Contenu éditorial simple : Les cahiers de doléances des pays de l'Oise en 1789. Bailliage principal de Senlis et bailliages secondaires

Une publication des Archives départementales de l'Oise, 1999, 412 pages

 

Ce troisième volume des cahiers de doléances de l'Oise présente des caractéristiques différentes des précédents consacrés aux bailliages de Beauvais et de Clermont, où le tiers état députait directement et où les cahiers de paroisse avaient été presque intégralement conservés. Le bailliage de Senlis comprend, lui, à côté de son ressort direct, toute une série d'unités subordonnées, qualifiées de bailliages secondaires ou de châtellenies (Beaumont-sur-Oise, Compiègne, etc.), d'étendue très variable. Dans chacune de ces unités, le tiers se réunissait, rédigeait un cahier et élisait le quart des délégués des paroisses pour le porter à l'assemblée plénière, tenue au chef-lieu du bailliage principal. En revanche, clergé et noblesse y députaient directement.

Les cahiers de paroisse ont disparu lors de l'incendie du Palais de justice de Senlis par les Allemands en 1914. Cette perte n'est que très insuffisamment comblée par l'analyse sommaire et partielle de certains de leurs voeux dans le cahier du bailliage secondaire de Senlis et par quelques copies conservées notamment dans les archives communales. Le cahier du clergé est également perdu. En revanche, nous disposons de deux cahiers de particuliers, assez représentatifs de l'opinion de la noblesse libérale. L'un d'eux, celui de Charles Michel, marquis de Villette (1724-1793), ami de Voltaire, journaliste après 1789 et membre de la Convention, est remarquable, tant par son étendue que par son originalité.

Compiègne et Senlis étaient du nombre des villes pour lesquelles il était prévu que l'assemblée locale du tiers serait précédée de réunions de corporations permettant à chacune d'y envoyer un ou deux députés et de rédiger un cahier particulier. Leur collection nous est parvenue presque intégralement, mais on regrette l'absence d'une bonne partie des cahiers des gens de robe et, surtout, de certaines corporations proches du « quatrième ordre », pour reprendre l'expression de Dufourny de Villiers : on aurait aimé entendre, à Compiègne, les doléances des mariniers, des portiers des hôtels, des valets de pied et cochers et des poissardes.

Le bailliage comptait 172 paroisses comprises aujourd'hui dans le département de l'Oise, sur lesquelles 25 cahiers seulement nous sont parvenus.

 

Références complètes de l'ouvrage