Événement : Les archives de Robert Delavignette entrent aux Archives départementales de la Côte-d'Or

Dans le cadre de la Grance Collecte 2016 dédiée aux relations entre l'Afrique et la France aux XIXe et XXe siècles, les Archives départementales de la Côte-d'Or se sont vu remettre des papiers personnels et professionnels de Robert Delavignette (1897-1976), une des figures majeures de la politique coloniale française des années 30 à la fin de l'Empire.

 

Administrateur des colonies aux lendemains de la première guerre mondiale en Afrique occidentale française (AOF), Robert Delavignette est appelé dès 1931 à des fonctions politiques : responsable de l'Agence économique de l'AOF, il est nommé par le Front populaire chef de cabinet adjoint du ministre de la France d'outre-mer Marius Moutet, puis directeur de l'École Nationale de la France d'outre-mer (ENFOM). Haut commissaire au Cameroun en 1946, il devient l'année suivante directeur des Affaires politiques au ministère de la France d'outre-mer, mais, en désaccord avec la politique française en Indochine, il quitte ses fonctions et enseigne à l'ENFOM. Pendant la guerre d'Algérie, nommé par Guy Mollet membre de la Commission permanente de sauvegarde des droits et libertés individuelles, il dénonce l'usage de la torture et démissionne après la disparition de Maurice Audin. Retraité de l'ENFOM en1962, il meurt en 1976.

 

Parallèlement à ces activités politiques, Robert Delavignette a produit une importante oeuvre littéraire, d'un ton très personnel, sur les finalités de la colonisation et de la décolonisation.

 

Désormais accessibles au grand public et aux chercheurs grâce à la générosité de la donatrice, les documents s'articulent autour des différentes fonctions de Robert Delavignette et se révèlent une source essentielle de l'histoire de la colonisation française au XXe siècle et de la fin de l'Empire. Ils peuvent être complétés par les fonds Robert Delavignette et École nationale de la France d'outre-mer conservés aux Archives nationales d'outre-mer. On trouve également la trace, au Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, d'une correspondance de Robert Delavignette, et de documents concernant son passage à la tête de l'ENFOM.