Archival document : Fabienne Le Houerou, directrice de recherche à l’IREMAM, raconte l’influence de ses voyages et du cinéma dans sa carrière

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Fabienne Le Houerou, directrice de recherche à l’IREMAM, raconte l’influence de ses voyages et du cinéma dans sa carrière d’historienne

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Pour expliquer son parcours d’historienne, Fabienne Le Houerou se dit marquée par ses voyages à l’étranger : après une enfance à Rome, elle est scolarisée au Lycée français à Addis-Abeba en Ethiopie. Son père est chercheur au CNRS puis aux Nations Unies, et dans le cadre de ses recherches il reçoit le prix de Nobel collectif de Climate Change. Par-dessus tout c’est la misère qui la marque, ainsi que la révolution éthiopienne qui commence en 1974. Marquée par les nombreuses lectures dans son adolescence (Nietzsche, Kant), elle hésite beaucoup entre la philosophie et l’histoire pour ses études supérieures. Attirée par les questions fondamentales, elle opte pour l’histoire, qu’elle conçoit comme des forces qui s’affrontent. Elle découvre la France pour la première fois à 18 ans et rentre à la faculté d’histoire de Montpellier, où elle ressent un certain décalage. Elle consacre son mémoire de maîtrise à l’Ethiopie, en analysant l’influence culturelle de la France dans les années 30 avant l’arrivée du fascisme, sous la tutelle de Jean-Baptiste Duroselle. La recherche lui plaît, c’est pourquoi elle décide de continuer en thèse en analysant cette fois-ci le fascisme italien, grâce à des enseignants comme Pierre Milza. Elle retourne à Addis-Abeba en 1988 pour son enquête de terrain, et soutient sa thèse en 1989. A l’issue de sa thèse, elle s’engage dans l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), à la commission de recours pour les réfugiés politiques. En parallèle elle écrit le scénario d’un film à partir du témoignage d’italiens envoyés en Ethiopie par Mussolini : “Hôtel Abyssinie”, qui sort en 1994, produit par Arte et CNRS image. Ce film est l’occasion d’explorer un nouveau mode de pensée par l’image. En mai 1996, elle obtient un poste à l’IREMAM, où elle est responsable du pôle thématique : “Anthropologie, Histoire et Images” de 2012 à 2016. Le mémoire de synthèse des activités de recherche s’avère constructif pour elle, car suite à un accident, elle tente de retrouver la mémoire. Il lui permet également de trouver le fil conducteur dans sa recherche. En effet, elle éprouve des difficultés à coller aux étiquettes et se retrouve davantage dans le système anglo-saxon, après avoir enseigné durant 4 ans à l’Université Américaine du Caire où elle travaille avec des réalisateurs égyptiens. Au bout du compte, elle se considère autant historienne que cinéaste et qualifie son champ d’étude d'anthropologie visuelle.

Reference

MMSH-PH-5202

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Durée : 1 h 47 min

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Maison méditerranéenne des sciences de l'homme (MMSH) - Secteur Archives de la recherche

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