Inventaire d'archives : Fonds Philippe lazar

Institution de conservation :

Archives nationales

Contenu :

Ce versement comprend des dossiers que conservait Philippe LAZAR à titre personnel du temps de sa carrière à l'Inserm et à l'IRD.
Ce fonds est tout d'abord susceptible d'intéresser l'histoire de la politique de la santé et de la recherche médicale. Il contient un nombre important de textes produits par Philippe LAZAR (apparitions dans la presse généraliste ou spécialisée, éditoriaux, notes politiques, livres) et des articles de presse le concernant. Ces textes témoignent des débats des années 1980 et 1990 en France sur la politique de la recherche, l'enseignement supérieur, la santé publique, le statut des chercheurs, l'éthique, et ils reflètent les engagements de Philippe LAZAR dans de nombreux domaines.
Philippe LAZAR a été le témoin de diverses polémiques. On signalera notamment les dossiers relatifs à l'affaire de la mémoire de l'eau, le procès de l'affaire du sang contaminé, la maladie de la vache folle (CREUTZFELD-JAKOB).
La correspondance, qu'elle soit personnelle, professionnelle ou conventionnelle témoigne avant tout de l'étendue des relations qu'il entretenait aussi bien avec l'agent Inserm qu'avec des personnalités politiques et scientifiques françaises et étrangères.
Enfin, ce fonds contient une partie de la production scientifique de Philippe LAZAR sur les thèmes de la prématurité et de la gémellité comprenant notes manuscrites, brouillons, correspondance, bibliographie, collections de tirés à part et articles scientifiques.

Identifiant de l'unité documentaire :

fr/FRDAFAN/20130172/1-20130172/163

Identifiant de l'inventaire d'archives :

FRAN_IR_050847

Publication :

Archives nationales
2013
Paris

Informations sur le producteur :

