Inventaire d'archives : Maison de l'Histoire de France

Institution de conservation :

Archives nationales

Contenu :

Le fonds d'archives de la Maison de l'histoire de France contient des dossiers de plusieurs origines, qui sont autant de reflets de la gestation de l'établissement : les papiers des promoteurs du projet, Hervé Lemoine et Charles Personnaz, à partir de 2007 ; les dossiers constitués par la mission de préfiguration de la Maison de l'histoire de France, née au début de l'année 2009 à la suite de l'annonce présidentielle ; les fonds de l'association de préfiguration créée en mars 2010 dans la continuité de cette mission ; et enfin ceux de l'établissement public qui succéda à l'association, reprenant ses actifs et ses personnels à partir du 1er janvier 2012, avant d'être officiellement dissous par décret du 24 décembre 2012. Ces coupures, claires sur le plan institutionnel, ne le sont pas toujours autant dans le contenu des dossiers, ceux-ci ayant souvent été portés par les mêmes personnes, sans solution de continuité, du début jusqu'à la fin du projet.
Les fonds conservés, qu'ils soient sous forme papier ou numérique, permettent de retracer la plupart des aspects de l'histoire du projet, depuis ses premiers pas au ministère de la Défense jusqu'à sa disparition. Le classement distingue la période de préfiguration (rédaction des rapports préparatoires, études des sites d'implantation) ; les dossiers généraux relatifs à la mise en place et au fonctionnement des structures porteuses du projet (association de préfiguration, comité d'orientation scientifique, établissement public) ; les affaires administratives et financières ; les dossiers relatifs à l'implantation sur le quadrilatère Rohan-Soubise, aux côtés des Archives nationales ; et enfin les différentes facettes de l'activité de la Maison avant sa dissolution : communication, activité numérique, réseaux et partenariats, expositions, politique des publics.

Identifiant de l'unité documentaire :

20130555/1-20130555/65

Identifiant de l'inventaire d'archives :

FRAN_IR_050621

Publication :

Archives nationales
2013
Pierrefitte-sur-Seine

Informations sur le producteur :

