Document d'archives : Dossier constitué et envoyé à l'Assemblée nationale par le procureur de la commune de Château-Thierry dénonçant les principes...

Institution de conservation :

Archives nationales

Title:

Dossier constitué et envoyé à l'Assemblée nationale par le procureur de la commune de Château-Thierry dénonçant les principes inconstitutionnels, propres à exciter le peuple à la révolte, de l'abbé Thirial, curé de Saint-Crépin, député du clergé du bailliage, qui conteste la valeur du serment prêté par lui, approuve ses vicaires dans leur refus et s'oppose à l'évêque du département de l'Aisne, Marolle (1), lequel a retiré leurs pouvoirs à ces vicaires, déjà destitués par le directoire du disctrict et provisoirement remplacés, la répression s'étendant au chanoine Fourneaux, prieur curé réfractaire de Saint-Martin, et aux religieuses de l'hôtel-Dieu qui avaient ouvert leur chapelle aux anciens vicaires de Saint-Crépin.

Contenu :

1. Marolle (Claude-Eustache-François), 1753-1794, prêtre de moeurs pures et ambitieux, curé de Saint-Jean-Baptiste à Saint-Quentin. Député du clergé du bailliage, il joua un rôle important dans la réunion des trois ordres, prêta serment le 27 décembre 1790, fut secrétaire de l'Assemblée le 31 janvier 1791. Bien vu des sociétés populaires, il devait être élu évêque du département de l'Aisne le 4 février. L'institution canonique lui fut donnée, ainsi qu'à Expilly, par l'évêque d'Autun, Talleyrand, et tous deux se rendirent, pour la prestation du serment de fidélité, chez le roi qui leur fit un accueil glacial. Marolle entra à Saint-Quentin le 5 mars et prit possession de son évêché le 6. Son autorité fut rapidement battue en brèche par ses vicaires épiscopaux. Il applaudit au renversement du trône le 10 Août et publia son dernier mandement de carême le 22 janvier 1793, juste après l'exécution de Louis XVI, alors que la municipalité venait de lui retirer son fauteuil, sa mitre, sa crosse et ses glands, emblèmes de la féodalité. En février, la patrie ayant été déclarée en danger, les hommes de moins de 40 ans devaient être envoyés aux frontières. Marolle, qui n'avait que 39 ans, dut présider aux enrôlements et accepter le grade de capitaine dans la garde nationale. Il dut, en outre, assister au mariage de plusieurs de ses prêtres. En novembre, ayant reçu sommation de remettre ses lettres de prêtrise, il le fit comme les autres. Il dut, pour vivre, accepter un emploi infime à l'hôpital militaire, établi dans les bâtiments du grand séminaire. Il y succomba, victime d'une maladie contagieuse.

Identifiant de l'unité documentaire :

Pièces n°8 à 14