Philippe LAZAR
Philippe LAZAR est né le 21 avril 1936 à Paris. Il fait ses études secondaires aux lycées Jacques DECOUR et Saint Louis à Paris, puis entre à l'École Polytechnique en 1956 et complète sa formation en mathématiques en obtenant une licence de doctorat.
Dès le début de sa carrière il s'oriente vers la recherche médicale. En 1960, il entre à l'Institut national d'hygiène (qui donnera naissance à l'Inserm en 1964) comme chargé de recherches dans l'unité de recherches statistiques (unité 21) sous la direction du professeur Daniel SCHWARZ. Il se spécialise en statistique appliquée aux sciences biologiques et médicales, puis s'oriente progressivement vers l'épidémiologie.
En 1975, il devient directeur de recherches à l'Inserm, et passe un an comme professeur invité de biostatistique et d'épidémiologie à l'université de Harvard (États-Unis). Il est également professeur à l'institut de statistique des universités de Paris entre 1970 et 1982.
A partir de 1977, il dirige l'unité de recherche 170 « Recherche épidémiologique et statistique sur l'environnement et la santé ». Cette unité est spécialisée dans l'approche épidémiologique des problèmes d'environnement, notamment des effets des conditions de travail sur diverses étapes de la reproduction humaine. Philippe LAZAR travaille alors sur la prévention de la prématurité en collaboration avec le professeur Émile PAPIERNIK. Il a notamment été le responsable de la grande enquête périnatale de Haguenau (1971-1982). Il travaille également sur les « avortements spontanés » avec André et Joëlle BOUE, ce qui l'amène à s'intéresser aux jumeaux dizygotes dont la fréquence est en miroir du risque d'avortement spontané et permet ainsi de les quantifier de façon directe.
Philippe LAZAR occupe aussi diverses fonctions dans l'administration de la recherche.
Membre de la commission scientifique spécialisée de l'Inserm « Hygiène de l'environnement » entre 1964 et 1967, président de la commission scientifique spécialisée de l'Inserm de santé publique et d'épidémiologie « Santé publique, environnement, écologie, écologie parasitaire, biomathématiques, biostatistiques et épidémiologie générale, informatique » entre 1974 et 1978. Il a également été président de la commission de recherche en santé puis vice-président (1979-1981) et président du Conseil scientifique de l'Inserm (1981).
Philippe LAZAR a été l'un des principaux animateurs du Colloque national Recherche et Technologie, organisé en France à l'initiative du ministre d'État Jean-Pierre CHEVENEMENT et du Professeur François GROS, entre juillet 1981 et janvier 1982. Il y assura la vice-présidence du Comité d'organisation du Colloque et en fut le rapporteur général. Ce colloque fut à la base du nouvel élan donné à la recherche scientifique et technique en France et notamment de l'élaboration de la « loi d'orientation et de programmation pour la recherche et le développement technologique de la France » votée par le Parlement français et promulguée le 15 juillet 1982.
Début 1982, après la démission de Philippe LAUDAT, il est nommé directeur général de l'Inserm et le restera jusqu'en 1996. Au tout début de sa mission à l'Inserm, il est chargé de mettre en place, avec l'aide du professeur Jean BERNARD, le Comité consultatif d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé (CCNE), créé par décret le 23 février 1983.
A la tête de l'Inserm, il engage une série d'importantes réformes, dont les principales portent sur le renforcement interne des procédures d'évaluation des laboratoires de l'institut, sur la redéfinition périodique de ses axes d'évolution scientifique, sur l'accroissement des relations entre chercheurs et acteurs du développement économique, social et culturel. Sous son autorité, le nombre de contrats récurrents avec l'industrie passe ainsi d'une trentaine à près de 500, avec la Sécurité sociale de 20 à 200. Philippe LAZAR prend deux initiatives majeures : il facilite le regroupement des compétences universitaire, hospitalières et de recherche en créant les premiers Instituts fédératifs de recherche (IFR) dont le nombre explosera rapidement ; avec l'aide du Professeur Pierre CORVOL, futur Administrateur du Collège de France, et en liaison avec les CHU, il crée les premiers Centres d'investigation clinique (CIC), c'est-à-dire des unités hospitalières comportant quelques lits permettant de développer d'authentiques recherches « cliniques » (étymologiquement : « au lit du malade » interactives entre milieux médicaux et de recherche.
Il crée le concept « d'expertise collective », c'est-à-dire de mise à disposition de la société des compétences des chercheurs pour la veille scientifique et technique et pour l'aide à la décision. Deux services communs de l'Inserm prendront en charge cette activité majeure
En 1986, Philippe LAZAR décide d'ouvrir l'Inserm à la jeunesse en créant les Clubs Inserm Jeunesse. Ces clubs ont pour objet de permettre à des classes de travailler pendant une année scolaire avec un chercheur sur un projet et de confronter leurs expériences au cours d'une réunion annuelle s'étendant sur plusieurs jours. Le premier est installé à Lure (Haute-Saône), une centaine seront créés au total.
En 1990, Philippe LAZAR est chargé par Claude EVIN, alors ministre de la Solidarité, de la Santé et de la Protection sociale, d'une mission concernant l'évolution de la médecine libérale et publie le rapport12 thèses pour le renouveau de la médecine libéralequi recueille une adhésion massive du corps médical et de ses syndicats.
Parallèlement à la direction de l'Inserm, Philippe LAZAR exerce d'importantes fonctions européennes : Président du comité de gestion et de coordination de la recherche médicale et en santé de l'Union européenne (1987-1991), puis Président de l'European Medical Research Council - EMRC (1994-1996).
A la suite de la décision prise en Conseil des ministres du 24 juillet 1996 de nommer un nouveau directeur général, Philippe LAZAR reprend une activité de recherche au sein de l'unité de recherches de génétique épidémiologique (unité 155) dirigée par Josué FEINGOLD et travaille sur les variations spontanées de la multiparité dans l'espèce humaine. Il publie un article pour lesComptes Rendus de l'Académie des Sciences« Maturation folliculaire, conceptions gémellaires dizygotes et âge maternel ».
En 1997, Philippe LAZAR est nommé président du conseil d'administration de l'Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération, qui, précise le Journal Officiel, a conservé son ancien sigle Orstom (Office de la recherche scientifique et technique Outre-mer). Il le transforme en Institut de recherche pour le développement (IRD), et y entreprend des réformes de fonds en introduisant la création et la rotation d'unités de recherche, leur évaluation, et aussi l'expertise collective désormais intitulée « collégiale ». Il assure la présidence de l'IRD jusqu'au 21 avril 2001, date de son soixante-cinquième anniversaire. Il est alors nommé pour quatre ans Conseiller-maître en service extraordinaire à la Cour des Comptes
Autres fonctions :
1997-2003 Membre du conseil de fondation de la Fondation Louis JEANTET de médecine, Suisse.
1998-2003 Président du Conseil supérieur de sûreté et d'information nucléaire.
1998-2001 Membre du conseil d'administration de l'Agence universitaire de la francophonie.
Depuis 2007, Philippe LAZAR préside la Société des amis du Palais de la découverte et le Conseil scientifique de l'Espace des sciences de Rennes
Il est membre du comité d'honneur de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD).
Depuis 2008 il dirige une revue trimestrielle interculturelleDiasporiques/Cultures en mouvement,dont il partage la rédaction en chef avec Éric FAVEY, secrétaire général adjoint de la Ligue de l'Enseignement.
Philippe LAZAR est Chevalier des arts et des lettres, Officier de la Légion d'honneur et Commandeur dans l'Ordre national du mérite.