Maison de l'Histoire de France
Élu président de la République au printemps 2007, Nicolas Sarkozy demanda, dans la lettre de mission qu'il adressa à Christine Albanel, nouveau ministre de la Culture et de la communication, d'étudier le « projet de créer un centre de recherches et de collections permanentes dédié à l'histoire civile et militaire de la France ». Le 20 novembre suivant, le ministre de la Culture et de la communication et le ministre de la Défense demandèrent conjointement à Hervé Lemoine, alors conservateur du patrimoine à la direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du ministère de la Défense, de proposer pour ce centre des solutions concrètes. Hervé Lemoine remit son rapport en avril 2008. En janvier 2009, lors de ses vœux au monde de la culture, le président de la République annonça la création de ce centre, et Jean-Pierre Rioux, le mois suivant, fut chargé d'étudier les sites susceptibles de l'accueillir, en prenant en compte différents critères. Cinq furent reconnus comme capables d'abriter la nouvelle institution : les Invalides, le palais de Chaillot, le château de Vincennes, le château de Fontainebleau, le Grand Palais. Remplaçant Christine Albanel à la tête du ministère en juin 2009, Frédéric Mitterrand reprit à son compte le projet, fit examiner d'autres sites et confia à Jean-François Hebert, président de l'établissement public du château de Fontainebleau, la rédaction d'un nouveau rapport. Celui-ci fut remis en avril 2010 ; il évoquait la possibilité d'un site bâti sur les anciennes friches industrielles de l'île Seguin, à Boulogne-Billancourt, et proposait d'associer au futur établissement public neuf musées d'art et d'histoire dépendant du ministère de la Culture et de la Communication. ex nihilo
Le 12 septembre 2010, lorsque le président de la République annonça dans un discours prononcé au musée national de la Préhistoire des Eyzies-de-Tayac, en Dordogne, le choix du quadrilatère des hôtels de Rohan et Soubise comme lieu d'implantation de la Maison. Ce choix se justifiait à la fois par des motifs financiers, puisqu'il ne nécessitait pas de constructions neuves, et par des raisons intellectuelles, la Maison de l'histoire de France se trouvant ainsi située aux côtés de l'établissement chargé d'en conserver les sources principales. Dans l'immédiat, cette décision eut deux conséquences : l'activation de l'association de préfiguration de la Maison de l'histoire de France, créée quelques mois auparavant, placée sous la présidence de Jean-François Hebert et déjà installée aux côtés des Archives nationales ; et le déclenchement d'un ensemble de polémiques, le plus souvent par voie de presse, qui se focalisèrent sur trois thèmes. Le premier tenait à la remise en cause de l'initiative politique dans le domaine de l'histoire de France : des articles récusaient ce qui était considéré comme une intrusion du Chef de l'État dans un domaine ne lui appartenant pas, et regardaient le projet comme l'expression d'une idéologie avec laquelle les auteurs de ces papiers se trouvaient en désaccord. Le second portait sur le choix du lieu, et invoquait le fait que le déménagement des Archives nationales, programmé depuis 2004, ne laissait pas à la Maison de l'histoire de France la place suffisante pour s'installer ; cet argument fut particulièrement développé par une partie des cadres et des représentants syndicaux des Archives nationales. Le troisième, enfin, portait sur la légitimité et le fonctionnement d'un musée d'histoire : celui-ci ne risquait-il pas d'être instrumentalisé par le pouvoir politique ? Comment le caractère figé d'une salle d'exposition pouvait-il rendre compte de l'évolution incessante de la recherche historique ? Quelles collections présenter dans ce musée ? Le cadre national était-il encore, au début du XXIe siècle, un cadre pertinent ? Des organes de presse, en ligne ou sur papier, des réunions publiques, quelques banderoles à l'entrée des Archives nationales entretinrent cette polémique, qui connut ses heures les plus intenses entre la fin de l'automne 2010 et le printemps 2011.
Entre temps, le ministre de la Culture avait décidé de placer la Maison de l'histoire de France sous les auspices d'un Comité d'orientation scientifique. Après des consultations étendues, ce Comité fut installé, sous la présidence d'honneur de Jean Favier et sous la présidence de Jean-Pierre Rioux, le 13 janvier 2011. Il comptait vingt membres, représentatifs de « l'ensemble des champs et des disciplines de l'histoire », et auxquels le ministre confia, dans son discours, « l'élaboration et la définition même du cœur du projet ».
Aussitôt réuni, le Comité mit au point un calendrier de rencontres régulières, tandis que s'organisait l'association de préfiguration de la Maison de l'histoire de France (APMHF). Présidée par Jean-François Hebert et dirigée par Charles Personnaz, l'Association comptait au 1er janvier 2011 quatre personnels, dont un conservateur du patrimoine et un chargé de mission pour les expositions. Elle s'enrichit au fil du temps de différents chargés de missions, pour le portail numérique, le réseau des correspondants de la Maison, l'aménagement des futurs espaces, la politique des publics, la communication, les questions administratives et financières.
Lors de sa séance du 3 mars 2011, le Comité décida de rédiger et de diffuser à la fin du 1er semestre 2011 un , étape préalable à la rédaction du projet définitif, dont la remise était annoncée au début de l'année 2012. En recevant ce texte au cours d'une conférence de presse tenue le 16 juin 2011, le ministre de la Culture et de la communication émit le vœu qu'il fasse l'objet d'une large concertation. Aussi fut-il largement diffusé, par une mise en ligne, par un envoi nominatif à un large échantillon de personnalités qualifiées du monde culturel et scientifique, et enfin par l'organisation de rencontres locales : sept rencontres régionales furent programmées entre septembre et novembre 2011, dans les villes de Lyon, Paris, Marseille, Toulouse, Rennes, Lille et Strasbourg. D'autres rencontres similaires eurent lieu, en fonction des demandes : auprès des directeurs d'archives départementales, auprès des correspondants en DRAC des villes et pays d'art et d'histoire, lors des rendez-vous de l'histoire de Blois et de différents salons et rencontres d'historiens (Verdun, Versailles, Brive...) etc. Avant-projet
Outres ces présentations, l'Association travailla dès sa création à préparer les structures juridiques et financières de l'établissement public destiné à la remplacer, et à mettre en œuvre les différentes facettes du projet : réseau des lieux d'histoire et de mémoire, volet numérique, galerie permanente de l'histoire de France, expositions... L' de la Maison de l'histoire de France prévoyait dans les futurs espaces parisiens de la Maison un espace de présentation permanente, montrant l'histoire de France des origines à nos jours, et des espaces dédiés à des expositions temporaires de questions d'histoire. Une première exposition temporaire avait été annoncée par le président de la République lors de son discours de septembre 2010. Ayant repris ce projet à son compte dès ses premières réunions, le Comité d'orientation scientifique réfléchit à une exposition de préfiguration qu'il prévoyait d'organiser dans le courant de l'année 2013. Pour marquer l'ouverture de la Maison, cependant, il fut décidé d'organiser une exposition-événement, susceptible d'attirer tous les publics et de faire connaître le projet naissant. Dans son discours prononcé au Puy-en-Velay, le 3 avril 2011, le Président de la République annonça cette exposition, précisant qu'elle porterait sur la collection des plans-reliefs des villes frontières. Un partenariat fut rapidement noué entre l'association, la RMN-Grand Palais et le musée des Plans-reliefs. Chacun des partenaires y vit son intérêt, et le public plébiscita l'événement, puisque 140 000 visiteurs se pressèrent sous la nef du Grand Palais entre le 18 janvier et le 17 février 2012. Avant-projet
Au même moment, la Maison de l'histoire de France était devenue, par décret du 22 décembre 2011, « établissement public ». Maryvonne de Saint-Pulgent fut nommée à sa tête, succédant ainsi à Jean-François Hebert pour conduire le projet. Enrichi des réactions reçues à l' , le du Comité d'orientation scientifique fut rendu public en janvier 2012, et largement diffusé. Alors que les polémiques faiblissaient, qu'un accord de répartition des lieux était en cours avec les Archives nationales et que les premières réalisations concrètes en vue de l'aménagement du quadrilatère Rohan-Soubise s'annonçaient, la Maison fut prise dans le calendrier électoral. Les projets furent mis en sommeil au printemps 2012, et Aurélie Filipetti, ministre de la Culture, en annonça la suppression le 24 août 2012. L'établissement fut dissous par décret du 24 décembre 2012, et les quatorze personnels de la Maison reclassés dans différents services du ministère. Avant-projetProjet

