Inventaire d'archives : Archives de la maison de France (Branche Orléans). AP/300(III)/1-AP/300(III)/1052.

Institution de conservation :

Archives nationales

Contenu :

Les papiers de Louis-Philippe, comte de Paris (1838-1894)sont ceux qui paraissent présenter le plus grand intérêt historique.
Le fils aîné de Ferdinand-Philippe, duc d'Orléans, et d'Hélène de Mecklembourg-Schwerin, naquit le 24 août 1838 au palais des Tuileries et cent un coups de canon annoncèrent aux Parisiens la naissance du jeune prince qui venait renforcer la dynastie de Juillet et, suivant l'expression de Thiers, "doubler la cuirasse contre les assassins" qui attentèrent si souvent à la vie du roi et de la famille royale.
Après une première enfance heureuse, pendant laquelle il bénéficia d'une éducation attentive et d'une instruction poussée qui le préparèrent à son rôle futur, la Révolution de 1848 l'obligea à quitter sa patrie, à l'âge de dix ans, avec sa mère et son jeune frère, le duc de Chartres. A l'exil en Angleterre la duchesse d'Orléans préféra une installation en Allemagne et s'établit avec ses fils au château d'Eisenach que mit à sa disposition son grand-oncle, le duc de Saxe-Weimar. Très ambitieuse, elle ne put jamais se consoler de ne pas être devenue régente de France et de n'avoir pas réussi à imposer ses désirs à la Chambre des Députés l'après-midi du 24 février-1848.
Le comte de Paris fit des études sérieuses qu'il compléta par des voyages en Europe, en Orient et aux États-Unis, où lui et son frère participèrent à la guerre civile américaine, comme aides de camp du général Mac Clellan. Après son mariage, le 30 mai 1864, avec sa cousine germaine Isabelle,-fille du duc de Montpensier, il se fixa en Angleterre à York House.
L'abrogation des lois d'exil en juin 1871 allait lui permettre de rentrer en France, où il vécut à Paris et au château d'Eu, et d'y récupérer une partie de sa fortune. Le plus grand moment de sa vie politique fut l'entrevue de Frohsdorf, le 5 août 1873, où fut réalisée la fusion entre les deux branches de la Maison de Bourbon, et en 1883, à la mort du comte de Chambord, le comte de Paris devint prétendant au trône de France. Mais les fêtes quasi royales qui célébrèrent en 1886 le mariage de sa fille aînée Amélie avec le prince de Bragance précipitèrent le vote des nouvelles lois d'exil qui vinrent frapper les princes. Une nouvelle fois le comte de Paris reprit le chemin de l'Angleterre où il mourut en 1894.
A travers les papiers qui subsistent peut se retracer sa vie, dans tous ses aspects, événements familiaux, éducation, instruction, voyages, services militaires, action politique, administration de ses biens.
Une très importante correspondance y est conservée de ce prince, formé dès son plus jeune âge à l'art d'écrire par son grand-père, le roi Louis-Philippe, et qui depuis toujours échangea des lettres avec sa famille, son entourage, ses amis, ses conseillers politiques et ses nombreux fidèles et répondit avec la plus grande affabilité à tous ceux qui, connus ou non de lui, lui écrivaient régulièrement ou pour la première fois.
L'ensemble de ces lettres présente un intérêt certain, par l'apport qu'il constitue pour l'histoire du monarchisme engagé, surtout après les lois d'exil, et il s'en détache des dossiers qui n'ont d'ores et déjà pas échappé à la curiosité des historiens : comités royalistes, nationaux et départementaux, affaire Boulanger, correspondance avec le baron Tristan Lambert, le comte d'Haussonville et Dufeuille, et aussi lettres de l'architecte Viollet-le-Duc, chargé par le comte de Paris de grands travaux et aménagements au château d'Eu.
Les papiers de sa fille aînée, la reine Amélie de Portugal (1865-1952), auraient un intérêt essentiellement privé si les archives de cette souveraine ne faisaient pas partie, comme il se doit, de l'histoire de ses deux patries, la France et le Portugal. Elles furent remises à la Société civile de Dreux après la mort de la reine Amélie, qui termina son existence au Chesnay, près de Versailles.
De cette suite de dossiers, se dégage le destin cruel de cette princesse d'Orléans, au beau visage régulier et à la carrure imposante, qui, après une union brillante avec le prince de Bragance, héritier du trône de Portugal, eut la douleur de voir assassiner devant elle à Lisbonne son mari, le roi Carlos, et son fils aîné, Louis-Philippe, avant d'assister peu après à l'abdication de son fils cadet, le roi Manuel.
Amélie de Portugal combla alors sa solitude en se réfugiant dans des amitiés nombreuses en France et au Portugal, dans l'aide apportée à sa patrie d'origine pendant la guerre de 1914-1918 et aussi dans la pratique de l'art du dessin.
D'autres documents sont conservés dans les Archives d'État du Portugal, que ceux-ci viennent compléter, reflet des époques où la reine mena une longue existence de souveraine régnante, puis exilée, par chance pour elle, dans le pays où elle avait passé une partie de sa jeunesse et auquel elle était restée profondément attachée.
Avec les papiers de son frère, Philippe, duc d'Orléans (1869-1926),qui succéda à son père, le comte de Paris, comme prétendant au trône de France, nous retrouvons la même juxtaposition de papiers privés et politiques qui s'entremêlent, puisque chaque acte de ce prince trouvait un écho dans l'opinion et la presse du temps
Ses chasses lointaines, ses voyages y étaient relatés complaisamment, mais ce qui défraya abondamment la chronique, ce fut l'affaire de celui que l'on appela "le prince Gamelle". Dans un coup d'audace, dû à sa propre inspiration ou conseillé par de fidèles tenants de son parti, Philippe d'Orléans entra en France, en dépit des lois d'exil, le 7 février 1890, et se présenta au bureau de recrutement du ministère de la Guerre. Son arrestation, qui embarrassa beaucoup le gouvernement de la République, et sa détention à la Conciergerie et à Clairvaux, firent la fortune des gazettes, si l'on en juge par la masse des coupures de presse qui furent alors rassemblées par son secrétariat.
Son mariage avec Marie-Dorothée de Habsbourg, très signalé au moment même par les journaux, fut ensuite tenu à peu près sous silence, par respect pour la situation difficile qui s'installa bientôt entre les deux époux.
Mais la presse relata les voyages, croisières et faits et gestes de ce prince, qui prenait très au sérieux son rôle de prétendant et continuait à suivre l'activité des comités royalistes, et la répercussion des événements politiques sur la marche de ses idées et l'évolution de son programme.
Comme ses devanciers, il administra ses biens et installa dans ses domaines d'Angleterre et de Belgique les collections d'histoire naturelle rapportées de ses expéditions et les tableaux et objets d'art hérités de ses ancêtres.
Les papiers du duc d'Orléans permettent de suivre sa vie et ses activités pendant toute son existence, qui fut à cheval sur deux siècles.
C'est à peu près cette période, ainsi que quinze années plus proches de nous, qu'évoquent aussi les papiers de son neveu et successeur, le duc de Guise, qui dut son titre et ses droits de prétendant à deux circonstances : le fait que le duc d'Orléans n'ait pas eu d'enfant, et la mort prématurée de son frère, le prince Henri d'Orléans, fils aîné du duc et de la duchesse de Chartres.
Moins préparé, peut-être, à ce rôle qu'il n'avait pas pensé devoir assumer, le duc de Guise mena une vie plus effacée, autant en raison de son caractère renfermé que des transformations profondes de la société survenues avant et après la Grande guerre. Mais ses papiers n'en constituent pas moins un apport historique de valeur. Aurait-on pu s'attendre à découvrir dans ces archives princières les papiers d'un participant obscur à la Guerre de 1914-1918, pendant laquelle le descendant du roi des Français ne fut que Monsieur Jean d'Orléans, convoyeur de la Société des blessés militaires dans les cantines de gare de Folligny et de Maintenon et contrôleur de la buanderie militaire de Wargemoulin ?
Si certains documents ont une résonance nationale et même internationale, puisque sont conservés le récit rédigé par le duc de Guise de son entretien, le 14 août 1914, avec le président de la République Poincaré qui déclina ses offres d'un service actif, ainsi que des télégrammes de refus des rois George IV d'Angleterre et Albert Ier de Belgique, auxquels il avait demandé vainement son incorporation dans les troupes alliées, les autres sont des témoignages de la vie quotidienne des combattants qu'il s'efforça d'aider et de secourir.
Dans ces fonctions qui lui furent confiées et dont il s'acquitta avec zèle et avec la plus grande minutie, comme en témoignent les lettres, rapports et carnets rédigés de sa haute et lisible écriture, le duc de Guise renforça encore son goût inné de l'ordre et de la méthode, qui nous valut de trouver ses papiers admirablement rangés et souvent même analysés avec précision.
États de meubles et d'objets d'art, partages successoraux, listes de tableaux et souvenirs historiques prêtés à des expositions sont établis avec soin et clarté et l'inventaire que le prince avait rédigé des archives familiales conservées à la banque Coutts à Londres, dont il avait été faire lui-même l'examen, se présente sous la forme d'un excellent bordereau, qui fut d'une grande utilité lors de la reconnaissance de ce fonds. Le duc de Guise avait non seulement répertorié l'ensemble des documents, mais il avait noté ceux qui, comme lesMémoireset leJournal... d'Amériquede Louis-Philippe, lui paraissaient dignes d'une publication ultérieure.
Nous avons eu l'heureuse surprise également de retrouver, parmi ces dossiers des listes de miniatures conservées au château de Saint-Firmin par la duchesse de Chartres, d'albums de dessins dus au talent des princes d'Orléans et surtout l'état complet des célèbres aquarelles du prince de Joinville, vainement recherché jusqu'ici.
A ces liasses de papiers personnels, militaires et d'affaires, s'ajoute une nombreuse correspondance, reçue par le duc et la duchesse de Guise, qui vécurent longtemps au Maroc dans ce domaine de Larache auxquels ils furent très attachés.
Nous mentionnons pour mémoire les trois cartons provenant de leur fils, le comte de Paris, que viendra un jour compléter le contenu des quelque cinquante caisses de ses papiers privés, politiques et de gestion actuellement conservés au domaine de Dreux (Cf. p. 7, note 1) et dont l'examen, pratiqué le 8 mai 1979, a confirmé l'intérêt pour l'histoire contemporaine. Ils ont servi au Comte de Paris pour la rédaction de sesMémoires d'exil et de combatsparus en avril 1979. Un inventaire pourra en être établi dans l'avenir, qui sera facilité par l'état matériel et le soin apporté au pré-archivage des dossiers de la Société civile de Dreux et de la Fondation Saint-Louis.
