Inventaire d'archives : Fonds Pierre Lafue

Institution de conservation :

Archives nationales

Contenu :

653 AP 1 à 41. Pierre Lafue (1895-1975).
653 AP 1 à 6. Papiers personnels et documents le concernant. 1915-2005 et s. d.
653 AP 8 à 41. L’homme de lettres, le journaliste. 1917-1975.
  • 653 AP 8-9. Correspondance reçue d’amis et de relations, à caractère professionnel. 1917-1975.
  • 653 AP 10. Correspondance échangée avec les éditeurs, directeurs de journaux, la radiodiffusion française, l’Office cinématographique français. 1932-1979.
  • 653 AP 11-23. Œuvre publiée. 1930-1969 et s. d.
  • 653 AP 24. Feuilletons destinés à être publiés ou lus à la radio. S. d.
  • 653 AP 25. Pièces et œuvres adaptées pour la radiodiffusion. 1959 et s. d.
  • 653 AP 26. Causeries radiophoniques. 1959 et s.d.
  • 653 AP 27. Documentaire et adaptation pour la télévision. S. d.
  • 653 AP 28-36. Œuvre inédite. 1967 et s.d.
  • 653 AP 37-38. Œuvres en collaboration. S.d.
  • 653 AP 39. L’auteur d’articles. 1921-1974 et s.d.
  • 653 AP 40. Documents non identifiés, principalement manuscrits, notes. S. d.
  • 653 AP 41. Documentation. 1922-1975 et s.d.
653 AP 42. Yolande d’Argence Lafue : papiers personnels. 1961-2005.
653 AP 43. André Lang : papiers personnels et œuvre. 1928-1978 et s. d.
653 AP 44. Michel Portal : inventaire des archives de Pierre Lafue et documentation rassemblée. 2004-2005.

Identifiant de l'unité documentaire :

653AP/1-653AP/44

Identifiant de l'inventaire d'archives :

FRAN_IR_027993

Publication :

Archives Nationales
2008

Informations sur le producteur :

