état des lieux étant achevé, un plan de classement a été élaboré ; il a reçu le degré de détail nécessaire pour que chaque document recensé au préalable puisse y trouver sa place avec précision. Le reclassement a alors pu commencer, au début de l'année 2010 : pièce à pièce, lorsqu'il s'agit de "titres" ou de pièces isolées ; dossier par dossier (mais les documents étant classés à l'intérieur par ordre chronologique), lorsque des ensembles de pièces assez homogènes ont pu être isolés. Ce reclassement s'est achevé en avril 2013.
Pour les documents cotés au XVIIIe siècle s'est posée la question du reclassement : ces parchemins portant au dos le nom de leur série et un n° (par ex. "Transactions n° 8 bis") ne sont pas toujours classés dans un ordre apparaissant comme rationnel au début du XXIe siècle. Ni complètement thématique, dans un même ensemble chronologique (les pièces sont classées dans l'ordre chronologique, mais elles n'ont pas de liens entre elles, ou alors des liens très ténus), ni dans l'ordre chronologique, dans un même ensemble thématique (avec des pièces oubliées qui s'ajoutent en bis ou à la fin de la série) : le parti a été de conserver ce classement ancien, quand il semblait cohérent avec les principes actuels de l'archivistique et le parti du plan de classement, et de le démembrer lorsqu'il apparaissait très clairement que le feudiste du XVIIIe siècle avait agi soit légèrement, soit avec une logique obscure ou inutile au chercheur d'aujourd'hui. C'est le cas, par exemple, de la série "transactions", qui regroupe des transactions entre les seigneurs d'Anjony et les familles de Tournemire, de Miremont, Jonquières et de Pesteils : ces pièces ont rejoint les dossiers consacrés à chacun des chefs de la famille d'Anjony successifs, ou bien le grand dossier des procès et conflits avec les Tournemire. La série "Mariage", qui regroupe les contrats de mariage, a été démembrée pour permettre le classement de chaque contrat dans le dossier de chaque marié. C'est le cas aussi de la série "Tournemire", évidemment abondante puisque ce lieu est le centre de la seigneurie et des domaines - mais, du même coup, la série la moins significative, que le marquis, au XXe siècle, avait logiquement commencé de ventiler de manière chronologique. L'objectif du feudiste du XVIIIe siècle et celui de l'archiviste du XXIe siècle sont en effet différents : il ne s'agit plus d'asseoir des droits et de rassembler les preuves dans la perspective d'interminables procès, mais de mettre en ordre une documentation historique qui souligne les principaux faits et acquisitions de chaque génération. Dans le cas d'Anjony, en particulier, où l'histoire s'organise autour d'une "race" (au sens où l'on l'entendait lorsque l'on parlait des "races" successives, c'est-à-dire des dynasties, des rois de France) et d'un "château", la contribution de chaque génération à la constitution et à l'affermissement de la seigneurie est le fait qui mérite d'être mis en lumière. Non qu'il faille lire les efforts des Anjony du XIVe siècle dans une perspective téléologique qui en biaiserait la compréhension ; mais force est de constater que le dessein initial de l'installation à Tournemire a été suivi avec persévérance, jusqu'à l'expulsion des seigneurs concurrents. Il est aussi difficile de connaître le but ultime que poursuivait Louis II d'Anjony que de savoir si les Capétiens du XIIe siècle rêvaient de donner au royaume ses "frontières naturelles" et son "pré carré". Le mode de classement imaginé au XXe siècle, qui aboutit au début du XXIe siècle, permet en tous les cas de voir assez clairement les stratégies d'ascension sociale des seigneurs d'Anjony, les succès, les revers, et la ténacité de ce lignage auvergnat.
Pour qui veut, en revanche, mener une étude diachronique et thématique (par exemple sur les stratégies matrimoniales, sur le conflit avec les Tournemire, etc.), il conviendra de passer en revue chaque génération ; le cadre de classement choisi permettra de replacer dans leur contexte ces aspects matrimoniaux ou juridiques.
Au reste, et puisqu'il faut considérer que le travail du feudiste est un document en soi (sur l'usage attendu des archives d'une famille, sur la logique documentaire, etc.), l'ancienne cote a été reportée dans l'inventaire ; l'informatique permet ainsi de reconstituer virtuellement, par exemple, la série "Transactions" constituée par le feudiste au XVIIIe siècle. Par ailleurs, l'indexation attentive et exhaustive de chaque article permet à l'usager de retrouver un personnage, un lieu, une époque, même s'ils sont dispersés dans des articles différents, chose inévitable dans un fonds aussi riche et complexe qu'est le chartrier d'Anjony.
Certains dossiers portaient le nom du chanoine Bouyssou ; cet ecclésiastique érudit de Saint-Illide avait emprunté des documents dans plusieurs châteaux de la région. Lorsqu'il les a rendus, on ne savait toujours de quelles liasses ils provenaient : ils ont donc été systématiquement reclassés suivant le plan.
Une fois les documents et dossiers classés dans l'ordre, un répertoire numérique détaillé et une cotation en ont été faites : la numérisation ou le microfilmage du fonds (à l'exclusion des pièces les plus récentes ou des pièces diverses ayant peu ou pas de rapport avec la famille ; et en accord avec le propriétaire) pourra commencer. Elle se fera dans les locaux des Archives départementales.
Ajoutons pour finir que quelques textes tirés de ces archives, qui avaient fait l'objet d'une lecture d'archives agrémentées des chants de Gérard Delbos, artiste lyrique originaire de Tournemire, le 1er mai 2008, ont été intégrés, en note, dans le descriptif des articles qui les contiennent.