A côté des inventaires existant à ce jour et qui forment un tout, grâce à l'impression qui en a été décidée en trois tomes successifs, par les directeurs généraux des Archives de France, MM. André Chamson, de l'Académie française, Guy Duboscq et Jean Favier, il convient de rappeler aux utilisateurs éventuels l'existence du fichier établi d'après les manuscrits dactylographiés et qui a servi de base aux index qui terminent chaque volume.
Ce fichier, rédigé par noms de personnes, de lieux et de matières, en trois couleurs, qui maintiennent ces distinctions, a été incorporé dans le fichier général des Archives privées et pourra, plus tard, être intégré dans les données informatiques. Ce fichier général a déjà rendu de nombreux services aux chercheurs qui connaissent le chemin de la salle des inventaires et fichiers, aménagée récemment dans les nouveaux locaux des Archives privées, et il en rendra encore. S' il est normal de penser que le célèbre sculpteur Maxime Réal del Sarte, monarchiste s'il en fut, et le maréchal Lyautey, résident général de la République française au Maroc, aient correspondu avec la reine Amélie et avec le duc de Guise, il faut déjà un peu plus d'imagination pour découvrir au milieu de leurs papiers respectifs des lettres de Sarah Bernhardt ou de Sacha Guitry. Seul un fichier systématique permet de rendre opérationnelle toute recherche.
Les Archives de la Maison de France constituent maintenant une source importante pour les historiens, et il est permis de penser que les nombreux dossiers de valeur et pièces inédites qu'elles renferment seront connus et exploités dans les années à venir, comme elles le sont déjà aujourd'hui.
Les doubles des formules signées par Monseigneur le Comte de Paris qui sont adressées régulièrement par la Fondation Saint-Louis au Service des Archives privées permettent de constater que de nombreuses autorisations ont déjà été délivrées, pour un ou une série d'articles, utiles à des recherches. Trois de ces autorisations portent sur l'ensemble du fonds, qui comporte, comme nous l'avons dit, 4869 articles d'un intérêt historique indéniable. Ces heureux bénéficiaires sont M. Leroy-Ladurie, M. Roland Mousnier et son équipe, Mlle Régine Pernoud.
AP/300(III)/1-AP/300(III)/197. Papiers du roi Louis-Philippe, de la reine Marie-Amélie et des princes et princesses d'Orléans. 1721-1911.
AP/300(III)/1-AP/300(III)/7. Maison de Bourbon, à Madame Adélaïde. 1721-1844.
AP/300(III)/1. Maison de Bourbon.1721-1815.
AP/300(III)/2. Louis-Philippe, duc d'Orléans et Louis-Philippe-Joseph, duc d'Orléans, dit Philippe-Égalité.1754-1792.
AP/300(III)/3-AP/300(III)/3/bis. Duchesse d'Orléans, née Penthièvre. 1782-1820.
AP/300(III)/4-AP/300(III)/5. Duc de Montpensier et comte de Beaujolais. 1804-1844.
AP/300(III)/6-AP/300(III)/7. Madame Adélaïde. 1789-1844.
AP/300(III)/8-AP/300(III)/73. Louis-Philippe. 1791-1860.
AP/300(III)/8-AP/300(III)/14. Mémoires, journaux de voyage et manuscrits.1791-1816.
AP/300(III)/15-AP/300(III)/16. Époque révolutionnaire, Consulat et premier Empire.1793-1820.
AP/300(III)/17-AP/300(III)/18. Espagne. 1802-1813.
AP/300(III)/19. Affaires de Sicile.1808-1813.
AP/300(III)/20. Année 1815.
AP/300(III)/21-AP/300(III)/24. Restauration.1814-1848.
AP/300(III)/25-AP/300(III)/28. Mémoires historiques et copies de pièces. XVIIIe siècle-1840.
AP/300(III)/29-AP/300(III)/31. Familiers : général Dumouriez, Mme de Genlis, Camille de Sainte-Aldegonde. 1791-1865.
AP/300(III)/32-AP/300(III)/33. Monarchie de juillet. Politique intérieure.1830-1848.
AP/300(III)/34-AP/300(III)/44. Correspondance avec ses ministres.1830-1848.
AP/300(III)/45-AP/300(III)/46. Correspondance diverse. 1830-1848.
AP/300(III)/47. Attentats et grâces. 1830-1848.
AP/300(III)/48. Marine, colonies et Algérie. Politique extérieure. Correspondance avec les souverains.1848-1850.
AP/300(III)/51. Éducation de ses enfants et correspondance familiale.1824-1850.
AP/300(III)/52-AP/300(III)/53. Mariage du duc d'Orléans et des princes et princesses.1809-1846.
AP/300(III)/54-AP/300(III)/55. Biens et affaires privées. 1826-1848.
AP/300(III)/56-AP/300(III)/58. Abdication et exil.1848-1850.
AP/300(III)/59-AP/300(III)/63. Défense des intérêts de la famille royale.1817-1850.
AP/300(III)/64-AP/300(III)/72. Mort et succession.1838-1860.
AP/300(III)/73. Familiers : Atthalin, Dupin, Aloys Ney d'Elchingen, général Heymès, Raoul de Montmorency, Vatout. 1815-1853.
AP/300(III)/74-AP/300(III)/97. Marie-Amélie. 1809-1866.
AP/300(III)/74-AP/300(III)/75. Papiers personnels.1809-1866.
AP/300(III)/76-AP/300(III)/96. Correspondance. 1807-1866.
AP/300(III)/97. Documents divers et collection d'autographes. 1734-1831.
AP/300(III)/74-AP/300(III)/197. Princes et princesses d'Orléans. 1809-1866.
AP/300(III)/98-AP/300(III)/100. Louise, reine des Belges.1822-1850.
AP/300(III)/101. Marie d'Orléans, princesse de Wurtemberg.1822-1865.
AP/300(III)/102-AP/300(III)/103. Duc et duchesse de Nemours. 1780-1896.
AP/300(III)/104. Clémentine d'Orléans, princesse de Saxe-Cobourg. 1825-1881.
AP/300(III)/105-AP/300(III)/117. François d'Orléans, prince de Joinville.1824-1900.
AP/300(III)/118. Princesse de Joinville et Charles, duc de Penthièvre.1828-1894.
AP/300(III)/120-AP/300(III)/130. Henri d'Orléans, duc d'Aumale.1790-1911.
AP/300(III)/131-AP/300(III)/163. Antoine d'Orléans, duc de Montpensier.1831-1872.
AP/300(III)/164. Louise-Ferdinande, duchesse de Montpensier.1866-1871.
AP/300(III)/165-AP/300(III)/179. Ferdinand, duc d'Orléans.1810-1846.
AP/300(III)/180-AP/300(III)/196. Hélène de Mecklembourg, duchesse d'Orléans. 1837-1858.
AP/300(III)/197.Gravures, lettres, passeports et autres documents.1625-1890
AP/300(III)/198-AP/300(III)/350. Papiers de Robert d'Orléans, duc de Chartres (1840-1910), de Française d'Orléans, duchesse de Chartres (1844-1925) et du prince Henri d'Orléans (1867-1901). 1840-1910.
AP/300(III)/198-AP/300(III)/213. Duc de Chartres. 1840-1902.
AP/300(III)/198-AP/300(III)/203. Papiers personnels et militaires, manuscrits.1840-1902.
AP/300(III)/204-AP/300(III)/211. Correspondance.1845-1899.
AP/300(III)/212. Presse. 1884-1888.
AP/300(III)/213. Mort. 1910, sans date.
AP/300(III)/213/bis. Catalogue de la bibliothèque. 1875.
AP/300(III)/214-AP/300(III)/227. Duchesse de Chartres. 1844-1925.
AP/300(III)/214-AP/300(III)/215. Papiers personnels et d'affaires.1844-1923.
AP/300(III)/216-AP/300(III)/227. Correspondance. 1863-1925.
AP/300(III)/228-AP/300(III)/350. Prince Henri d'Orléans. 1879-1902.
AP/300(III)/228-AP/300(III)/245. Correspondance.1875-1901
AP/300(III)/246-AP/300(III)/257. Journaux de voyages et notes d'exploration.1887-1888.
AP/300(III)/258-AP/300(III)/313. Albums de photographies (avec détails).1887-1900.
AP/300(III)/314-AP/300(III)/349. Presse. 1889-1899.
AP/300(III)/350. Cartes et plans (Avec détails). 1866-1901.
AP/300(III)/351-AP/300(III)/712. Louis-Philippe, comte de Paris. 1838-1921.
AP/300(III)/351-AP/300(III)/383. Papiers personnels, correspondance familiale et diverse. 1838-1951.
AP/300(III)/384-AP/300(III)/389. Guerre civile américaine.1856-1877.
AP/300(III)/390-AP/300(III)/425. Correspondance diverse (1861-1872). 1861-1894.
AP/300(III)/426. Papiers militaires.1871-1879.
AP/300(III)/427-AP/300(III)/470. Comptes et affaires.1859-1894.
AP/300(III)/471-AP/300(III)/484. Publication de l'Histoire de la Guerre civile d'Amérique. 1864-1881.
AP/300(III)/485-AP/300(III)/565. Correspondance diverse (1873-1882). 1873-1883.
AP/300(III)/566-AP/300(III)/587. Comités royalistes.1882-1892.
AP/300(III)/588-AP/300(III)/633. Correspondance et papiers politiques (1883-1888).
AP/300(III)/634. Affaire Boulanger. 1888-1889.
AP/300(III)/635-AP/300(III)/702. Correspondance et papiers politiques (1889-1894).1889-1895..
AP/300(III)/703-AP/300(III)/707. Divers : livres de visiteurs, presse, faire-part, imprimés.1839-1894.
AP/300(III)/708. Mort et succession.1861-1895.
AP/300(III)/709-AP/300(III)/712. Isabelle, comtesse de Paris : livres de visiteurs, lettres reçues, succession.1872-1921.
AP/300(III)/713-AP/300(III)/749. Amélie d'Orléans, reine de Portugal. 1865-1943.
AP/300(III)/713-AP/300(III)/736. Papiers personnels et Journal. Guerre de 1914-1918. Correspondance reçue.1865-1943.
AP/300(III)/737-AP/300(III)/741. Comptabilité : papiers d'affaires et bancaires.1910-1950.
AP/300(III)/742-AP/300(III)/749. Presse, photographies et imprimés. 1901-1935.
AP/300(III)/750-AP/300(III)/924. Philippe, duc d'Orléans. 1876-1933.
AP/300(III)/750. Papiers personnels. 1876-1892.
AP/300(III)/751-AP/300(III)/755. Arrestation et détention à Clairvaux.1890.
AP/300(III)/756-AP/300(III)/763. Mariage. Lettres de la duchesse d'Orléans. Chasse. 1896-1910.
AP/300(III)/764-AP/300(III)/791. Expéditions et voyages.1876-1900.
AP/300(III)/792-AP/300(III)/794. Événements familiaux. 1907-1920.
AP/300(III)/795-AP/300(III)/802. Comités royalistes.1891-1911.
AP/300(III)/803-AP/300(III)/810. Correspondance et papiers politiques. 1893-1928.
AP/300(III)/811. Guerre de 1914-1918.1914-1919.
AP/300(III)/812-AP/300(III)/813. Correspondance familiale. 1890-1910.
AP/300(III)/814-AP/300(III)/816. Correspondance avec les cours étrangères.1898-1911.
AP/300(III)/817-AP/300(III)/841. Correspondance diverse (par ordre alphabétique des correspondants). 1896-1911.
AP/300(III)/842-AP/300(III)/880. Correspondance diverse (1886-1922).1886-1922.
AP/300(III)/881-AP/300(III)/893. Pensions et secours.1890-1928.
AP/300(III)/894-AP/300(III)/897. Administration et comptes.1889-1926.
AP/300(III)/898-AP/300(III)/902. Automobiles et chasse. Collections.Express du Midi. Yachts. 1896-1933.
AP/300(III)/903-AP/300(III)/916. Biens d'Angleterre et de Belgique (York House, Woodnorton et Manoir d'Anjou).1897-1923.
AP/300(III)/917-AP/300(III)/920. Livres de visiteurs. Presse et divers. 1902-1908.
AP/300(III)/921-AP/300(III)/922. Mort et succession.1920-1926.
AP/300(III)/923-AP/300(III)/924. Marie-Dorothée de Habsbourg, duchesse d'Orléans. 1895-1899.
AP/300(III)/925-AP/300(III)/957. Jean d'Orléans, duc de Guise. 1839-1970.
AP/300(III)/925-AP/300(III)/926. Papiers personnels et politiques. Guerre de 1914-1918.
Événements familiaux. Correspondance familiale et diverse. Secours. Livres d'adresses et de visiteurs.1886-1945
AP/300(III)/943-AP/300(III)/949. Administration des collections. Société civile de Dreux et comptes. 1926-1970.
AP/300(III)/950-AP/300(III)/952. Biens de France et de l'étranger.1899-1939.
AP/300(III)/953-AP/300(III)/957. Isabelle, duchesse de Guise : papiers personnels et correspondance. 1878-1953.
AP/300(III)/958-AP/300(III)/960. Comte de Paris.1672-1937.
AP/300(III)/958. Papiers personnels et d'état civil.1931-1937.
AP/300(III)/959-AP/300(III)/960. Autographes acquis par le Comte et la Comtesse de Paris.1672-1882.
AP/300(III)/961. Maison d'Orléans.Objets historiques.1793-1931.