Lafue, Pierre
Pierre Lafue est né le 18 septembre 1895 à Pont-de-Monvert (Lozère). Il est le fils de Léon Lafue, receveur municipal, et d'Eugénie Gui (ou Guy). Le couple aurait eu quatre enfants, trois garçons, Jules, Jean et Pierre, et une fille, Amélie. Le jeune Pierre Lafue effectue ses études secondaires au lycée d'Alès (Gard). Il étudie ensuite à la faculté des lettres de Montpellier où il obtient, en 1916, son diplôme de licencié ès lettres-allemand.
En octobre 1917, il est nommé délégué pour l'enseignement des lettres et de l'allemand au collège de Cusset dans l'Allier. Il devient professeur à part entière en décembre 1921. Il enseigne à Cusset jusqu'en 1929, date à laquelle il obtient une mutation très attendue en région parisienne. Il exerce d'abord une année à Étampes (Essonne), puis gagne Paris où il professe au lycée Jean-Baptiste Say, de 1930 à 1942.
En 1934, il rencontre Georges Mandel, alors député. Les deux hommes sympathisent. L'année suivante lorsque Georges Mandel est appelé au ministère des Postes, télégraphes et téléphones (P.T.T.), il demande à Pierre Lafue de se joindre à son équipe. Celui-ci accepte, mais demande un aménagement de ses horaires, car il souhaite continuer à enseigner. Il devient la plume du ministre et rédige, entre autres, des communiqués de presse et des discours. Les échanges avec Mandel sont quotidiens ; le bureau de Pierre Lafue communique avec celui du Ministre. Le travail plaît à Pierre Lafue, car le ministère des PTT contrôle, à l'époque, la Radiodiffusion française. Il évoque, dans ses souvenirs, le journal parlé que Georges Mandel avait créé et auquel il collaborait.
En 1938, lorsque Mandel est nommé ministre des Colonies, Pierre Lafue répond à son appel pour s'occuper de la presse et de la radio. Tous les quinze jours, il compose une « dramatique » d'une heure trente lue sur les ondes. Il évoque la vie de personnalités célèbres comme Pierre Savorgnan de Brazza où Isabelle Eberhardt. Il travaille avec l'écrivain Henri Clouard, qui est professeur à l'école Lavoisier à Paris. Pierre Lafue assure également la représentation du ministère auprès des services de la Censure et de l'Information alors dirigés par Jean Giraudoux, et installés à l'hôtel Continental. C'est au ministère des Colonies qu'il rencontre Marguerite Donnadieu (Marguerite Duras) avec laquelle il va travailler.
Pierre Lafue accompagnera ensuite Georges Mandel durant les quelques semaines où celui-ci se voit confier le portefeuille du ministère de l'Intérieur, en mai-juin 1940. La démission de Paul Reynaud vient rapidement mettre un terme à ce qui fut leur ultime collaboration.
En 1943, Pierre Lafue obtient un congé sans traitement pour se consacrer à ses travaux littéraires et historiques. Il ne réintégrera pas l'Éducation nationale et prendra officiellement sa retraite en 1960.
Il décède accidentellement le 8 août 1975, près de Reims. En 1964, il avait épousé Yolande d'Argence, à l'origine de la Fondation Pierre Lafue, créée en 1976.
Si Pierre Lafue est connu du grand public, ce n'est pas tant par sa carrière professionnelle brièvement résumée, que par ses travaux journalistiques, historiques et littéraires, fort riches et fort divers. Ces travaux menés tout au long de sa vie y tiennent une place prépondérante.
Le journaliste.
C'est au lycée qu'il développe son goût pour l'histoire et l'écriture. Jeune étudiant puis jeune enseignant, il donne déjà des articles dans lePetit méridionaletLe Pays. Il se passionne pour les questions d'actualité et effectue plusieurs séjours à l'étranger, notamment en Pologne et en Allemagne. Sa collaboration auPetit méridionallui permet de rencontrer Gaston Doumergue qui y commentait, à l'époque, les évènements du jour. Pierre Lafue lui consacrera une biographie publiée chez Plon en 1933.
Les différentes versions manuscrites conservées de ses mémoires qui couvrent plus de quarante années de sa vie, recoupées avec la version publiée en 1978 sous le titrePris sur le vif, mettent en avant ses rencontres avec de nombreuses personnalités de premier plan, figures politiques et intellectuelles. Il est cependant extrêmement difficile, faute d'éléments précis et parfois contradictoires, de les replacer dans une chronologie exacte.
Pierre Lafue fait remonter son journal au début de l'année 1921, date à laquelle il envoie un article sur Marcel Proust à laGazette de Lausannedirigée par Maurice Muret. Non seulement cet article lui permet de rencontrer l'écrivain quelques semaines plus tard, mais il lui ouvre les portes de laRevue hebdomadairedirigée par François Le Grix. Celui-ci lui propose de tenir la rubrique des livres nouveaux et lui offre de publier, périodiquement, des articles d'actualité. Pierre Lafue effectue un reportage en Allemagne pour la revue. Il s'entretient avec Karl Sternheim, le père de l'expressionnisme allemand, et se joint, durant quelques jours, à un groupe de jeune allemands révoltés contre leurs aînés. Cette dernière expérience, la révolte des "Fils" contre les "Pères" le marquera durablement. En 1950 il publiera uneHistoire de l'Allemagne, preuve de son intérêt et de son attachement à ce pays. Plus tard, en 1922 ( ?), il se rend en Union soviétique et interview Lénine dans sa datcha, située à quelques dizaines de kilomètres de la capitale moscovite. Pierre Lafue écrira, en 1930, un ouvrage sur le père de la révolution russe sous le titreLénine ou le Mouvement.