Informations sur l'acquisition :

Versement (année)
Historique de conservation :
Dossiers conservés par Philippe LAZAR puis confiés aux archives de l'Inserm en juillet 2012. Le fonds a été versé aux Archives nationales, sur le site de Pierrefitte-sur-Seine, en novembre 2013.

Description :

Évolutions :
Le versement présent est clos. Le fonds serait susceptible de s'accroître à l'avenir par des versements ultérieurs.
Critères de sélection :
Le versement a fait l'objet d'éliminations qui ont essentiellement portées sur les doublons et de la documentation sans intérêt pour le fonds. En tout, les tris et éliminations représentent 1,10 mètres linéaires environ.
Mise en forme :
Les dossiers de Philippe LAZAR sont classés en deux grands ensembles. Le premier regroupe les dossiers produits pendant son activité à l'Inserm et couvre la période 1979-1996. Le second regroupe les dossiers produits du temps de son mandat de président du conseil d'administration de l'Institut de recherche pour le développement entre 1997 et 2001.
Dans le premier ensemble, les dossiers ont été classés en deux sections. La première section contient les dossiers relatifs à son activité de chercheur à l'Inserm, notamment ses travaux de recherche, publications et de la documentation collectée sur les thèmes de la prématurité et de la gémellité. La seconde, qui correspond à son activité comme directeur général de l'Inserm, comporte des papiers personnels, une collection de notes produites et reçues, une collection de textes communiqués (presse, colloques, conférence, livre), de la documentation collectée sur l'actualité politique et médicale et de la correspondance.
Dans le second ensemble, les dossiers ont été classés en quatre sections. La première  rassemble des documents liés à son arrivée à l'Orstom et à la présidence du conseil d'administration. La deuxième regroupe des dossiers sur ses diverses activités annexes. La troisième contient des documents relatifs à la publication d'un ouvrage, à des projets de communication, et à des événements ponctuels. Enfin dans la quatrième a été classée la correspondance.
Les dossiers ont été traités de deux manières. Pour ceux déjà constitués par le producteur, l'analyse a été faite au dossier, pour les documents retrouvés en vrac, ils ont été rassemblés de manière thématique ou chronologique dans des dossiers dont l'analyse a été développée au sous-dossier et parfois à la pièce.

Conditions d'accès

50 ANS (ART 25-26, 52, 58-60, 63, 65, 74, 80, 84-121, 123, 125, 149-151, 153, 157-161, 163)

Restrictions d'utilisation :

Selon règlement en salle de lecture

Description physique :

Importance matérielle :
Le versement comporte 21 conteneurs d'archives de type « dimab » soit 7 m.l.

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a) Rapports d'activité des unités, conservés aux Archives de l'Inserm :
Unité 21 « Recherches statistiques » : cote 9203-42; cote 9203-43
Unité 170 « Recherche épidémiologique et statistique sur l'environnement et la santé » : cote 9203-250
Unité 155 « Unité de recherches de génétique épidémiologique » : cote 0508-33; cote 9815-07
b) Versements de l'Inserm aux Archives nationales de Fontainebleau n° 2001165 en mars 2001 et n° 20060283 en octobre 2006.
c) Philippe LAZAR a conservé des archives à son domicile. Il continue d'exercer des activités d'ordre associatif.
Conservation des originaux :
Archives nationales, site de Pierrefitte-sur-Seine.

Localisation physique :

Pierrefitte-sur-Seine

Organisme responsable de l’accès intellectuel

Archives nationales

Mises à jour :

  • Converted_apeEAD_version_2015-06-SNAPSHOT
  • Personne :