Identifiant de l'unité documentaire :

AP/300(III)/1-AP/300(III)/350/B, CP/AP/300(III)/350/3-CP/AP/300(III)/350/3/BIS, AP/300(III)/351-AP/300(III)/386, CP/AP/300(III)/387/1-CP/AP/300(III)/387/36, AP/300(III)/388-AP/300(III)/596,AP/300(III)/598-AP/300(III)/1052

Identifiant de l'inventaire d'archives :

FRAN_IR_050167

Publication :

Archives nationales
1979-2013
Paris

Informations sur le producteur :

Bourbon, Louis Jean-Marie de, duc de Penthièvre (1725-1793)
Bourbon, Louis-Alexandre de, comte de Toulouse (1678-1737)
Bourbon, Marie-Amélie de (1782-1866)
Orléans (d'), Adélaïde, dite Madame Adélaïde, sœur de Louis-Philippe (1777- 1847)
Orléans (d'), Antoine (d'), duc de Montpensier (1824-1890)
Orléans (d'), Charles (d'), duc de Penthièvre (1820 - 1828)
Orléans (d'), Clémentine (d'), fille du roi Louis-Philippe (1817-1907)
Orléans (d'), Ferdinand, duc de Montpensier (1884-1924)
Orléans (d'), Ferdinand-Philippe (d'), duc de Chartres (1810 - 1842)
Orléans (d'), François (d'), prince de Joinville (1818-1900)
Orléans (d'), Henri (d'), duc d'Aumale (1822-1897)
Orléans (d'), Jean (d'), duc de Guise (1874-1940)
Orléans (d'), Louis-Antoine (d'), duc de Montpensier (1775-1807)
Orléans (d'), Louis-Charles (d'), comte de Beaujolais (1779-1808)
Louis-Philippe 1er, roi des Français (1773-1850)
Orléans (d'), Louis-Philippe-Joseph (d'), dit Philippe égalité (1747-1793)
Orléans (d'), Louis-Philippe Albert (d'), comte de Paris (1838-1894)
Orléans (d'), Louis (d'), duc de Nemours, roi des Belges (1814 - 1896)
Orléans (d'), Louise (d'), épouse le roi Léopold Ier de Belgique (1812 - 1850)
Orléans (d'), Marie (d'), épouse du duc de Wurtemberg (1813-1839)
Orléans (d'), Philippe (d'), frère de Louis XIV (1640-1701)
Orléans (d'), Philippe II (d'), Régent (1674-1723)
Orléans, famille (d')
Orléans (famille d')
AP/300(III)/1-AP/300(III)/197
C'était à Londres qu'était conservé, avant leur transfert en France et leur dépôt aux Archives nationales en 1970, l'essentiel des papiers politiques et privés du roi des Français, Louis-Philippe, de la reine Marie-Amélie et de leurs descendants.
Ces archives étaient dans un ordre matériel assez satisfaisant. L'administration de la Maison d'Orléans avait toujours vu la nécessité de les conserver et de les classer, en vue de la conduite des affaires, des procès éventuels et des successions. Louis-Philippe, particulièrement méticuleux, attacha un grand prix à leur tenue en bon ordre. A ses annotations sur les enveloppes et les chemises qui contiennent les documents, on voit que dans son esprit s'élabora la conception qui perçait chez ses contemporains. A la valeur purement pratique des archives se substitua, peu à peu, la notion de valeur historique. Conscient plus que tout autre de l'importance des événements dont il fut le témoin ou l'acteur, il assura la sauvegarde de ses papiers, les garda soigneusement, les fit relier et copier. La reine Marie-Amélie lui assura une aide précieuse. L'éducation des princesses de son temps, qui donnait une large part au genre épistolaire, leur apprenait aussi à mettre en ordre papiers personnels et correspondance. C'est ce qu'elle fit dès son plus jeune âge. Toute sa vie elle se souvint des enseignements reçus, conserva, copia et annota lettres et documents divers. A la mort de Louis-Philippe la reine rassembla les documents qui lui semblèrent les plus significatifs dans des chemises portant le titre "Historique du Roi", dans le but d'élever un monument à sa mémoire par des publications ou des écrits.
Les aides de camp du roi à Claremont, collaborèrent aussi à la bonne tenue des archives qui, déposées à la banque Coutts & Cie à Londres après la mort de la reine Marie-Amélie, s'accrurent ensuite de versements postérieurs provenant des princes d'Orléans.
Divers examens furent faits de ces papiers. Après la mort du roi, d'abord, car il s'agissait de disposer des dossiers en ordre pour le règlement de la succession et la conduite des affaires. En 1896 Gustave Macon inventoria la caisse 119 des papiers de Louis-Philippe. A cette même date 7 caisses furent envoyées en communication au duc d'Aumale qui, l'année suivante, les fit replacer chez Coutts. En 1905, les caisses 1, 2 et 6 furent livrées, sur l'ordre du duc d'Orléans, à Gaston Doyen, administrateur de la Société civile de Dreux, à l'intention du duc d'Alençon qui voulait écrire une vie du duc de Nemours. Lorsqu'elles furent rendues en 1929, le duc de Guise alla lui-même chez Coutts se rendre compte de l'état du fonds. Il estima qu'il y avait là matière à des publications et articles intéressants pour l'histoire, mais il avait trouvé les archives très mal rangées. C'est pour y remédier que son fils, Monseigneur le Comte de Paris, après en avoir fait une reconnaissance à Londres en 1946, fit extraire de la banque Coutts et transférer au château de Windsor les papiers et correspondances les plus récents. Miss Mackenzie, "registrar of the Queen's archives" en opéra, à partir de 1949, le classement. Suivant les procédés en usage aux Archives royales de Grande-Bretagne les pièces furent collées sur du papier fort et conservées dans des classeurs de carton noir. Aucun inventaire n'a été retrouvé de ce travail qui fut interrompu par la mort de Miss Mackenzie en septembre 1953.
Mr. E. Day, relieur à la Royal Archives Library, continua jusqu'en 1966 le montage des pièces qu'il venait chercher à la banque Coutts et qu'il y rapportait au fur et à mesure. Ces précisions nous ont été fournies par Mme Sheila de Bellaigue, attachée aux Archives de S. M. la Reine d'Angleterre, par une lettre du 23 juin 1972.
Le fonds regagna les coffres de la banque Coutts. Lorsqu'il arriva de Londres en novembre 1970, le versement se composait de 165 malles, caisses, paquets et cantines remplis de registres, cahiers, agendas, carnets, documents en liasses. Le tri en fut relativement aisé et les documents se présentaient dans un excellent état de conservation, en raison des conditions climatiques dont ils avaient bénéficié dans les sous-sols de la banque.
Le présent inventaire porte sur la première partie de ce fonds, 197 articles (cartons et registres) constitués principalement par les papiers politiques et privés de Louis-Philippe, de la reine Marie-Amélie et de leurs enfants, pour lesquels ont été respectés, autant qu'il a été possible de le faire, les classements anciens.
Quelques papiers proviennent de la Maison de Bourbon et des princes légitimés, dont les alliances furent bénéfiques pour la Maison d'Orléans, lui apportant propriétés et biens immenses. Il importe d'y signaler deux liasses de correspondances inédites : 13 lettres autographes de Louis XV au comte de Toulouse, datant du début du règne et presque entièrement consacrées à la chasse et une liasse de lettres adressées à la comtesse de Toulouse par Elisabeth de France, duchesse de Parme, la seule fille de Louis XV qui se maria et joua un rôle politique et diplomatique.
Aucun document ne subsiste, dans cette partie du fonds, de Gaston d'Orléans, ni du Régent. De Louis-Philippe d'Orléans seulement quelques papiers d'affaires. Il était permis d'espérer la découverte, dans ces archives conservées à Londres, de documents pouvant éclairer d'un jour nouveau la personnalité
de Philippe-Égalité. Il n'a pu être réuni que quelques épaves qui consistent en des papiers d'affaires auxquels a été joint un registre factice de lettres de Mme de Genlis, acheté postérieurement par le duc de Montpensier à un libraire, Il est à peu près certain que les papiers de Philippe-Égalité ont été détruits délibérément à une époque qu'il est impossible de préciser. Cette volonté de faire s'est perpétuée puisque, du registre de lettres de Mme de Genlis, ont été retirés, et sans doute supprimés, 7 documents.
Par contre, de la duchesse douairière d'Orléans, née Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre, sont conservés beaucoup plus de documents, notamment des correspondances avec ses enfants dont elle fut longuement séparée sous la Révolution et l'Empire et divers papiers personnels. La liasse épaisse de ses lettres à ses fils Montpensier et Beaujolais, pendant leur détention à Marseille, n'a vraisemblablement jamais été utilisée et pourrait servir à une réédition desMémoiresou journal de captivité du duc de Montpensier, qui fut publié en 1824 par les soins du bibliothécaire Vatout, malgré des réticences très vives de Mme Adélaïde, encore inconsolable des peines souffertes par ses deux frères, emprisonnés à Marseille aux âges respectifs de 18 et 14 ans. Quelques documents concernent aussi le départ des deux princes et de leur aîné Louis-Philippe pour l'Amérique, solution qui fut obtenue du Directoire par Rouzet, et assura peut-être leur salut et celui de leur mère.
Pendant ce temps leur soeur, Madame Adélaïde, mena une triste vie d'exilée. Des carnets et lettres subsistent de l'éducation reçue de Mme de Genlis et des tribulations auxquelles fut soumise la jeune princesse. En revanche il n'a été retrouvé que peu de documents de sa vie sous la Restauration et la Monarchie de juillet. Peut-être en existe-t-il d'autres chez des descendants des fils ou filles de Louis-Philippe qui furent ses héritiers.
Très importante est, en revanche, la masse des papiers de Louis-Philippe, duc de Chartres et d'Orléans, et roi des Français, dont une partie spécialement importante pour l'histoire est constituée par ses Mémoires, journaux de voyage, récits d'événements et textes divers. Dans ces écrits figurent des manuscrits autographes, des copies avec corrections de sa main et des copies au net établies par ses familiers. L'écrit le plus ancien est le journal de voyage à Spa et Sillery en 1787 (l'élève de Mme de Genlis avait alors 15 ans) tandis que certaines corrections aux Mémoires datent des derniers jours de la vie du roi en août 1850. Les Mémoires proprement dits relatent son existence depuis sa naissance en 1773 jusqu'en 1795. Les occupations de son règne empêchèrent le roi d'en poursuivre la rédaction mais les Mémoires sont complétés par des journaux de ses voyages de jeunesse, dont
le Journal d'Amérique en 2 carnets et par les récits des événements de 1815 et de 1848. Ces manuscrits avaient fait l'objet d'instructions précises de Marie-Amélie : "Je recommande particulièrement à mes enfants les Mémoires et autres écrits de leur vénéré père, qui sont dans la caisse n°1 de mes papiers, de les garder précieusement, de ne pas les confier légèrement et de bien juger ensemble s'il convient de les faire publier pour l'honneur de la mémoire du roi leur père et le moment où il sera opportun de le faire".
Mais la vie, si riche en événements, de Louis-Philippe, peut se retracer par des témoignages encore plus directs. Papiers personnels et politiques et, surtout, une correspondance très fournie sont gardés des différentes périodes de son existence. Les archives du Roi ne sont pas complètes : en dehors de destructions délibérées, il convient de rappeler les pertes importantes, dues à la Révolution de février 1848. Lorsque les appartements royaux des Tuileries furent envahis, liasses, registres et dossiers furent incendiés et jetés par les fenêtres. Certains furent récupérés par des passants et donnés ou vendus par la suite aux princes d'Orléans.
Parmi les documents de l'époque révolutionnaire, l'itinéraire d'un voyage par le duc de Chartres fait dans le Nord de la France du 10 juin 1792 au 28 février 1793 est particulièrement représentatif de l'évolution de son écriture, à laquelle, souvenir de l'éducation de Mme de Genlis, il accorda l'application qu'il mit en toutes choses. Les premières pages sont d'une graphie plutôt petite et légèrement anguleuse, tandis que dans les dernières l'écriture prend sa forme définitive : lettres plus grandes et arrondies. C'est déjà la remarquable calligraphie qui rend les manuscrits et missives du roi lisibles pour quiconque.