Un article qu'il ne signe pas, publié dansLe Mercure de Francele 1er avril 1927, l'installe définitivement dans le petit monde littéraire. Sous le titre « L'Église et l'Intelligence », Pierre Lafue critique violemment l'Église catholique romaine. Soupçonné d'être l'auteur de ces quelques pages, Charles Maurras devra réagir à la une d'un numéro deL'Action Française.
À quelques temps de là, Pierre Lafue publie son premier roman,La France perdue et retrouvée. Il y relate l'histoire de l'un de ses camarades de lycée condamné et fusillé à la suite de son implication dans les mutineries qui secouèrent l'armée française au cours de l'année 1917. Ce roman est publié chez Plon dans la collection duRoseau d'Orlancée durant l'entredeux-guerres par des écrivains catholiques dont Henri Massis et Jacques Maritain.
En 1932, Pierre Lafue se rend à Heidelberg pour suivre des cours d'allemand dispensés à l'université durant les vacances ; il espère également pouvoir se rendre à Munich pour rencontrer Adolf Hitler qu'il souhaite interviewer. Cette dernière idée lui a, semble-t-il, été soufflée par Gaston Doumergue. Il réussit à l'approcher et, de retour en France, publie un article dans un quotidien du matin.
L'année suivante, Henri Massis lui propose de collaborer à un nouvel hebdomadaire de questions d'actualité qu'il va diriger et qui aura pour titre le millésime de l'année courante ; c'est ainsi que naît 1933 qui sera suivi de 1934. Pierre Lafue travaille avec Thierry Maulnier et Robert Brasillach autour du rédacteur en chef, Jacques-Napoléon Faure-Biguet. Il a pour tâche de traiter de tout ce qui concerne l'Allemagne, mais signe également des chroniques dans la rubrique des "échos". Pour la revue, il interview notamment Marcel Déat et Gaston Bergery. En février 1934, quelques jours après la manifestation antiparlementaire qui conduit à la démission de Daladier et à la nomination de Gaston Doumergue, nouveau président du Conseil, Pierre Lafue, sur les conseils de Massis, demande à Georges Mandel de lui communiquer des informations politiques pour alimenter 1934. Le député accepte et, dès lors, les deux hommes se voient régulièrement.
Au printemps, muni d'une lettre d'introduction de François Le Grix, nouveau propriétaire deL'Ami du Peuple, Pierre Lafue se rend à Rome pour rencontrer Mussolini. Il explique, dans ses mémoires, qu'il s'agissait d'une « mission » effectuée à la demande de Gaston Doumergue, inquiet d'un éventuel rapprochement de l'Italie et de l'Allemagne. Un mois plus tard, sur sa lancée, il se rend en Autriche pour s'entretenir avec le chevalier de Wiesner, chef des monarchistes autrichiens, et le chancelier Dollfuss. Il rentre en France plus que pessimiste sur l'avenir de l'Autriche ; l'histoire lui donnera raison.
Le romancier et l'historien.
Pierre Lafue met ses activités journalistiques entre parenthèses pour travailler avec Georges Mandel. Il publie toutefois un roman en 1939,Le Village aux trois ponts, dans lequel il retrace l'épopée de son village natal, Pont-de-Monvert, en Lozère, « récit à demi autobiographique, à demi légendaire ». L'armistice signé, il part pour Tulle, auprès de son frère aîné, Trésorier-Payeur général de la Corrèze. Quelques mois plus tard, Pierre Lafue est de retour à Paris. Il fréquente la brasserie Lipp et les cafés de Flore et des Deux-Magots où il côtoie Jean-Pierre Maxence, Ramon Fernandez, Léon-Paul Fargue, Jean Paulhan, François Mauriac. En mars 1941, il publie un roman chez Gallimard, La Plongée. L'année suivante ce sont deux ouvrages historiques,L'Assassinat du duc de GuisepuisLouis XVI, l'échec de la révolution royale, qui paraissent sous sa plume.
En 1943, il passe en zone libre, et se réfugie à Vichy où il retrouve Henri Massis qui dirigeLa Revue Universelledepuis la mort de Jacques Bainville. Pierre Lafue va s'occuper de la rubrique littéraire de la revue et suppléé à ce poste, Thierry Maulnier. Lui-même évoque, dans ses souvenirs, ses séances à l'annexe de la Bibliothèque nationale installée dans la ville thermale. L'écrivain sort un nouveau roman,L 'Arbre qui avait pris feu, puis à nouveau deux biographies historiques respectivement consacrées à Pierre-Marie Desmarest, chef de la police secrète de Napoléon 1er , et à Louis XVIII.
Après la guerre, de retour à Paris, il poursuit ses travaux littéraires et journalistiques. L'on signalera sa tétralogie,Patrice ou l'Été du siècle, dont les volumes seront publiés entre 1945 et 1947. En parallèle, il reprend la publication d'articles d'actualité qu'il fournit, notamment, au service de documentation économique de l'Agence de presse. Il donne également des articles pour des revues de vulgarisation historique telles queMiroir de l'histoire et Historia. Pour la radio, il adapte des feuilletons historiques et écrit en collaboration avec André Lang et Henri Clouard des pièces dont la trame est également historique. Une liste exhaustive des ouvrages qu'il a publiés entre 1925 et 1967 est présentée pages 10 et 11 de cet inventaire.
Jouissant d'une notoriété certaine dans les milieux littéraires du XXe siècle, Pierre Lafue est aujourd'hui quelque peu tombé dans l'oubli. Pour cette raison, la mise à disposition de ses archives devrait permettre la redécouverte d'une œuvre, mais également d'un homme à multiples facettes, énigmatique à bien des égards, qui vécu et se passionna pour son temps.

