Contenu éditorial simple : Arc, mail, cartes et autres jeux… Se divertir au temps de la monarchie

Une publication des Archives départementales du Tarn, 2007, 43 pages

 

« Avoir du pouvoir, écrit Jacques Attali (Histoires du temps, Paris, 1982), c’est contrôler le temps des autres et le sien propre ». Pendant des siècles, le temps appartient au seigneur et à Dieu. Se divertir, c’est sortir du temps officiel, donc défier les autorités civiles et religieuses. Jouer, c’est transgresser. Et la société transgresse allègrement, en tout lieu, en toute classe.

Le jeu est un révélateur social. Acte de socialisation et de sociabilité, il montre la nature et les limites des rapports que l’on entretient avec ses semblables. D’abord, la loi condamne, puis s’adapte, différencie et organise. La morale inspire la réglementation, la passion fabrique de l’excès et les archives appa­raissent. Ordonnances, arrêts royaux, recommandations ecclésiastiques, délibérations consulaires d’un côté, plaintes, jugements, saisies de l’autre, sont les sources privilégiées que nous avons exploitées, même si elles ne sont qu’une évocation des jeux dont les règles demeurent obscures.

D’autres sources offrent des compléments d’informations : les archives no­tariales, les comptes de particuliers dans lesquels peuvent apparaître les achats, les gains ou les dettes de jeu. Mentionnons également les fonds d’archives provinciales ou nationales, notamment les archives d’intendance ou en­core celles de la Chancellerie royale (lettres de rémission), qui permettent d'évoquer la paume, le mail, le billard, les cartes et la carterie.