Un certain nombre de lettres adressées au duc d'Orléans pendant sa vie mouvementée sous la Révolution, ont été conservées dans le fonds. Il y eût, évidemment, pour les documents de cette époque de nombreuses pertes et aussi des destructions volontaires. Au moment de son arrestation à Nice le duc de Montpensier brûla 2 lettres de Louis-Philippe qui lui exprimait "l'horrible dégoût" que lui inspirait la cause dans laquelle il avait été entraîné. Il en est de même pour la période impériale. Le duc d'Orléans fut longtemps séparé des siens et entretint une correspondance avec sa famille proche, avec les Maisons royales et princières et avec tous ceux qui pouvaient lui être utiles dans le grand rêve qui ne cessa de l'habiter : conquérir un trône que lui aurait mérité, sinon sa qualité de Bourbon, du moins sa valeur personnelle et sa conduite militaire. C'est dans ce but que, revêtu de l'uniforme de capitaine général espagnol il quitta l'Angleterre en mai 1808 et arriva par Malte et Cadix à Palerme. Groupées sous les titres : "Affaires d'Espagne" et "Affaires de Sicile", plusieurs liasses, revues et annotées postérieurement par Louis-Philippe et Marie-Amélie, contiennent des récits, papiers diplomatiques et lettres qui mériteraient une étude approfondie. Cette période de négociations, qui ne procura pas de trône au duc, pas plus dans la péninsule Ibérique qu'en Amérique espagnole, fut à l'origine de son bonheur personnel, puisqu'il obtint la main de la princesse Amélie des Deux-Siciles. Il avait bénéficié du soutien de la reine Marie-Caroline qui ayant déjà recherché et obtenu pour ses autres enfants des alliances brillantes, avait su discerner chez ce Bourbon en exil une valeur humaine et une ambition qui pouvaient lui faire espérer pour sa fille un avenir meilleur. La cour de Naples, réfugiée à Palerme, vivait dans l'attente de la chute de "Buonaparte" événement qui changerait à coup sûr la destinée du duc d'Orléans qui avait déjà su s'assurer l'appui de l'Angleterre. De fait, les affaires prirent assez rapidement un autre tour. Le 1er mai 1814 le duc put repartir pour la France et revenir le 14 juillet suivant rechercher sa famille. Il était, cette fois, revêtu de l'uniforme de lieutenant général français et le bateau arborait la cocarde blanche.
Une autre liasse réunit les papiers et surtout la correspondance de Louis-Philippe, duc d'Orléans, en 1815, année importante pour lui puisqu'après un nouvel exil il vit enfin le terme à son existence de proscrit.
Il put en 1817 revenir en France d'une manière définitive, retrouver ses prérogatives de prince du sang et reconstituer sa fortune. Sous la Restauration il ne participa pas directement à la vie politique du royaume, mais en fut l'observateur très attentif. De cette époque ont été conservées une grande quantité de lettres de lui : lettres originales ou bien rendues ensuite comme ce fut souvent l'usage au XIXe siècle par ses correspondants ou leurs héritiers, ou bien achetées par ses fils, et aussi minutes et copies. Les lettres au chevalier de Broval, son secrétaire des commandements, sont particulièrement intéressantes par les anecdotes et les détails qu'elles renferment. Le duc adoptait un ton très libre avec ce confident de sa jeunesse, compagnon des jours difficiles. Dans son souci permanent de mémorialiste il rédigea aussi des notes abondantes, notamment sur des conversations avec Charles X, le 9 avril 1828 et le 14 juin 1830. Avec les princes français et étrangers les rapports, qui reprirent d'une manière normale, engendrèrent aussi une nombreuse correspondance qui s'accompagna aussi d'une certaine activité diplomatique.
Le duc d'Orléans s'occupa attentivement de ses affaires privées et financières. Il s'agissait d'assurer un train de vie digne de leur naissance aux siens et de prévoir l'avenir. Papiers et lettres complètent les longues suites de registres et dossiers, conservés dans le fonds de Dreux.
Ont été rassemblés ensuite quelques fonds complémentaires concernant les diverses périodes de la vie de Louis-Philippe, d'abord des mémoires qui lui furent adressés sur les problèmes et les événements de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècles et des papiers de trois des familiers du début de son existence, le général Dumouriez, Mme de Genlis et Camille de Sainte-Aldegonde.
Pour les documents datant de son règne, qui constituent un ensemble de 20 cartons, l'ordre existant a été aussi respecté. Quelques dossiers concernent la Révolution de Juillet et la politique intérieure du royaume de 1830 à 1842,
l'affaire de la duchesse de Berry, les insurrections et crises ministérielles, mais la partie la plus cohérente est constituée par la correspondance du Roi avec le comte Molé, qui fut longtemps président du Conseil et avec les autres ministres qui firent partie des combinaisons successives du règne. Dans ces onze classeurs ont été dénombrées 1.049 lettres du Roi, dont 959 à Molé : lettres autographes, avec ou sans paraphe, minutes de sa main et quelques copies ou extraits. Le fonds contient environ 2.000 lettres de Louis-Philippe, duc d'Orléans et roi des Français, sans compter ses Mémoires, rapports, notes, projets de discours, journaux et autres écrits. Les mentions (La., l. a. s., autogr., etc.) ont été généralement réservées aux lettres des ducs d'Orléans et du roi Louis-Philippe. Il est à noter que la majorité des lettres des souverains et des princes étrangers sont autographes, quand ils s'adressent à Louis-Philippe et à Marie-Amélie. Cette remarque vaut également pour les lettres des princes et princesses d'Orléans à leurs parents et aux membres de leur famille. Pour le même jour il existe parfois plusieurs lettres ou billets, qui permettent de suivre le cheminement de la pensée du Roi, les considérations qui traversèrent son esprit jusqu'à la décision finale qui ressortait de son pouvoir souverain. L'édition de cet ensemble serait une source capitale pour l'histoire de la Monarchie de juillet. Lettres reçues et requêtes complètent cette correspondance ministérielle. D'un intérêt très grand également est le dossier : "Condamnés à mort et attentats", avec les nombreuses annotations du roi sur les affaires soumises à son droit de grâce.
La politique extérieure est aussi représentée par des dossiers concernant la Marine, les Colonies et l'Algérie et par des lettres, dépêches et notes, qui sont complétés par une correspondance avec les autres souverains et les princes avec qui la famille royale était apparentée et qui prirent part aux événements du règne, aux deuils et joies familiales, et tout particulièrement aux attentats qui, si souvent, menacèrent la vie du roi.
D'une composition assez hétéroclite comme les précédents sont les dossiers concernant l'éducation des enfants et la correspondance familiale, qui reflètent l'atmosphère aimable et patriarcale de la cour des Tuileries. Parmi les mariages des princes et princesses d'Orléans, celui de l'héritier du trône fut le plus délicat à organiser. Un épais dossier prouve que Bresson, l'ambassadeur de France auprès du roi de Prusse, ne ménagea ni sa plume ni ses efforts pour mener à bien cette entreprise. Les mariages de ses frères et soeurs furent aussi matière à tractations et correspondance, mais la documentation qui subsiste est beaucoup moins fournie.
Quelques dossiers concernent les affaires privées, mais c'est dans le fonds de Dreux qu'il faut rechercher l'essentiel de l'administration de la Liste civile, des biens de la Couronne et des comptes de la famille royale et, surtout, les registres et dossiers de gestion du Domaine privé.
En revanche, c'était à Londres qu'étaient conservés les papiers des événements de 1848 et de l'exil : récits des journées révolutionnaires, voyage du roi, correspondance reçue par lui et ses aides de camp. Souverains et princes, personnalités françaises et britanniques, familiers et partisans obscurs, tiennent à assurer Louis-Philippe de leur amitié, fidélité ou dévouement et certains
donnent des détails sur les événements récents et présents, formulant aussi des pronostics. Mais, surtout, il fallait assurer l'existence de la famille royale qui se trouva, au début, sans ressources réelles, et tolérée plutôt qu'acceptée par la reine Victoria et ses ministres. La défense des intérêts du roi et des siens fut assumée par Dupin, Fain, Montalivet et le général Dumas qui, en Angleterre comme en France, s'employèrent à corriger les effets désastreux de la loi du séquestre, en suivant les instructions de Louis-Philippe. Le nombre des lettres et notes de sa main montre l'acharnement qu'il mit au règlement de ses affaires car, à la tristesse incommensurable que furent pour lui son abdication et son exil s'ajouta l'angoisse. Il avait connu dans sa jeunesse les difficultés et la pénurie d'argent et voulait absolument qu'un tel sort fût épargné aux siens.
Le chagrin et les soucis hâtèrent la mort du roi, qui s'éteignit le 30 août 1850 à Claremont. Sur ce décès quelques documents, dont un récit de ses derniers moments et de nombreuses lettres de condoléances. Sa succession, à laquelle il avait pensé de longue date, occupe une suite de cartons. Une fois de plus, la part autographe des testaments et codicilles montre son souci de régler ses affaires privées. La succession ne fut pas facile et les décrets du 22 janvier 1852, imposant la vente, dans un délai d'un an, de tous les biens de la Maison d'Orléans en France, la compliqua encore. Le dévouement des hommes d'affaires ne se relâcha pas et l'existence de chaque prince et princesse put être assurée.
Complétant les papiers du roi, quelques documents, provenant des familiers de son règne, s'y trouvaient mêlés. Il convient de signaler les récits des journées de 1848 par les généraux Aloys Ney d'Elchingen et Atthalin, ses aides de camp et surtout les Mémoires de son bibliothécaire Vatout, dont la première partie contient les détails très précieux sur la vie du duc d'Orléans sous la Restauration et quelques échos des événements de la Monarchie de Juillet. La seconde partie est un témoignage inédit et de grande valeur sur l'exil du roi et de la famille royale, de février à août 1848, date du décès de Vatout. Ces "dictées de Claremont", pour reprendre l'expression du prince de Joinville, mériteraient une publicationin-extenso.Ce confident de Louis-Philippe relate la vie à Claremont, transcrivant même de nombreuses paroles du roi sur les faits passés et présents.
Les archives provenant de Marie-Amélie sont, en raison de la longue vie et de la personnalité de la Reine, d'un intérêt certain. Lettres de sa main et surtout correspondance reçue. Aimée et vénérée de tous, sa famille proche. La reine eut, successivement, plusieurs signatures : Amélie, dans ses lettres de jeunesse, Marie-Amélie comme duchesse d'Orléans et reine. Les papiers de la reine furent mieux préservés, en février 1848, que ceux du roi. Ils étaient à l'abri dans un placard de son cabinet et échappèrent aux émeutiers.
et éloignée, les souverains, princes et princesses, avec qui elle était le plus souvent apparentée, les ministres, les personnalités les plus diverses, les membres de sa Maison lui écrivirent souvent. Ces lettres et documents nous sont parvenus soit reliés, soit classés par dossiers avec, fréquemment, des mentions ou notes explicatives de la reine elle-même.
Citons, parmi beaucoup d'autres missives, la correspondance qu'elle échangea avec son frère le prince Léopold des Deux-Siciles, des lettres de l'impératrice Marie-Louise, sa nièce, et celles où le roi la tenait au courant de ses voyages en France, surtout pendant les deux premières années de son règne où il se rendit dans diverses villes de son royaume pour éprouver et renforcer sa popularité. Marie-Amélie qui, dès son mariage, avait apporté son soutien au duc d'Orléans dans ses ambitions politiques, continua, tout en restant avec prudence et discrétion dans l'ombre, à l'aider de ses avis. Il semble même que, contrairement à l'opinion répandue, la reine ait eu plus d'influence que Madame Adélaïde dans la conduite des affaires. Comme princesse des Deux-Siciles, elle avait reçu une éducation politique, aux côtés de sa mère, la reine Marie-Caroline, qui à Naples et à Palerme tenait les rênes du gouvernement. A peine mariée, elle fut engagée dans l'action menée par le duc d'Orléans en Espagne et en Sicile, avec l'appui de l'Angleterre et de ses représentants dans l'île, lord Amherst et William Bentick. Pendant toute leur vie commune elle suivit de très près ses ambitions, ses réussites et ses déceptions et lui apporta un appui déterminant dans ses entreprises.
Les papiers des princes et princesses d'Orléans sont de volume et intérêt inégaux. Les ouvrages et écrits publiés sur eux, le plus souvent apologétiques, ne font qu'effleurer leur personnalité. C'est grâce à leur correspondance familiale et intime qu'il sera possible de mieux les connaître.
Un certain nombre de pièces sont gardées dans ce fonds de la reine Louise des Belges, dont deux épaisses liasses de lettres de sa belle-sœur, la duchesse Hélène, de 1837 à 1847. Au contraire, il n'existe que quelques épaves des papiers de Marie, princesse de Wurtemberg, du duc de Nemours et de Clémentine, princesse de Saxe-Cobourg-Gotha. Les papiers du duc de Nemours sont conservés sous la cote 300 AP IV. Les compléments existent sûrement chez leurs héritiers et c'est là qu'il conviendrait de les rechercher.
Les papiers personnels, militaires et d'affaires et la correspondance du prince de Joinville, qui fit une carrière célèbre dans la marine, sont nombreux. Signalons, entre autres, les cahiers où son précepteur donnait ses appréciations sur sa conduite et son travail, et sur lesquels son père le duc d'Orléans porta, presqu'à chaque page, des commentaires circonstanciés, et aussi les manuscrits et journaux autographes du prince relatant ses voyages, des lettres de marins et d'hommes politiques, d'écrivains et artistes et, naturellement, de sa famille.