Conditions d'accès

Statut juridique Archives privées

Restrictions d'utilisation :

Conditions d'utilisation
Moins de 150 ans : réservée à la famille
Plus de 150 ans : sur autorisation du propriétaire (pour les originaux) ; libre (quand la numérisation ou le microfilmage auront été réalisés)

Langues:

Langue des unités documentaires: Français et latin

Description physique :

Description physique: Document d'archives


Nombre d'éléments
Nombre d'éléments: Articles numérotés de 1 à 187, auxquels s'ajoutent 10 n° bis, 2 n° ter, 1 n° quater et 1 n° quinquies : soit 201 articles en tout
Support
Support: papier et parchemin
Métrage linéaire
Métrage linéaire: 18,00

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Sources complémentaires
Sources internes
Archives départementales du Cantal : notamment justice seigneuriale d'Anjony (16 B 1137 ; minutiers des notaires (3 E) ; abondante iconographie (cartes postales, photographies) ; L 1747 et 1 Q 950 (biens nationaux) ; pièces diverses (1 J 622 et 1 J 661)
Sources externes
Chartrier du château de Sédaiges (Marmanhac) ; inventaire partiel de Jean-Eric Iung en 1996 : archives de la maison de Tournemire

Références bibliographiques :

Bibliographie
R. Grand, "Une race - Un château. Anjony, au pays des montagnes d'Auvergne", Paris, 1951 [archiviste du Cantal de 1898 à 1904, Roger Grand était professeur honoraire à l'École des chartes et membre de l'Institut lorsqu'il publia cet ouvrage, tiré des archives d'Anjony mais surtout du dactylogramme inédit de Marcellin Boudet, "La vendetta héréditaire en Haute-Auvergne" ; son histoire s'arrête en 1825].
Commandant de Tournemire, "Les Tournemire et les Anjony à Tournemire. Vérités et vraisemblances", Rabat, 1953 [réponse des Tournemire au livre de Roger Grand, prolongeant sur un mode érudit la faïda commencée au XIVe siècle]
B. Pellissier de Féligonde, "Chronique généalogique des Pellissier de Féligonde" (de 1550 à nos jours), Viry-Chatillon, chez l'auteur, 2010 [utile pour la généalogie de la 3e maison d'Anjony et ses ancêtres Dufour de Villeneuve].
B. Pellissier de Féligonde, "Thesaurus des seigneurs de Mardogne dans les montagnes d'Auvergne de 1066 à 1950", Viry-Chatillon, chez l'auteur, 2013 [passages intéressants sur le procès de Mardogne].

Localisation physique :

Localisation physique: Donjon du château d'Anjony (Tournemire ; canton de Saint-Cernin ; Arrondissement d'Aurillac ; Cantal)

Organisme responsable de l’accès intellectuel

Organisme responsable de l'accès intellectuel: M. Robert de Léotoing, marquis d'Anjony

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