Inventaire d'archives : Culture ; Cabinet et services rattachés au Ministre (1970-1981)

Institution de conservation :

Archives nationales

Contenu :

INTRODUCTION
Le cabinet du ministre est un service restreint dont le rôle est politique. Son fonctionnement est régi par le décret du 28 juillet 1948 modifié portant règlement d'administration publique en ce qui concerne les cabinets ministériels.
Il est constitué par le ministre lors de sa prise de fonction et est composé :
. d'un directeur (assisté parfois d'un directeur adjoint), chargé de la coordination entre les décisions du ministre et l'action de son administration ;
. d'un chef de cabinet dont le rôle est de veiller au bon fonctionnement du cabinet : agenda du ministre, déplacements, secrétariat, audiences et relations publiques, distinctions honorifiques ...
. de conseillers chargés d'un ou plusieurs dossiers et d'assurer le suivi de l'activité des directions et de chargés de mission aux attributions ponctuelles.
Jacques Duhamel
Député du Jura depuis 1962 et maire de Dôle, Jacques Duhamel devient ministre des Affaires culturelles en 1971 et imprime une marque durable à la politique culturelle de la Ve République.
Bon connaisseur de l'administration, il se donne en effet pour premier objectif de conférer à la politique culturelle une crédibilité administrative qui lui avait manqué jusque là. Sans renier les grandes orientations prises par André Malraux, il met l'accent sur la diffusion (notamment dans le domaine de la musique où il met en œuvre le plan décennal conçu par Marcel Landowski). Il obtient de Jacques Chaban-Delmas la création du Fonds d'intervention culturelle (FIC) en 1971, suggérée par la Commission du Plan et destiné à compléter le financement d'initiatives culturelles prises par d'autres ministères ou par les collectivités territoriales.
Son ministère est également marqué par le refus de détruire la gare d'Orsay, par la relance de l'Opéra de Paris confié à Rolf Lieberman, la création des centres culturels de rencontre. De nombreux chantiers sont ouverts : politique contractuelle avec les compagnies théâtrales, les villes et l'ORTF ; préparation des lois sur les archives et sur l'architecture ; création des directions régionales des affaires culturelles (DRAC).
Michel Guy
Nommé par Valéry Giscard d'Estaing à son arrivée à l'Elysée, Michel Guy est un amateur d'art et avait été appelé par Jacques Duhamel à la direction du Festival d'automne.
Son ministère est marqué par plusieurs actions marquantes :
. la création du Centre national d'art et de culture Georges Pompidou ;
le classement au titre des monuments historiques des centres historiques de 100 villes de plus de 20 000 habitants ;
l'invention des chartes culturelles dans un souci de décentralisation culturelle, qui seront à l'origine des conventions de développement culturel ;
la suppression de la censure cinématographique et la réforme du système d'avances sur recettes.
Françoise Giroud
Né à Genève en 1916, Françoise Giroud est la fille d'un directeur de l'Agence télégraphique ottomane.
Elle débute dans le milieu du cinéma comme script auprès de Marc Allégret et de Jean Renoir puis dialoguiste et adaptatrice de films. Elle devient ensuite journaliste, dirige la rédaction deEllede 1945 à 1953, date à laquelle elle fondeL'Expressavec Jean-Jacques Servan-Screiber. De 1971 à 1974, elle prend en charge la rédaction de l'hebdomadaire puis sa publication.
En 1974, Valéry Giscard d'Estaing l'appelle au gouvernement pour créer un secrétariat d'Etat à la Condition féminine auprès de Jacques Chirac, premier ministre. Lorsque Raymond Barre devient premier ministre, elle obtient le secrétariat d'Etat à la Culture.
Son passage rue de Valois est marqué par :
. son intérêt pour la création audiovisuelle et pour le cinéma ;
l'inauguration du Centre national d'art et de culture Georges Pompidou le 30 janvier 1977 ;
le premier cadrage des directions régionales des affaires culturelles (DRAC) par le décret du 3 février 1977 ;
le vote de la loi sur l'architecture le 31 janvier 1977.
Au lendemain de la défaite de la majorité présidentielle aux élections municipales des 13 et 20 mars 1977, elle doit céder la place à Michel d'Ornano.
Michel d'Ornano
Né à Paris en 1924, le comte Michel d'Ornano devient industriel après des études de droit.
Maire de Deauville de 1966 à 1977, président du Comité d'expansion et de la commission de développement économique régional de Basse-Normandie de 1967 à 1973, président du conseil régional de Basse-Normandie en 1974, député du Calvados de 1967 à 1974, conseiller général du Calvados à partir de 1976, Michel d'Ornano est également un responsable du parti giscardien dont il devient secrétaire général en 1975 puis vice-président en 1975.
En 1974, il entre au gouvernement comme ministre de l'Industrie et de la recherche où il reste jusqu'en 1977, jouant un rôle majeur dans la mise en œuvre du programme électro-nucléaire français.
En 1977, après sa défaite aux élections municipales à Paris face à Jacques Chirac, il remplace Françoise Giroud rue de Valois, en ajoutant à son portefeuille ceux de l'environnement et du tourisme. En 1978, après les élections législatives, il laisse la Culture à Jean-Philippe Lecat et prend en échange le Cadre de vie.
Son passage rue de Valois est marqué par quelques réformes de structure :
. la transformation de la Réunion des théâtres lyriques en Théâtre national de l'Opéra de Paris ;
