Archives et "blousons noirs"

Henry Winkler (Fonzie) et Ron Howard (Richie) dans une scène de la série

La diffusion du documentaire Les Blousons noirs. Les Rebelles sans cause, d'Alexia Sauvageon et Christophe Weber (2015, 60 mn) fournit l'occasion de revenir sur la trace laissée dans les archives par ce phénomène qui connut son apogée en France entre 1958 et 1961 (le célèbre règlement de compte du Square Saint-Lambert, dans le XVe arrondissement de Paris, entre deux bandes rivales à coups de poings américains et de chaînes de vélo, date de l'été 1959) et dont les codes, en particulier vestimentaires, ont été largement repris dans les années 60.

Essentiellement parisiens, ces documents révèlent l'évolution du regard porté sur ce phénomène. L'approche des pouvoirs publics est tout d'abord répressive, au même titre que la lutte contre le banditisme ou les mouvements autonomistes. Un parlementaire propose même l'incorporation immédiate des jeunes "blousons noirs" sursitaires. Preuve de la trace et des fantasmes laissés par ces bandes dans les mémoires, on évoque encore les "blousons noirs" en mai 1968, à l'occasion de violentes bagarres entre Katangais et service d'ordre étudiant, et leur pendant bourgeois, les "blousons dorés".

 

Quelques années plus tard, alors que la série Happy Days réhabilite les blousons noirs et que Danny Zuko séduit Sandy Olsson, la Mission patrimoine ethnologique du ministère de la Culture s'empare du phénomène. Et voilà les rebelles d'antan transformés en objet d'étude, au même titre que la pratique du fifre en Bazadais ou que le boeuf d'attelage dans les Vosges...