Contenu éditorial simple : Enluminure en Languedoc (IXe-XVIe siècle)

Une publication des Archives départementales de l’Aude, 2015, 167 pages

 

La décoration des manuscrits est un phénomène essentiellement médiéval. Apparue dans l’Antiquité tardive, l’enluminure est progressivement aban­donnée avec le développement de l’imprimerie.

Au Moyen Âge, le livre n’a pas uniquement une fonction d’usage, mais il a aussi une forte signification symbolique. La Bible et tous les ouvrages qui ont été élaborés à partir de celle-ci à des fins liturgiques transmettent la parole divine et portent témoignage de la promesse du Salut ; ils font donc l’objet de soins attentifs. Cependant, si ces manuscrits sont restés tout au long de la période mé­diévale les ouvrages les plus fréquemment illustrés, ils ne sont pas les seuls. La production des ateliers de copistes n'a cessé de se diversifier : livres de droit (civil ou canon), œuvres de philosophes, d’historiens ou de poètes antiques, traités de chasse, romans, etc.

Les enluminures figurant dans tous ces ouvrages constituent pour l’histo­rien une source irremplaçable pour la connaissance de la période médiévale. Elles doivent toutefois être exploitées avec prudence et ne sauraient être toujours prises au pied de la lettre : elles prennent tout leur sens au niveau de la symbolique (signification des gestes, sens des couleurs, etc.). La valeur documentaire de ces images s’affirme beaucoup plus nettement à partir du XIIIe siècle. Cette évolution corres­pond sans doute à la place de plus en plus importante prise par le mécénat laïque dans la production des manuscrits. Désormais, à côté des ateliers monastiques ou cathédraux, apparaissent des ateliers de professionnels établis au voisinage de riches mécènes. C’est l’époque où apparaissent dans l’enluminure le portrait, le paysage et où se développent les figures satiriques et grotesques, y compris dans certains livres d’église.

 

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