la progression de la déconcentration en faveur des directeurs régionaux des affaires culturelles ;
la réforme du statut et de l'organisation du Fonds d'intervention culturelle (FIC) par le décret du 20 février 1978 ;
la mise en place des conseils d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement (CAUE) dans les départements.
Au niveau de la politique culturelle, il convient de noter :
. la préparation d'une loi-programme sur les musées ;
la fondation de l'Institut français de restauration des œuvres d'art (IFROA) ;
l'installation de la Commission pour l'utilisation des monuments historiques présidée par le conseiller d'Etat Dieudonné Mandelkern ;
la préparation des chartes culturelles, dans la lignée de la politique de contractualisation esquissée depuis Jacques Duhamel.
Jean-Philippe Lecat
Fils de magistrat né à Dijon en 1935, Jean-Philippe Lecat fait des études de droit avant de rentrer à l'Institut d'études politiques de Paris (IEP) puis à l'Ecole nationale d'administration (ENA) dont il sort major de la promotion Saint-Just en 1963.
Ayant choisi le Conseil d'Etat, il entre au cabinet de Georges Pompidou comme chargé de mission de 1966 à 1968, date à laquelle il devient député de la Côte d'Or (circonscription de Beaune).
Secrétaire d'Etat porte-parole du gouvernement en 1972 et 1973, ministre de l'Information et porte-parole du gouvernement de mars à mai 1974, il devient chargé de mission au secrétariat général de la Présidence de la République de 1976 à 1978.
Le 5 avril 1978, il devient ministre de la Culture et de la communication. Il reste rue de Valois jusqu'au 3 mars 1981.
Il accomplit quelques changements durables dans l'organisation du ministère :
. création d'un service des affaires internationales (décret du 10 octobre 1978) ;
organisation de la direction du patrimoine suite à la perte des attributions en matière d'architecture (décret du 13 octobre 1978) et création de la Mission du patrimoine ethnologique (décret et arrêté du 15 avril 1980) ;
création de la Délégation à la création, aux métiers artistiques et aux manufactures nationales (décret du 7 mai 1979) ;
transformation de la direction du théâtre et des maisons de la culture (DTMC) en une direction du théâtre et des spectacles (DTS) (arrêté du 23 octobre 1979) ;
création de la Mission de développement culturel (MDC) (décret du 23 octobre 1979).
Son passage rue de Valois est par ailleurs marqué par quelques événements saillants :
. la célébration du patrimoine, auquel une Année nationale est consacrée (1980), l'attribution de crédits au patrimoine et la modernisation du statut des architectes des monuments historiques ;
des mesures en faveur des métiers d'art ;
la consolidation des crédits prévus pour la réalisation du musée du XIXe siècle à la gare d'Orsay (loi-programme du 11 juillet 1978) ;
la fondation de l'établissement public d'aménagement de La Villette (décret du 13 juillet 1979) ;
le vote de la loi n° 79-18 du 3 janvier 1979 sur les archives et la publication de ses décrets d'application ;
la création du Conservatoire national supérieur de musique de Lyon (décret du 18 février 1980) ;
l'extension du 1 % artistique à l'ensemble des bâtiments sous maîtrise de l'Etat.
Le présent versement couvre différents aspects du fonctionnement du cabinet et du ministère, de Jacques Duhamel à Jean-Philippe Lecat : déplacements des ministres, budget du ministère, relations publiques, suivi des activités des directions et services du ministère, développement de la politique des métiers d'art, politique en faveur des archives.
Sommaire
Cabinet de Jacques Duhamel, ministre des Affaires Culturelles en 1973, de Michel Guy, secrétaire d’Etat à la culture de 1974 à 1976, de Françoise Giroud, secrétaire d’Etat à la culture de 1976 à 1977, de Michel d’Ornano, ministre de la Culture et de l’Environnement de 1977 à 1978, et de Jean-Philippe Lecat, ministre de la Culture et de la Communication de 1978 à 1981. Art 1 : Généralités : Composition des différents cabinets ministériels (classement chronologique), 1971-1979 cabinet de Jacques Duhamel. Art 1 (suite) : Procès-verbaux comptes rendus de réunion des directeurs et chefs de service, procès-verbaux comptes rendus de réunions de cabinet, 1971-1972. Art 1 (suite) : Dossiers de Raymond Labelle, conseiller technique Chargé des Commémorations et Célébrations Nationales, 1970-1973 cabinet de Michel Guy. Art 2-3 : Minutiers chronologiques, dossiers de Gérard montassiez, Directeur de Cabinet, 1974-1976 cabinets de Françoise Giroud et de Michel d’Ornano. Art 3 (suite)-6 : Dossiers de Jean-Louis Berthet, conseiller technique des Affaires Financières et Budgétaires, 1975-1978. Art 6 (suite) : Dossiers de Thierry Chambolle, conseiller technique Chargé des Métiers d’Art 1977-1978 cabinet de Jean-Philippe Lecat. Art 6 (suite)-7 : Dossiers de Didier Quentin, conseiller technique : Minutier chronologique, Généralités sur le budget et dossier sur le centre d’archives de fontainebleau, 1978-1981

Identifiant de l'unité documentaire :

19900054/1-19900054/7

Identifiant de l'inventaire d'archives :

FRAN_IR_007401

Publication :

Archives Nationales
1990

Informations sur le producteur :

Cabinet et services rattachés au ministre chargé de la Culture

Localisation physique :

Pierrefitte

Mises à jour :

  • Converted_apeEAD_version_2015-06-SNAPSHOT
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