Contenu éditorial simple : Les cahiers de doléances ardennais en 1789

Une publication des Archives départementales des Ardennes, 1989, 647 pages

 

Des cahiers de doléances, Tocqueville écrivait « qu'ils resteront comme le testament de l'ancienne société française, l'expression suprême de ses désirs, la manifestation authentique de ses volontés » et l'on mesure bien l'importance de l'éclairage que leur analyse projette sur l'état des esprits à la veille de la Révolution.

195 de ces documents sont présentés ici, soit le tiers environ des cahiers qui avaient été rédigés dans le ressort de l'actuel département des Ardennes pour la tenue des Etats Généraux. A peine la moitié étaient connus et avaient été publiés dans des revues historiques locales ou spécialisées, des monographies de villages, ou dans la première série des Archives parlementaires de 1787 à 1860. Du fait de la destruction en 1940 des 569 cahiers ardennais disparus dans l'incendie des Archives départementales, ces publications et les copies qui peuvent exister prennent une valeur très grande ; les auteurs se sont donc attaché à rechercher les traces du maximum de ces textes, en particulier les copies réalisées avant la guerre par Gustave Laurent et à présentent conservées aux Archives départementales de la Marne.

Cette publication a pour objectif de fournir les matériaux à des études historiques renouvelées et fondées. Le parti a été pris de conserver l'orthographe originelle, souvent déconcertante, au point qu'il faut parfois lire tout haut une phrase pour que le sens apparaisse. Mais ceci est déjà révélateur et fera saisir les différents niveaux de maîtrise du langage, et surtout du langage écrit, qui se cotoyaient, de l'illettrisme à la phraséaologie ; l'expression orale quand on la restitue par delà les maladresses de la transcription se révèle plus aisée, porteuse de réactions spontanées, voire de cris et aussi chargé d'influences, de slogans politiques, de formules à la mode. On sent aussi l'angoisse et la timidité des très petites communautés villageoises affrontées à de nouveaux modes de pensée et d'expression et qui se réfugient dans le recours aux modèles. On sait que plus de 5 000 textes et brochures circulèrent en France et l'information se répandait beaucoup plus vite qu'on ne l'imagine. Rien d'étonnant donc à trouver à de multiples reprises des formules identiques et répétées, telle que le voeu « que la Nation ne soit point étrangère à elle-même » dans la critique quasi unanime des douanes intérieures et péages.

 

Références complètes de l'ouvrage

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