Événement : CANNES OCCUPEE 1942-1944

Exposition présentée, du 3 octobre 2017 au 26 juin 2018, par les Archives municipales de Cannes

L’exposition CANNES OCCUPEE 1942-1944 rappelle les années noires de l’occupation par les troupes italiennes, puis son remplacement par l’armée allemande, accompagnée de la redoutable Gestapo. Les vols et déprédations sur les propriétés, les incessantes réquisitions, les privations quotidiennes, les restrictions sur les déplacements et l’énergie, les humiliations sont endurés par la population cannoise avec amertume et rage.

La résistance s’organise dans l’ombre, mais elle est durement réprimée dès qu’elle est repérée par l’ennemi. Le marché noir s’installe, avec ses profiteurs et le rationnement prive les plus fragiles d’une alimentation décente. Les alertes aux bombardements se succèdent, et malgré les efforts de la Défense passive, les dégâts humains et matériels furent sérieux dans les quartiers littoraux et stratégiques de la commune. Les tracts circulent malgré les contrôles et les rares postes de TSF cachés diffusent les messages de l’étranger. Miliciens, légionnaires célèbrent au grand jour leur foi dans la gestion du Maréchal Pétain, dont l’épouse séjourne dans une villa proche de Cannes, à Villeneuve-Loubet. Ils se vengent des bombardements des Alliés en vandalisant des statues, par exemple le monument à Edouard VII qui trône sur la Croisette.

La mairie pactise avec les représentants de l’occupant sous peine de tout perdre et le journal officiel est publié en allemand. La presse est mise au pas. L’instauration du service du travail obligatoire, notamment pour la construction du mur de défense en façade littorale, va pousser beaucoup d’hommes à disparaître et à prendre le maquis. Révocations de fonctionnaires, arrestations visant tous les opposants, sont suivies d’interrogatoires musclés, de déportations, d’exécutions sommaires, d’enfermements dans des caves de villas réquisitionnées, puis d’un massacre au moment où l’ennemi sent la victoire lui échapper. La peur change enfin de camp avec le débarquement en Provence et l’opération Anvil, devenue Dragoon.

Cette période de l’histoire de Cannes est retracée à travers les archives publiques et privées des Cannois, avec le concours du Musée de la Résistance, de l’INA et de Gaumont-Pathé.