Un peu moins volumineux, puisque le fonds principal est au château de Chantilly, sont les papiers du duc d'Aumale, qui contiennent entre autres un dossier Feuchères provenant de la succession du prince de Condé et une collection d'autographes.
Le dernier fils de Louis-Philippe fut le duc de Montpensier qui épousa, en dépit de l'opposition de l'Angleterre, l'infante Louise-Ferdinande, sœur de la reine Isabelle II. Ses papiers, reclassés sans doute lors de sa succession, ont dû être à ce moment-là mis dans les paquets cachetés qui nous sont parvenus tels quels. Il avait dû être jugé nécessaire à la mort du duc en 1890 de garder ces documents secrets. L'essentiel est en effet constitué par les dossiers concernant la candidature du prince au trône d'Espagne, après l'abdication d'Isabelle II. Les soutiens ne lui manquèrent pas, tant du côté français (les Decazes, notamment) que de la part de ses partisans espagnols. Il trouva aussi un appui de la part du ministre des États-Unis à Lisbonne. Mais d'autres candidatures se firent jour : le prince de Hohenzollern, le duc d'Aoste et, surtout, Henri de Bourbon, duc de Séville, cousin d'Isabelle et frère de son époux François d'Assise. Le duc de Montpensier, provoqué par lui dans un article de journal, le tua en duel en 1870 et sa candidature fut définitivement écartée. Il se présenta aux Cortès, mais ne fut pas élu. Une étude de ces 33 cartons provenant du duc de Montpensier, par un spécialiste de cette période de l'histoire d'Espagne, ne manquerait pas d'apporter bien des précisions sur cette tentative, les soutiens dont elle bénéficia et les écueils auxquels elle se heurta.
La brièveté de l'existence du prince royal Ferdinand-Philippe, duc d'Orléans, explique le volume assez réduit de ses papiers personnels et militaires. Une correspondance familiale s'y ajoute parmi laquelle il faut signaler une liasse de lettres du roi, mettant son fils aîné au courant de questions politiques, militaires et personnelles. Quelques liasses et registres concernent la mort et la mémoire de ce prince brillant et très populaire, victime d'un tragique accident à Neuilly, en 1842.
Son épouse, Hélène de Mecklembourg-Schwerin, qui lui survécut jusqu'en 1858, était lettrée et artiste. Comme la reine Marie-Amélie, elle aimait écrire, recevoir des lettres, noircir des carnets et des agendas de ses pensées, souvenirs et extraits de lectures. Après février 1848, elle préféra retourner dans son pays d'origine à Eisenach, en allant seulement faire des séjours à Claremont. Dans sa correspondance avec le Roi, la Reine et les Princes, et aussi avec les anciens ministres et les fidèles, les problèmes politiques, l'épineuse question de la fusion notamment, sont débattus et la mère du jeune prétendant au trône demande et reçoit nouvelles et avis.
Ce fonds constitue une documentation riche et à peu près inédite. Des publications de textes seraient très souhaitables. Les papiers du roi et ceux des princes et princesses de sa Maison peuvent servir de support à diverses études historiques sur ces périodes, complétant utilement les diverses sources des archives publiques et privées.
Duc et duchesse de Chartres ( AP/300(III)/198-AP/300(III)/350)
Robert-Philippe-Louis-Eugène-Ferdinand d'Orléans, duc de Chartres, né aux Tuileries le 9 novembre 1840, est un des nombreux petits-fils de Louis-Philippe et le fils du duc d'Orléans et d'Hélène de Mecklembourg-Schwerin. Son père devait trouver la mort deux ans plus tard à Neuilly. Au moment de la révolution de février 1848 qui contraignit la famille royale à s'exiler en Angleterre, il accompagna sa mère dans la vaine démarche qu'elle tenta devant la Chambre des députés et, par suite de la cohue qui s'ensuivit, en fut même séparé durant deux journées. L'enfance du duc de Chartres se poursuivit à Eisenach où résidait sa mère. Son éducation ainsi que celle de son frère aîné, le comte de Paris, fut confiée à Adolphe Régnier ; un jeune professeur du collège Stanislas, E. Allaire avait pour mission de l'assister et était plus spécialement chargé de veiller sur le duc de Chartres qui semble avoir été un élève d'une vivacité et d'une spontanéité remarquables (Nous possédons les lettres qu'ils adressèrent à leur élève : AP/300(III)/210. Allaire a publié ses souvenirs sous le titreSouvenirs d'un vieux précepteur,Paris, 1895). En 1853, Adolphe Régnier céda la place au général Trézel, un vétéran des guerres du premier Empire. Sous son influence allait se développer une vocation militaire qui ne devait jamais se démentir.
En 1858, à la mort de la duchesse d'Orléans, se pose pour le duc de Chartres la question du choix d'une carrière. Nulle hésitation, il sera soldat. Son oncle, le duc d'Aumale, obtient du roi Victor-Emmanuel l'autorisation pour son neveu d'entrer à l'Académie militaire de Turin.
La guerre qui éclate en avril 1859 entre le Piémont et l'Autriche lui pose un grave problème longuement débattu par ses correspondants : un prince d'Orléans pouvait-il se mettre au service d'une cause à laquelle un Bonaparte apportait son appui ? D'un autre côté, il ne fallait point hésiter à soutenir le drapeau français, même si la guerre dans laquelle il se trouvait engagé n'avait pas l'approbation de la famille d'Orléans. Les très nombreuses lettres adressées au duc de Chartres dans les années 1859-1860 sont très intéressantes car elles montrent l'état d'une partie de l'opinion publique française vis-à-vis de la politique extérieure de Napoléon III. Finalement, le duc de Chartres, sorti troisième de l'Académie, se rallie à la cause italienne et est nommé au régiment de Nice-Cavalerie comme sous-lieutenant, le 26 avril 1859.
Il participe activement à la campagne de Lombardie et notamment à la bataille de Solférino (AP/300(III)/202 -Journal du duc de Chartres, 1859-1860) et est nommé lieutenant d'État-major, le 1er avril 1860. Mais, lorsque la politique sarde en vient à menacer les États de l'Église, le royaume de Naples et la Maison de Bourbon d'où étaient issues sa grand-mère Marie-Amélie et sa tante d'Aumale, il sollicite un congé puis sa mise enaspettativa,transformée d'office en démission au bout de trois ans.
Un nouveau terrain d'activité allait rapidement s'offrir à lui avec le début, en 1861, de la guerre civile américaine. Avec son frère Philippe, comte de Paris, le duc de Chartres s'engage dans l'armée fédérale comme aide de camp du général Mac Clellan, commandant en chef de l'armée du Potomac. Les deux princes participent à la défense de Washington, au siège de Yorktown, aux batailles de Williamsburg, Fair Oaks, Malvern Hills et "des Six Jours". Mais des complications politiques les obligent à quitter l'Amérique : l'intervention française au Mexique et les sympathies du gouvernement impérial pour les sudistes mécontentent en effet Washington.
De retour en France, Robert d'Orléans épouse, le 11 juin 1863, sa cousine Françoise, la fille du prince de Joinville. Leurs enfants seront au nombre de cinq : Marie qui, née en 1865, épousera en 1885 le prince Valdemar de Danemark, Robert (1866-1885), Henri, né en 1867 et mort en 1901, Marguerite, née en 1869, et qui épousera Patrice de Mac-Mahon, duc de Magenta et le duc de Guise, Jean d'Orléans, né en 1874.
De 1863 à 1870, le duc de Chartres consacre son temps à de nombreux voyages à la suite desquels il écrit et publie une étude portant sur les champs de bataille de la vallée du Rhin. A la même époque, il rédige l'introduction à la publication qu'il entreprend, conjointement avec son frère, de l'histoire des campagnes d'Afrique laissée inachevée par son père. Enfin il commence à réunir une collection de livres rares.
En 1870, les princes d'Orléans manifestent le désir de se mettre au service de la cause française. Le 9 août, le général de Palikao refuse les offres de service du duc d'Aumale, du prince de Joinville et du duc de Chartres auxquelles le gouvernement républicain ne fera pas meilleur accueil. Le duc de Chartres se rend alors incognito à Rouen. Grâce à l'appui du général commandant les Gardes nationales de la Seine-Inférieure, l'Orne et le Calvados, le général Estancelin, le prince reçoit, sous le nom de Robert Lefort, le commandement des Guides de la Seine-Inférieure, petite compagnie qui venait d'être créée et dont la mission consistait à assurer les communications entre les postes avancés établis dans la région de Gisors (7 octobre 1870). Le 2 décembre, il est intégré à l'armée régulière dans l'État-major du général Briand, commandant la deuxième région militaire et, le 10 janvier 1871, il est nommé chef d'escadron d'État-major au titre de l'armée auxiliaire. Il participe donc à la campagne de France au cours de laquelle sa conduite lui vaut d'être décoré de la Légion d'honneur ; il est licencié le 16 mai 1871.
Sa carrière militaire le conduit ensuite en Afrique où l'effort français se portait sur le Sud algérien. Le 15 juillet 1871, il est nommé, sous sa véritable identité, chef d'escadron auxiliaire au troisième régiment de Chasseurs d'Afrique et y manifeste un tel zèle que le général de Galliffet le choisit comme second et lui confie le commandement de la cavalerie. Le 28 août 1872, dans un rapport destiné à l'Inspection générale, Galliffet porte ce jugement sur son collaborateur : "Intelligent, instruit, studieux, zélé, français et soldat avanttout ;le dit et l'a prouvé. Très, presque trop, déférent envers ses chefs, cordial avec ses camarades, affectueux avec ses subordonnés, rempli de sollicitude pour les besoins des hommes. On dit généralement qu'il joue bien son rôle. C'est une erreur, il est naturel. Inutile de dire qu'il monte remarquablement bien à cheval. En somme, et quoique prince du sang, il est dès aujourd'hui un des meilleurs officiers de la cavalerie et il ne tardera pas à en être le meilleur (AP/300(III)/200)."
Il participe à l'expédition qui devait rejoindre El Goleah, point extrême de l'influence française dans le sud et qu'aucune troupe régulière n'avait encore atteint (décembre 1872-février 1873) et AP/300(III)/202, journal tenu par le duc de Chartres pendant la campagne d'El Goleah.
En juin 1873, il regagne la France comme chef d'escadron au 9e régiment de Chasseurs en garnison à Paris ; le 4 septembre 1874 il passe au 17e régiment de Chasseurs et le 5 avril 1875 est promu lieutenant-colonel du 8e régiment de Dragons à Lunéville. Il apporte une collaboration active à l'élaboration d'un nouveau règlement sur les exercices de cavalerie, participant à la commission chargée d'en élaborer le texte et occupant le poste de secrétaire de la "commission d'expériences" qui jugeait de la valeur des méthodes étrangères (AP/300(III)/203). Le 18 juillet 1878, il retournait dans la ville de ses débuts de militaire français, Rouen, comme colonel du 12e régiment de Chasseurs.
Mais, cette brillante carrière touchait à son terme ; le manifeste affiché le 15 janvier 1883 sur les murs de Paris par le prince Napoléon qui attaquait vivement la politique du gouvernement républicain, reposa la question des princes. Après de nombreux débats, un décret du 24 février 1886 frappait le duc d'Aumale, le duc de Chartres et le duc d'Alençon qui étaient mis en non activité par retrait d'emploi. Le duc de Chartres se démit aussitôt de son commandement et quitta Rouen. Il avait alors quarante-six ans et il n'est pas excessif d'affirmer que sa vie était brisée.
Désormais, le duc de Chartres se consacre à sa famille et effectue de nombreux voyages pour tenter de combler le vide apporté dans sa vie par cette exclusion de l'armée (Il ne sera radié des contrôles qu'en 1886 à la suite du vote de la loi du 22 juin excluant de l'armée les membres des familles ayant régné). La chasse, lointaine image de la guerre, tient également une grande place dans sa nouvelle existence : son oncle, le duc d'Aumale, lui remet en effet son équipage de Chantilly et il travaille avec passion à sa réorganisation. Ses voyages le conduisent dans des régions lointaines : le Caucase en 1883, l'Égypte en 1887, La Havane en 1890 avec le comte de Paris, sans parler de ses constants déplacements à travers l'Europe : Angleterre, Autriche, Allemagne, Italie, ainsi que, plus modestement, à travers la France : Arc, Eu, le Nouvion-en-Thiérache, Plombières, Cannes et ses deux résidences ordinaires : l'hôtel parisien de la rue Jean Goujon et le château de Saint-Firmin, près de Chantilly. Il poursuit parallèlement son activité de bibliophile succédant au duc d'Aumale à la présidence d'honneur de la Société des Bibliophiles français et entreprend quelques travaux d'érudition (Il songe à publier une histoire du siège de Turin de 1706. Cf.300 API3228.
