Contenu éditorial simple : 1851. Rouge éphémère. L’insurrection bas-alpine contre le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte

Une publication des Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2002, 76 pages

 

La Révolution de 1848 se termine par la proclamation de la République et du suffrage uni­versel. Mais cette Seconde République, présidée par le Prince Louis Napoléon Bonaparte, est rapidement remise en cause et se terminera quatre années plus tard avec la proclamation du Second Empire.

Pourtant, durant cette période, les Basses-Alpes, plutôt conservatrices, s’éveillent aux idées nouvelles, républicaines, parfois même socialistes. Aux élections de 1848, Louis-Napoléon Bonaparte, élu en France avec 75% des suffrages, ne l'est dans le département qu'avec 59%. En effet, si la politique était restée jusque-là essentiellement un jeu de notables, les Du Chaffaut contre les Fortoul, des « penseurs » diffusent depuis 1848 des idées démocratiques : en particulier Louis Langomazino qui crée à Digne le journal L'indépendant.Ou encore André Ailhaud, dit Ailhaud de Volx, meneur d'homme, tribun de terrain avec une dimension d'organisateur et même, au moment des événements de décembre 1851, de chef militaire.

Ces idées nouvelles sont souvent diffusées dans le cadre des « chambrettes ». Les chambrettes, ou chambrées, ces lieux de sociabilité provençale, ces cercles d’hommes où l’on boit, on mange, on joue aux cartes mais aussi où on lit les journaux progressistes et commente les mesures nouvelles. Contrôlées de près par le pouvoir, interdites, elles deviennent des sociétés secrètes par la remise en cause des libertés publiques. Ainsi, en décembre 1851, c’est de chambrette en chambrette que les colonnes se for­ment, que les hommes se rassemblent pour une insurrection qui se termine dans la répression.

L’histoire et ses manuels scolaires ont oublié, ou presque, cet épisode de l’histoire où des hommes se soulevèrent pour défendre la République, des notables aux victimes petites selon l’expression de Victor Hugo.

 

Sur le même sujet, consultez l'ouvrage 1851. Les Basses-Alpes à l'avant-garde de la République