Informations sur l'acquisition :

Versement à la Mission des archives du Ministère de la Culture et de la Communication sous le numéro 12V0417.

Conditions d'accès :

Ce fonds est librement communicable à l'exception des dossiers concernant le personnel (articles 21 et 31 à 37) qui sont communicables à 50 ans à compter du document le plus récent.

Conditions d'utilisation :

Selon règlement de la salle de lecture

Description physique :

Importance matérielle :
21 cartons d'archives de type « dimab », soit 7 m.l.

Ressources complémentaires :

Fonds d'Hilaire Multon, conseiller auprès de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la communication, chargé du patrimoine, des musées, des archives, de l'histoire de l'art et de la mémoire, versé à la mission des archives du ministère sous le n° 12V0125.

Références bibliographiques :

Hervé Lemoine, « La Maison de l'histoire de France. Pour la création d'un centre de recherches et de collections permanentes dédiées à l'histoire civile et militaire de la France », 2008, 93 p. dactyl.
Jean-Pierre Rioux, « Sites susceptibles d'accueillir un musée de l'histoire de France », mai 2009, 96 p. dactyl.
Jean-François Hebert, « Éléments de décision pour la Maison de l'histoire de France », avril 2010, 85 p. dactyl.
, Paris, Ministère de la Culture et de la Communication, 2011, 71 p. Avant-projet pour la Maison de l'histoire de France
Jean-Pierre Babelon, Isabelle Backouche, Vincent Duclert, Ariane James-Sarazin, Paris, Armand Colin, 2011, 192 p. Quel musée d'histoire pour la France ?
, Paris, Maison de l'histoire de France, 2012, 52 p. Projet pour la Maison de l'histoire de France
Isabelle Backouche et Vincent Duclert, , Paris, fondation Jean-Jaurès, 2012, 282 p. Maison de l'histoire de France. Enquête critique
Emmanuel Pénicaut et Gennaro Toscano (éd.), , Actes du colloque des 18 et 19 juin 2009, Paris, La Documentation française, 2012. Lieux de mémoire, musées d'histoire
Charles Personnaz et Emmanuel Pénicaut, , Paris, La Documentation française, 2013. La Maison de l'histoire de France. Autopsie d'un échec

Localisation physique :

Pierrefitte-sur-Seine

Organisme responsable de l'accès intellectuel :

Archives Nationales