Lors du choléra de 1884, il fut envoyé par son frère, le comte de Paris, à Marseille et Toulon pour y distribuer des secours. Il faut cependant souligner que le duc de Chartres n'a jamais joué de rôle politique actif. Il mourut dans la nuit du 4 au 5 décembre 1910 des suites d'un refroidissement contracté lors du service anniversaire de la mort de sa fille aînée, la princesse Marie de Danemark.
Son épouse, Françoise-Marie-Amélie d'Orléans, petite-fille de Louis-Philippe, était la fille du prince de Joinville et de Françoise-Gonzague, elle-même fille de l'empereur du Brésil, Pierre Ier. Née à Neuilly le 14 août 1844, dès son enfance elle manifeste un goût très vif pour la chasse et les chevaux, ainsi que pour la nature, penchants analogues à ceux de son futur mari et qui se manifestent de manière très remarquable dans ses dessins. Elle témoigne en effet de dispositions artistiques assez exceptionnelles dont l'illustration de ses lettres fournit une éloquente démonstration (Les années 1870 à 1885 sont à cet égard particulièrement remarquables) ; scènes de chasse et paysages alternent avec des représentations de fleurs pour lesquelles la duchesse avait une véritable passion et montrent un trait d'une finesse et d'une délicatesse remarquables.
En 1863 elle épouse donc son cousin, Robert d'Orléans, de retour d'Amérique et sa vie se confond désormais avec celle de sa famille. Les détails peuvent en être retracés avec précision grâce à son abondante correspondance que l'on retrouve dans les papiers de ses destinataires et principalement de son mari ; lors de leurs séparations elle lui écrit quotidiennement et même plusieurs fois par jour, lui racontant tout ce qu'elle a pu faire, voir ou entendre, du simple incident domestique à l'événement mondain ou politique, le tout avec une bienveillance et une simplicité qui ne se démentent jamais.
Elle meurt en 1925 à l'âge de 81 ans et cette longévité ajoute à l'intérêt que présentent les papiers qu'elle nous a laissés ; en effet ce fonds, presque exclusivement composé de correspondance, offre de ce fait une très grande variété de correspondants et porte sur cinq générations : de Louis-Philippe à Mgr le Comte de Paris. Il constitue un témoignage exceptionnellement vivant sur une période au cours de laquelle la correspondance jouait un rôle essentiel dont le téléphone et l'agitation de la vie moderne l'ont en grande partie privée (De là l'abondance des billets non datés, invitations, demandes de renseignements, équivalents de nos modernes coups de téléphone). L'aspect familial y est essentiel et cette correspondance permet de connaître les divers membres de la famille d'Orléans : le prince et la princesse de Joinville, le duc de Penthièvre, le comte et la comtesse de Paris, le comte d'Eu...
Les documents laissés par le duc et la duchesse de Chartres sont essentiellement des lettres ; le fonds de la duchesse se compose presque exclusivement de correspondance reçue tout au long de sa vie et constitue un ensemble précieux.
Henri d'Orléans
"Moi, vous me connaissez ; grand, blond, ayant fait de bonnes études, prêt à entrer dans l'armée sans avoir de vocation, j'aime un peu trop la fête et le jeu ; ce dernier surtout. Panier percé, un peu sceptique, intelligent et bon garçon au fond, je compte sur le voyage pour passer un bon temps et me corriger si c'est possible (Journal de son premier voyage, première étape, f° 2. AP/300(III)/246)." Ainsi se présentait en 1887, non sans quelque désinvolture, le fils aîné du duc et de la duchesse de Chartres, le prince Henri d'Orléans, né en Angleterre, à Ham près de Richemond, le 16 octobre 1867.
Son éducation fut confiée à l'abbé Duteyeul qui en eut la charge jusqu'en 1883. Le jeune prince manifesta de bonne heure un goût assez vif pour la botanique et la géologie ainsi que pour l'équitation.
Rentré en France avec sa famille, il poursuit ses études au collège Stanislas, obtient un prix d'histoire au Concours général de 1884, est bachelier en 1885 et prépare le Concours d'entrée à l'École militaire de Saint-Cyr, sans toutefois manifester de goût pour la carrière des armes ; admissible en 1886, il se voit refuser l'entrée de l'École à la suite du vote des lois frappant les princes. Il consacre alors son temps à la vie mondaine et surtout aux voyages.
Dès 1884, ses correspondants font mention de ses projets d'explorations, projets qui se concrétisent, à partir de juillet 1887, par des préparatifs de voyage effectués conjointement avec Boissy, ex-capitaine de Chasseurs, puis correspondant duTemps,qui avait suivi l'expédition anglaise en Égypte. C'est également de cette époque que datent les premières remontrances adressées par le duc de Chartres à son fils et concernant sa conduite et ses dettes. Le 22 septembre 1887, le prince Henri et son compagnon se mettaient en route pour la Grèce ; ils passèrent ensuite en Égypte où ils furent rejoints par le duc de Chartres et sa fille, Marguerite, qu'ils quittèrent pour se rendre en Inde. Ils y retrouvèrent le duc d'Orléans et le marquis de Morès avec lesquels ils chassèrent le tigre dans la jungle des Sundarbands. Les voyageurs regagnèrent ensuite l'Europe en traversant le Japon et l'Amérique du Nord. La fin de ce tour du monde fut d'ailleurs marquée par un désaccord entre Boissy et le prince qui cherchait à se soustraire à la tutelle de son compagnon.
De retour en France à la fin de septembre 1888, Henri d'Orléans reprend sa vie oisive et ses anciennes fréquentations (Les deux noms les plus souvent cités sont ceux d'Henri d'Origny et de Jean d'Osmoy).
En janvier 1889, le duc de Chartres invoque sa mauvaise conduite pour refuser de financer un nouveau voyage en Tunisie ; quelque temps après, il doit s'employer à étouffer le scandale dont est menacé son fils dont les dettes s'élèvent à 190.000 francs. Henri d'Orléans qui vient de publierSix mois aux Indes,récit de son premier voyage, doit s'éloigner de Paris.
Toute la famille finit par se rallier à la solution d'un second voyage, véritable exploration de régions inconnues et non plus simple voyage d'étude.
En juillet 1889, Henri d'Orléans reprend la route, en compagnie de Gabriel Bonvalot et d'un missionnaire belge, le Père Dedeken ; partis par Moscou, les explorateurs traversent de part en part le Thibet, une partie de la Chine et le Tonkin. Ils sont de retour en France en octobre 1890, et reçoivent la grande médaille d'or de la Société de Géographie. A partir de ce voyage, il est possible de marquer une nette coupure dans la vie du prince Henri d'Orléans : sans pour autant y mettre fin, ses activités d'explorateur et de géographe concurrencent sa vie mondaine et frivole. En juin 1891, il fait don de ses collections d'animaux au Muséum qui organise une exposition ; en juillet, il participe au Congrès international des Sciences géographiques tenu à Berne et, en novembre, donne au Musée Guimet ses collections thibétaines. Dans le même temps, il écrit de nombreux articles portant sur des questions coloniales et publie, en collaboration avec G. Bonvalot,De Paris au Tonkin à travers le Thibet inconnu.Il continue cependant à s'endetter et à jouer sans toutefois aller jusqu'au scandale.
Sa troisième exploration eut des théâtres variés : au début de 1892, il débarque dans le golfe d'Aden et s'avance à travers l'Abyssinie à l'ouest d'Harrar, dressant la carte du pays ; puis il retourne en Asie, au Tonkin dont il étudie le commerce ; il remonte ensuite la Rivière Noire jusqu'au Laos, parcourt la région de Louang-Prabang et atteint Bangkok. A son retour en France, en mai 1892, il organise une exposition de ses collections et de ses photographies avant de repartir, en 1894, pour Madagascar et l'Indochine d'où, en compagnie du lieutenant de vaisseau Emile Roux et d'un colon au Tonkin, Briffaut, il rejoint les Indes anglaises (d'Hanoï à Calcutta) en explorant la région du Fleuve Rouge et du Mékong, les sources de l'Iraouady et le Brahmapoutre. L'ouverture de cette voie, jugée impraticable par les Anglais, lui vaut à nouveau la grande médaille d'or de la Société de Géographie ainsi que la croix de chevalier de la Légion d'Honneur, en février 1896.
Les deux voyages suivants eurent l'Afrique pour but ; le journal du premier fut publié par leFigaroet Henri d'Orléans eut l'occasion d'y critiquer assez sévèrement la conduite et les méthodes des officiers italiens. Estimant l'armée italienne offensée, le comte de Turin crut devoir relever le gant et le duel eut lieu dans le bois de Vaucresson, en août 1897 ; il comprit cinq engagements, au terme desquels Henri d'Orléans fut blessé au ventre.
Le voyage suivant devait mener le prince jusqu'au Nil pour y rencontrer Marchand ; les événements de Fachoda ne lui permirent point de mener ce projet à bien et il se borna à parcourir l'Algérie et la Tunisie.
Le 1er mars 1901, Henri d'Orléans, accompagné de M. Luiggi, s'embarquait à nouveau pour l'Annam. Il devait mourir le 9 août suivant à Saigon où il avait été transporté, souffrant d'un abcès au foie.
La correspondance reçue a été placée en tête du fonds car elle constitue la principale source de connaissance de la vie et de la personnalité d'Henri d'Orléans. Il faut naturellement la compléter par les lettres envoyées par le prince à ses parents (AP/300(III)/221). Cet ensemble très riche (AP/300(III)/228 à 245) nous éclaire autant sur son destinataire que sur les auteurs des lettres que l'on peut répartir en trois catégories au travers desquelles apparaissent clairement les diverses préoccupations d'Henri d'Orléans aux divers stades de sa vie. Le premier groupe est constitué par la famille dont les membres sont les seuls correspondants du prince, avec quelques camarades de collège, jusqu'en 1885. De 1885 à 1891 s'y ajoutent des amis personnels et des femmes (Les plus nombreuses émanent de Marie-Louise Marsy, de la Comédie Française, maîtresse "officielle" d'Henri d'Orléans) et, à partir de 1892, des correspondants "scientifiques", membres de sociétés savantes, directeurs de revues, professeurs... Il faut noter que le nombre de ces correspondants ne cesse, de ce fait jamais de s'accroître, les divers groupes venant s'ajouter les uns aux autres.
Les lettres les plus intéressantes sont celles qui émanent de la famille d'Orléans et principalement de la duchesse de Chartres et de ses filles qui, lors de ses voyages, envoyaient à Henri d'Orléans de véritables chroniques de tous les faits susceptibles de l'intéresser.
Quelques exemples : mai 1866, lettre de la duchesse de Chartres sur le vote des lois relatives aux princes. 22 juin 1866,id.26 mai 1866, lettre du duc de Chartres traitant le même sujet. 10 juin 1889, lettre de la duchesse de Chartres : "Ce matin, un superbe discours de M. de Mun sur l'enseignement religieux qui a écrasé Ferry et qui a provoqué un discours de laïcisation à outrance de Clemenceau". Février-mars 1890, lettres de Marguerite d'Orléans relatant la captivité du duc d'Orléans.
Il faut encore noter que cette correspondance montre qu'à partir de 1892, le prince Henri d'Orléans a manifesté un très vif intérêt pour les questions politiques, bien qu'il n'ait jamais été appelé à jouer un rôle actif en ce domaine.
Mais ce qui distingue Henri d'Orléans des autres membres de sa famille, c'est son activité d'explorateur et de géographe ; c'est elle également qui fait, en grande partie, l'intérêt du fonds d'archives qu'il nous a laissé, et tous les autres documents la concernant. Il s'agit de journaux de voyage et de notes et surtout de nombreuses photographies de tous formats d'une exceptionnelle qualité ; paysages, monuments et types humains y sont représentés, constituant un ensemble d'un intérêt tout à fait remarquable. Il faut y joindre une collection d'articles de journaux groupant des articles d'Henri d'Orléans lui-même ainsi que d'autres auteurs traitant de questions coloniales, un ensemble de cartes et de plans.
La documentation figurée constituée par les photographies pour ces périodes, ne sont conservées nulle part ailleurs en si grand nombre que dans des archives princières comme celles-ci. De cet ensemble se dégage l'image d'un prince, à l'origine sans vocation propre, condamné à une vie oisive parce que la carrière militaire lui avait été interdite et devenu presque malgré lui explorateur et spécialiste des questions coloniales auxquelles il semble avoir accordé un intérêt sans cesse croissant.
Cette partie des archives de la Maison de France apporte des enseignements riches et variés pour une époque proche de la nôtre, sur les sentiments qui agitaient l'opinion, sur les remous provoqués par les événements de la vie politique, l'unité italienne, la guerre de 1870, les débats parlementaires, etc.
Il importe de préciser que cette vue est partielle et limitée à cette classe tout à fait à part, composée de ces Altesses royales, dont la fonction était incertaine et les aspirations battues en brèche par des interdits de tous ordres.