Informations sur l'acquisition :

Don de Madame Pierre Lafue, février 2006.
Historique de conservation :
Un premier travail de traitement du fonds avant son entrée aux Archives nationales, a été effectué par Monsieur Michel Portal, voisin et ami de Madame Lafue.
Ce travail, assez précis, est présenté dans une étude intitulée « Pierre Lafue, Homme de lettres, présentation de ses archives ». Élaboré à l'automne 2005, ce document de 42 pages, ne consiste pas en une description des documents selon des normes archivistiques. Il est illustré et présente les archives selon un plan de classement idéal, mêlant documents conservés et travaux publiés par l'écrivain. L'étude proposée, totalement centrée sur l'œuvre de Pierre Lafue, détaillait les travaux en signalant la présence ou l'absence d'archives les concernant. La correspondance familiale avait été classée de façon chronologique, indépendamment des auteurs et des destinataires réels des lettres, ce qui est contraire aux usages archivistiques pratiqués.
Enfin, les lettres se présentaient conditionnées dans des pochettes plastiques à l'intérieur de classeurs numérotés, tandis que les documents et les manuscrits étaient conservés dans des boîtes numérotées à la suite.
Pour toutes les raisons évoquées ci-dessus, il a été décidé, en 2007, de reprendre quelque peu le travail de classement plus documentaire qu'archivistique effectué par Michel Portal, sans grands bouleversements toutefois car il avait été remarquablement réalisé. Un plan de classement a été élaboré et seuls les documents conservés ont été décrits. Les classeurs et les pochettes ont été abandonnés au profit de chemises en papier permanent, protégeant ainsi doublement les documents puisque ces chemises permettent également une manipulation moins « risquée ».

Description :

