Document d'archives : Longue lettre non signée, écrite "aux environs des départements de la Lozère, l'Aveiron, le Gard et Haute-Loire" par un prêtre...

Institution de conservation :

Archives nationales

Title:

Longue lettre non signée, écrite "aux environs des départements de la Lozère, l'Aveiron, le Gard et Haute-Loire" par un prêtre assermenté, critiquant la politique religieuse de l'Assemblée nationale qui, pour lutter contre l'hostilité du clergé poussé par les nobles, a ébranlé elle-même la Constitution par son décret impolitique sur le serment des prêtres, d'où la désaffection de la majorité des Français, préconisant, pour y remédier, d'une part la suppression, sans indemnité, de toutes les censives et de toutes les redevances seigneuriales, et, d'autre part, le renforcement de l'armée pour en imposer au dedans et au dehors et prendre, en vue de les exiler dans les îles, les prêtres réfractaires qui prêchent l'insurrection et la guerre civile ouvertement, et recommandant, enfin, de ne pas se séparer de Rome, compte tenu de l'attachement des trois quarts et demi des catholiques français à leur religion, mais, au contraire, de gagner le pape en lui envoyant une députation bien composée. Un P.S. d'une autre main, signale que "Charrier, député (1), ennemi de la Constitution, abhorré dans son pais, vient d'y faire passer plusieurs exemplaires de la prétendue bule du pape".

Contenu :

1. Charrier (Marc-Antoine), né en 1755, notaire. Député des communes de la sénéchaussée de Mende, il se rangea parmi les défenseurs de l'ancien régime. Son mandat terminé, il revint dans la Lozère et se mit à la tête des royalistes soulevés. Décrété d'accusation, le 12 avril 1792, il s'empara de Marvejols et menaça Mende. Cerné par les troupes républicaines, il fut arrêté le 31 mai, traduit devant le tribunal criminel de l'Aveyron, condamné à mort et exécuté à Rodez le 16 juillet 1793.

Identifiant de l'unité documentaire :

Pièce n°17