Informations sur l'acquisition :

Dépôt
Historique de conservation :
En mai 1979 a été mis un point final à l'inventaire des Archives de la Maison de France, qui sont entrées aux Archives nationales en 1969 et 1970, à la suite du contrat de dépôt signé le 5 mars 1969, et qui se sont accrues depuis lors de plusieurs compléments, remis successivement par Monseigneur le Comte de Paris. Des documents contemporains ont fait l'objet des entrées récentes de juillet et octobre 1979. En raison de leurs dates, cette masse importante de dossiers ne sera pas inventoriée actuellement d'une manière définitive.
Le fonds est maintenant la propriété de la Fondation Saint-Louis depuis l'année 1975, date de sa constitution.
L'estimation faite à l'origine de 5 000 articles se trouve à peu de choses près confirmée, puisque, à l'heure actuelle, 4869 liasses, registres, albums et groupes de plans sont rangés et étiquetés sur les rayonnages des Archives privées.
Un travail long et minutieux de classement a été réalisé et la totalité en est maintenant répertoriée et accessible aux lecteurs de la salle Soubise sous la réserve d'une autorisation écrite.
Le tome I, paru en 1976, recense les archives dites de Dreux, où elles étaient rassemblées ultérieurement, c'est-à-dire les articles correspondant aux papiers personnels, successoraux et domaniaux des ducs, duchesses, princes et princesses d'Orléans et des maisons illustres qui leur furent alliées au cours des temps (AP/300(I)/1 à 2634).
Le tome II, paru en 1979, décrit les archives du comté et domaine d'Eu (AP/300(II)/1 à 401), celles des biens de Joinville et de Haute-Marne (AP/300(II)/402 à 602) et de Sicile (AP/300(603) à 679), les papiers privés et politiques de Louis-Philippe, Marie-Amélie et leurs enfants, ainsi que ceux de leurs petit-fils et arrière-petit-fils, le duc de Chartres et le prince Henri d'Orléans, chefs successifs de la Maison de France (AP/300(III)/1 à 350). Ce deuxième tome a été accru du répertoire du fonds Nemours, qui complète utilement les papiers du roi et de la reine des Français et de leur descendance, dont il constituait en fait un démembrement, donné par Marie-Amélie à son second fils, le duc de Nemours (AP/300(IV)/1 à 311).
Le troisième volume débute par les papiers de Louis-Philippe, comte de Paris, petit-fils aîné de Louis-Philippe et prétendant au trône de France après la mort du comte de Chambord, et se continue par ceux de sa fille aînée, la reine Amélie de Portugal, et de son fils et successeur, le duc d'Orléans. Il se termine par une suite assez importante de dossiers provenant du duc de Guise et par trois cartons qui émanent du comte de Paris, chef actuel de la Maison de France.
Depuis 2009, les Archives ont été reconditionnées en vue du déménagement. L'instrument de recherche a été corrigé en revoyant systématiquement le contenu, les dates extrêmes, la typologie des documents et le nombre de pièces ou de registres. Des compléments analytiques ont permis de clarifier certaines liasses.