Mise en forme :
Le schéma de classement des archives de Pierre Lafue est classique, une distinction ayant été opérée entre les papiers personnels et les documents le concernant (653 AP 1 à 6), les épaves de papiers concernant son travail avec Georges Mandel (653 AP 7) et enfin, les documents ayant trait à son activité littéraire et journalistique (653 AP 8 à 41).
Les documents qui composent la première partie du fonds sont, pour l'essentiel, de nature très privée. Il s'agit de correspondance familiale, amicale, de correspondance domestique ou bien liée à des activités associatives. Ils concernent l'homme plutôt que l'œuvre.
Les documents de nature à résumer et balayer rapidement la carrière de Pierre Lafue ont été réunis sous la cote 653 AP 1. Il s'agit essentiellement de curriculum vitæ, de nécrologies et de bibliographies. Quelques documents ont été rassemblés pour former un dossier spécifique sous le titre « Pierre Lafue, postérité intellectuelle » (653 AP 1, dossier 4). Ces papiers sont, à l'exception d'un article d'Henri Clouard publié en 1953, postérieurs au décès de Pierre Lafue. Ils ne peuvent pas être considérés comme partie des papiers personnels de Pierre Lafue, mais leur provenance n'est pas connue et, compte tenu de leur teneur, il a été décidé de les classer ici.
Les diplômes, les dix photographies de Pierre Lafue, seul ou en compagnie, ainsi que les lettres liées à l'octroi de distinctions honorifiques ont été associés pour former la cote 653 AP 2. La cote suivante (653 AP 3) est constituée des quelques documents, essentiellement administratifs, relatifs à la carrière de professeur de Pierre Lafue. L'on y a adjoint les deux pièces qui témoignent des velléités politiques de l'écrivain, candidat aux élections législatives de 1932 en Lozère, ainsi que quelques pièces très diverses, qualifiées de papiers domestiques et documents isolés. Les documents se rapportant aux activités associatives de Pierre Lafue consistent essentiellement en cartes de membre adhérent ou bien en lettres reçues (653 AP 4). Certaines associations ont un caractère professionnel, telle la Confédération générale du travail, la Société des gens de lettres ou le Syndicat des écrivains, d'autres se rapportent plutôt aux centres d'intérêt de l'écrivain. Parmi les associations dont Pierre Lafue était membre, signalonsLa Fleur de l'âge, créée après la seconde guerre mondiale et qui réunissait, autour de repas, une quarantaine de membres au nombre desquels Francis Ambrière, André Lang, Maurice Garçon, Louis Joxe, Louis Jouvet et Jean Marin.
La correspondance familiale est malheureusement peu abondante (653 AP 5). Son étude ne permet pas la réalisation d'un tableau généalogique fiable, c'est dommage. Ont été classées ici les quelques cartes postales qui auraient été écrites par Pierre Lafue à ses proches. En effet, et fort logiquement, les lettres conservées dans le fonds sont des lettres reçues par Pierre Lafue. À la suite de la correspondance familiale a été classée la correspondance amicale, sans lien avec sa carrière littéraire (653 AP 6). Il s'agit essentiellement de correspondance de jeunesse et l'on note, parmi les lettres reçues, un certain nombre de lettres d'amoureuses.
Les quelques pièces se rapportant à la période durant laquelle Pierre Lafue a travaillé à plusieurs reprises avec Georges Mandel, entre 1934 et 1940, ont été classées sous la cote 653 AP 7. À l'exception des notes résumant l'action de Georges Mandel à la tête du ministère des Postes, télégraphes et téléphones, les documents conservés ne sont pas signifiants.
La troisième et dernière partie des papiers de Pierre Lafue est la plus riche (653 AP 8 à 41). Elle concerne son œuvre d'écrivain et de journaliste et est principalement composée de correspondance et de manuscrits dont certains sont inédits.
Pierre Lafue a reçu beaucoup de lettres, d'amis admirateurs de l'écrivain, de confrères dont certains sont devenus des amis, de collaborateurs, de lecteurs. Déjà classée alphabétiquement par Michel Portal, il était naturel de laisser cette correspondance telle quelle. Les dates extrêmes des lettres ont toutefois été rajoutées. Au total, ce sont plus de 500 lettres, cartes et cartes postales qui sont réparties dans deux cartons sous les cotes 653 AP 8 et 9. Parmi les correspondants les plus féconds, se détachent Francis Ambrière (24 envois dont 3 lettres écrites au crayon d'un camp de prisonniers en Allemagne en 1941), Henri Clouard et André Lang, avec lesquels il collabore à l'écriture de romans et de pièces à caractère historique (72 lettres et cartes postales adressées par le premier, 34 par le second), Gaston Doumergue dont il publiera une biographie en 1933 (9 lettres), Arthur Fleischer, étudiant polonais, rencontré en 1917 (38 lettres) et Henri Massis enfin (19 lettres).
La correspondance émanant des éditeurs, directeurs de journaux, responsables de la Radiodiffusion française ou encore de l'Office cinématographique français a été classée à la suite (653 AP 10). Le terme correspondance englobe les lettres reçues par Pierre Lafue, mais également les contrats signés, les relevés de droits d'auteur et les déclarations de droits versés au fisc. Ces documents ont été classés par éditeur.
Un ensemble considérable de textes manuscrits, dactylogrammes, tapuscrits a été conservé. Pour plus de clarté il a été décidé d'établir une distinction entre les manuscrits renvoyant à une œuvre publiée (653 AP 11 à 23), les feuilletons destinés à être publiés ou lus à la radio, les pièces et œuvres adaptées pour la radiodiffusion, les causeries radiophoniques, les documentaires et adaptations pour la télévision (653 AP 24 à 27) et l'œuvre inédite (653 AP 28 à 36).
C'est ainsi que les notes et manuscrits à caractère autobiographique ont été réunis dans une partie spécifique classée dans l'œuvre publiée. En effet ces documents ont un lien très étroit avec l'ouvrage posthume,Pris sur le vif, édité en 1978 (653 AP 11 à 15). Pierre Lafue a rédigé différentes versions de ses souvenirs qui ont abouti à une publication. Ces versions sont inédites puisque très différentes les unes des autres, mais leur place ici se justifie pour les raisons indiquées. Les cotes suivantes rassemblent des notes, des manuscrits, des épreuves, et des comptes rendus d'ouvrages à caractère historique (653 AP 17 à 20). Des dossiers ont été créés, par ouvrage, présentés dans l'ordre chronologique de leur date de publication. Il en a été fait de même s'agissant de l'œuvre romanesque (653 AP 21 et 22). Les cotes suivantes rassemblent les contes et nouvelles publiées dans des journaux et revues (653 AP 23), les feuilletons dont il a été impossible de déterminer s'ils avaient été publiés ou lus à la radio (653 AP 24), les pièces et œuvres adaptées pour la radiodiffusion (653 AP 25), les textes de ses causeries radiophoniques (653 AP 26), et des documents relatifs à des œuvres proposées pour la télévision (653 AP 27).
Pierre Lafue a publié de nombreux ouvrages, mais en a également laissé bon nombre dans ses cartons. Toutes les œuvres inédites, essais, romans, nouvelles, ouvrages historiques, pièces de théâtre et même quelques poésies, sont conservées sous les cotes 653 AP 28 à 36. Leur classement est typologique. Certains de ces travaux sont à mettre en relation avec les lettres reçues de certains éditeurs (653 AP 10). Il est possible que quelques uns de ces textes aient été publiés sous un autre titre, sous une autre forme peut-être. Seul un travail d'investigation très poussé permettrait de le démontrer.
L'écrivain a, au cours de sa longue carrière, travaillé à plusieurs reprises en collaboration avec André Lang (653 AP 37) auteur dramatique et scénariste, et Henri Clouard (653 AP 38), avec qui il publieLe Baiser de la Reineen 1955. Plusieurs tapuscrits sont conservés sous ces deux cotes ; il s'agit de romans et pièces de théâtre à caractère historique, certains des textes seraient inédits.
L'activité de journaliste de Pierre Lafue n'est pas facile à cerner. Michel Portal a réussi a identifier certains articles publiés grâce à la correspondance conservée dans le fonds. Si les manuscrits des mémoires de Pierre Lafue sont précieux pour la connaissance de certains articles clés, ils n'aident cependant pas à leur datation et il est, dès lors, bien difficile de les retrouver. Tous les documents qui se rapportent à cette activité, articles compris, sont réunis sous la cote 653 AP 39.
Bien souvent incontournables dans les fonds d'érudits, figurent également dans les papiers de Pierre Lafue, des documents manuscrits non identifiés (653 AP 40) et, ce qu'il est convenu d'appeler de la documentation (653 AP 41). Cette dernière a été décrite précisément. En revanche, les documents non identifiés devront faire l'objet d'études approfondies.
La reprise du travail de classement des papiers de Pierre Lafue a permis de mettre en évidence des papiers qui n'appartiennent pas à l'écrivain, à savoir quelques lettres adressées à Yolande d'Argence Lafue (653 AP 42), certaines postérieures à la mort de son époux, ainsi que des papiers appartenant à André Lang, ami de Pierre Lafue (653 AP 43). L'inventaire réalisé par Michel Portal, ainsi que la documentation par lui rassemblée ont été classés en fin d'inventaire (653 AP 44), afin que les chercheurs puissent disposer de ces matériaux.