Conditions d'accès :

La communication des documents énumérés dans le présent inventaire, leur publication et la reproduction par microfilm, photographie, ou quelque procédé que ce soit, des archives déposées, sont soumises à l'autorisation préalable de Monseigneur le Comte de Paris, Chef de la Maison de France, président d'honneur et administrateur-délégué de la Fondation Saint-Louis, et après lui à l'autorisation de l'administrateur-délégué de ladite Fondation et ce conformément aux articles IV, V, VI et VII du contrat de dépôt signé le 5 mars 1969 entre Monseigneur le Comte de Paris et la Direction des Archives de France.

Conditions d'utilisation :

Reproduction à usage privé et à des fins de publications sur autorisation

Description physique :

Importance matérielle :
45,52 ml ; 1073 articles / 1062 unités de conditionnement, 107, 62 ml ; 314 articles / 313 unités de conditionnement.

Ressources complémentaires :

Huart (Suzanne d'), Archives de la Maison de France (Branche Orléans), fonds de Dreux, tome II et III, Paris, 1979-80, 2 vol.
Non renseigné.
Les Archives nationales (site de Paris) conservent :
- Les papiers de l'apanage d'Orléans sous la cote R4.
- Voir aussi le microfilm 744 Mi 1, correspondance du comte de Toulouse et du duc de Penthièvre, xviiie siècle.
- Les papiers du duc de Penthièvre sont cotés 5G.

Références bibliographiques :

Duc de Chartres
Souvenirs de voyage. Une visite à quelques champs de bataille de la vallée du Rhin,Paris, 1869, in-18, VII-201 pages.
Édition et préface de ORLÉANS (Ferdinand-Philippe, duc d'),Campagnes de l'armée d'Afrique. 1835-1839,Paris, 1870, in-8°.
Édition de ORLÉANS (Ferdinand-Philippe, duc d'),Lettres, 1825-1842,Paris, 1889, in-8°.
Idem, Récits de campagne, 1833-1841,Paris, 1890, in-8°.
Idem, Récits de campagne, 1810-1842,Paris, 1892, in-8°.
ALLAIRE,Souvenirs d'un vieux précepteur,Paris, 1895, in-8°.
BARRIÈRE (Maurice),Les Princes d'Orléans,Paris, 1933, in-16, 287 pages.
DESJOYAUX (Claude-Noël),Les Princes d'Orléans en 1870-1871,extrait duCorrespondant,1911, in-8°, 30 pages.
HARCOURT (Marquise d'),Madame la duchesse d'Orléans,Paris, 1859, in-8e, 239 pages.
PALLU DE LESSERT (C.),Le Duc de Chartres (1840-1910),Paris, 1914, in-8°, 95 pages.
PALLU DE LESSERT (C.), Introduction àCorrespondance de Louis XIV et du duc d'Orléans,réunie et annotée par M. C., Paris, 1903, in-8°.
POUPIN (Victor),Les Princes d'Orléans,dansPetite bibliothèque démocratique,1872, in-16, 207 pages.
SAFFROY (Gaston),Bibliographie généalogique, héraldique et nobiliaire de la France,t. I, Paris, 1968. Les notices n°11422 à 11602 concernent la famille d'Orléans.
YRIARTE (Charles),Les Princes d'Orléans,Paris, 1872, in-8°, 16 pages (les pages 95 à 130 sont consacrées au duc de Chartres).
Prince Henri d'Orléans
MAURRAS (Charles),La Barque et le Drapeau,dansl'Action française,20 mai 1911.
OUSTALET (Émile),Note sur les oiseaux recueillis dans le Yun-Nam par le prince Henri d'Orléans, dans le cours de son dernier voyage du Tonkin aux Indes,Paris, 1896, in-8°, 6 pages, extrait deBulletin du Muséum d'Histoire naturelle,1896, n°8.
Le Prince Henri d'Orléans,Paris, 1901, in-8°, 14 pages, extrait duCarnet historique et littéraire,septembre 1901.
Les articles signalés d'un astérisque ont été regroupés dans le volume intitulé Politique extérieure et coloniale, publié en 1900.
Six mois aux Indes. Chasse aux tigres,Paris, 1889, in-12, 338 pages.
Lob Nor,dansLe Soleil,28 avril 1890.
De Paris au Tonkin par terre,dans laRevue des Deux Mondes,1er février 1891, 50 pages.
Voyage au Thibet,dansAnnales du Congrès International des Sciences géographiques,Berne, 1891, 7 pages.
Les Missionnaires français au Thibet,dansle Correspondant,1891, 24 pages.
Le Père Huc et ses critiques,dansRevue française de l'Étranger et des colonies,1er octobre 1891.
*La France en Chine. Lettre à M. Hervé,dansle Soleil,15 septembre 1891.
Traversée du Thibet,dansBulletin de la Société de Géographie,3e trimestre 1892, 23 pages.
Les Exploitations minières de Hong Hay et de Kebao Tonkin,dansBulletin de la Société de Géographie coloniale,1892, n°3, 15 pages.
Une excursion en Indo-Chine. De Hanoï à Bangkok,Mémoire présenté au Congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences, Pau, 1892, (Paris, 1892), 95 pages.
Au Tonkin,dansle Matin,28 février 1892.
*Lettre à M. Courret,dansle Matin,27 juillet 1892.
A propos du Père Huc,dansT'oung Pao,vol. IV, n°2, Leyde, 1893.
La Question du Mékong,dansPolitique coloniale,21 février 1893.
Opinion du prince sur le Tonkin,dansÉcho du Parlement,1er mars 1893.
Réponse à M. Combes,dansPolitique coloniale,10 juin 1893 et 17 juin 1893.
*M. Massie et la question du Laos,dansPolitique coloniale,15 juin 1893.
* Autour du Mékong,dansle Figaro,8 septembre 1893.
*Les Droits de la France sur le Mékong,dansle Figaro,26 octobre 1893.
*Le Haut-Mékong,dansPolitique coloniale,21 novembre 1893.
Autour du Tonkin,Paris, 1894, in-8°, ill., iv-654 pages.
*État tampon,dansPolitique coloniale,1er février 1894.
Un appel à la justice. Lettre à M. Magnard,dansle Figaro,3 février 1894.
*Le Tonkin n'est pas pacifié,dansPolitique coloniale,24 février 1894.
Pour trois Français en danger de mort,dansla Patrie,21 avril 1894.
Madagascar,dansle Temps,26 septembre 1894.
A Madagascar,dansle Mékong,12 novembre 1894.
*Lettre à M. Gauthiot,dansJournal des Débats,6 décembre 1894 et 1er février 1895.
A Madagascar,dansla Revue de Paris,1895, 50 pages.
Recherches philologiques dans le Yunnam,dansComptes rendus de la Société de Géographie,8 novembre 1895, 4 pages.
* Madagascar, Indo-Chine française, Yunnam, Assam,dansBulletin de la Société de Géographie coloniale,t. XVII, 1895, 19 pages.
La Province de Battambang,dansBulletin de la Société de Géographie coloniale,t. XVII, 1895, 13 pages.
Du Tonkin au Yunnam,dansBulletin de la Société de Géographie,3e trimestre 1895, 16 pages.
Réponse à M. de Lanessan,dansle Temps,2 novembre 1895.
Autour du Tonkin,Paris, 1896, in-12.
Société de Géographie de Lille. Conférence par le prince Henri d'Orléans.12 mai 1896, Lille, in-16, II-64 pages.
L'Ame du voyageur,dansRevue de Paris,15 mai 1896, 20 pages.
Du Yunnam à l'Assam,dansBulletin de la Société de Géographie,7 février 1896, 24 pages.
A Journey from Tonkin by Tali tu to Assam,dansthe geographical Journal,décembre 1896, 18 pages.
From Tonkin to India,Londres, 1896 (traduction anglaise).
Hommage à Morès,dansle Colonial,juillet 1896.
Un Dîner chez le comte de Dion,dansle Gaulois,22 mars 1896.
L'âme du voyageur,dansJournal des voyages,10, 17 et 24 octobre 1897.
*De la colonisation française. Réponse à M. Stanley,dansQuestions diplomatiques et coloniales,t. I, juillet 1897, p. 513.
Dupleix,dansle Matin,17 janvier 1897.
Notes de voyage du prince Henri d'Orléans,dansle Figaro,24 mars 1897.
Le voyage du prince Henri d'Orléans,dansle Figaro,9 avril 1897.
Le prince Henri d'Orléans en Abyssinie,dansle Figaro,1er, 9, 14 juin, 3, 7, 8, 14 juillet, 3 août 1897.
Ménélik et son oeuvre,dansle Figaro,11 août 1897.
Prince Henri d'Orléans'journey,dansNew York Herald,24 mars et 1er juin 1897.
Traduction dans :Politique coloniale,10 juin 1897.
Du Tonkin aux Indes,Paris, 1898, in-8° (ill.).
Une visite à l'empereur Mémélik,Paris, 1898, in-12 (ill.), vi-264 pages. Discours prononcé au banquet de l'hôtel Continental, dansla Vérité,6 février 1898.
Retour du Raz-Makonnen,dansle Journal,1er août 1898.
Les Droits de la France sur le Nil,dansle Figaro,22 septembre 1898.
La Mission Marchand,dansle Matin,26 octobre 1898.
Lettre à M. Delcassé,dansle Soir,22 novembre 1898.
*La France au dehors,dansla Nouvelle Revue,15 décembre 1899.
Lettre sur le retour du commandant Marchand,dansle Gaulois,5 avril 1899.
Lettre pour la souscription pour l'achat de la Maison des dernières cartouches,dansle Gaulois,29 avril 1899.
Gordon et Marchand,dansle Matin,29 mai 1899.
Lettre au général Lambert,dansle Matin,9 juillet 1899.
Politique extérieure et conscience nationale,dansl'Éclair,17 novembre 1899.
Le passé et l'avenir,dansle Matin,20 novembre 1899.
La Politique extérieure. Il faut choisir,dansl'Éclair,5 décembre 1899.
Le second Couteau,dansle Matin,12 décembre 1899.
L'Aristocratie et le Travail,dansle Gaulois,18 décembre 1899.
Traitement égal. Lettre au sujet de l'envoyé militaire au Transvaal,dansle Matin,25 décembre 1899.
Politique extérieure et coloniale,Paris, 1900, in-12, XVIII-292 pages (recueil d'articles).
Société de Géographie de Marseille. Conférence par le prince Henri d'Orléans,23 février 1900, Paris, in-16, 61 pages.
L'Abyssinie,dansArmée et marine,4 mai 1900, 4 pages.
L'Insurrection des Boxeurs et la politique de la France en Chine,dansQuestions diplomatiques et coloniales,t. X, 15 juillet 1900, p. 65-85.
Une politique extérieure,dansle Matin,10 février 1900.
La Question du Maroc,dansle Matin,1er juin 1900.
Problèmes d'Asie,dansle Matin,23 mars 1900.
Interview avec le prince Henri d'Orléans,dansla Liberté,12 février 1900.
Lettre au Président de la République,dansla Liberté,25 juillet 1900.
Promenades égyptiennes,dansle Matin,5 mai 1901.
La Route de l'Asie,dansle Français,26 et 27 mai 1901.
Cochinchinoiseries,dansle Matin,27 juillet 1901.
De Kratié à Nha-Trang à travers la province de Dar-Lac,dansBulletin de la Société de Géographie,15 septembre 1901.
L'Ame du voyageur.Avant-propos par Eugène Dufeuille, Paris, 1902, in-18, xxiv-458 pages.
De Paris au Tonkin à travers le Thibet inconnu,Paris, 1892, avec G. BONVALOT.
A travers l'Asie,avec le Père DEDEKEN.
Aux Sources de l'Irraouaddy,avec E. Roux.

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Pierrefitte-sur-Seine

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