Description physique :

3, 30 mètres linéaires (33 cartons).

Ressources complémentaires :

Archives Nationales, Pierrefitte-sur-Seine :
Sous-Série AJ 16. Archives de l'académie de Paris
- AJ16 6041. Dossier de Pierre Lafue, professeur d'allemand.
Série AP. Archives privées
- 454 AP 231. Dossier de Pierre Lafue, membre de la Société des Gens de Lettres.
Sous-série F 17
- F17 27731. Dossier de professeur d'allemand au collège Jean-Baptiste Say en 1930, retraité le 18 septembre 1960.
Archives départementales de la Lozère, Mende :
Sous-Série 4 E. État civil
- 4 E 116, article 18. Naissances, mariages et décès, commune de Pont-de-Monvert.
Site internet :
Site internet de la Fondation Pierre Lafue :www.fondationpierrelafue.org/

Références bibliographiques :

I. Écrits de Pierre Lafue.
Cette bibliographie n'est pas exhaustive dans la mesure où elle ne présente que quelques articles publiés par Pierre Lafue, tirés à part signalés dans le catalogue de la Bibliothèque nationale de France. Toutefois, les articles signés par Pierre Lafue ont été, pour la plupart d'entre eux, répertoriés par Michel Portal sur une liste qui figure, en annexe, de cet instrument de recherche.
1. Travaux publiés seul.
L'Oubli du "concept" de littérature, extrait deLa Revue universelle, numéro du 1er octobre 1924, p. 103-112.
Dialogue de deux générations sur Anatole France..., extrait deLa Revue hebdomadaire, numéro du 27 décembre 1924, p. 470-483.
L'Art et la vie (suite à la Querelle du roman), extrait deLa Revue hebdomadaire, numéro du 26 décembre 1925, p. 476-488.
La Restauration de l'empire bismarckien, Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1925, 111 p.
La France perdue et retrouvée, Paris, Librairie Plon, 1927, 223 p.
Les "Festspiele" wagnériens, extrait deLa Revue hebdomadaire, numéro du 29 décembre 1928, p. 598-609.
Kurt et Grete. Allemagne1929, Paris, Éditions Prométhée, 1930, XVII-123 p.
Lénine ou le Mouvement, Paris, Éditions Prométhée, 1930, 219 p.
Gaston Doumergue. Sa vie et son destin, Paris, Librairie Plon, 1933, 195 p.
La Voleuse, Paris, Les éditions de France, 1938, 211 p.
La Vie privée de Frédéric II, Paris, Hachette, 1939, 252 p.
Le Village aux trois ponts, Paris, Les éditions de France, 1939, 202 p.
La Plongée, Paris, Gallimard, 1941, 254 p.
L'Assassinat du duc de Guise, Paris, Éditions Colbert, 1942, 245 p.
Louis XVI, l'échec de la révolution royale, [Paris], Hachette, 1942, 296 p.
L'Arbre qui avait pris feu, [Paris], Gallimard, 1943, 271 p.
Desmarest, policier de l'Empereur, Paris, Éditions Colbert, 1943, 246 p.
Louis XVIII, Paris, Les Éditions de France, 1944, 311 p.
Patrice ou l'Été du siècle. I. Le Sacrilège, Paris, Gallimard, 1945, 271 p.
Patrice ou l'Été du siècle. II. La Mort de Metzger, Paris, Gallimard, 1946, 285 p.
Le Père Joseph, capucin et diplomate, Paris, Hachette, 1946, 256 p.
Patrice ou l'Été du siècle. III. La Saison des mimes, Paris, Gallimard, 1947, 243 p.
Patrice ou l'Été du siècle. IV. Fumées sur la ville, Paris, Gallimard, 1947, 237 p.
Sainte Thérèse d'Avila et la Vocation de l'Espagne, Paris, Les Éditions de la Nouvelle France, 1947, 274 p.
Henri III et son secret, Paris, Hachette, 1949, 299 p.
Histoire de l'Allemagne, Paris, Flammarion, 1950, 590 p.
Louis XV, la victoire de l'unité monarchique, Paris, Hachette, 1952, 317 p.
Histoire du peuple françaissous la direction de Louis-Henri Parias.III, De la Régence aux Trois Révolutions, Paris, F. Sant'Andrea, 1953, 381 p.
Marie-Thérèse, impératrice et Reine, 1717-1780, Paris, Flammarion, 1956, 253 p.
Rohan contre le Roi, [Paris], Le Livre contemporain, 1959, 254 p.
L'Assassinat du duc de Guise, Paris, Bibliothèque mondiale, [1960], 210 p.
L'Assassinat du duc de Guise, Paris, Club de la femme, 1962, 255 p.
La Vie quotidienne des cours allemandes au XVIIIe siècle, Paris, Hachette, 1963, 222 p.
La Tragédie de Marie-Antoinette : les complots pour sa délivrance, Paris, Del Duca, 1965, 276 p.
Le Prêtre ancien et les Commencements du nouveau prêtre, de la Contre-Réforme à l'aggiornamento, [Paris], Plon, 1967, 349 p.
Pris sur le vif, Paris, Del Duca, 1978, 271 p.
2. Travaux en collaboration.
Découverte de la Russiepar Henri Massis et Pierre Lafue, Lyon, Lardanchet, 1944, 278 p.
Le Baiser de la Reinepar Henri Clouard et Pierre Lafue, Paris, Jules Tallandier, 1955, 254 p.
II. Ouvrages évoquant la personnalité de Pierre Lafue.
ARGENCE LAFUE (Yolande d'),La Maledetta, Fondation Don Bosco, Nice, 1982, 236 p.

Localisation physique :

Pierrefitte

Mises à jour :

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