Article : Santé et charité. L’assistance aux pauvres et aux malades du XVIIe au XIXe siècles

Un dossier pédagogique réalisé par le service éducatif des Archives départementales de l’Yonne, 2002, 91 pages

 

A notre époque, les services de santé sont nettement séparés des services d'aide aux pauvres, mais ce n'est qu'une situation très récente. Du Moyen-Age jusqu'au XIXe siècle, ces deux aspects, santé et charité, ont toujours été étroitement associés. Ceci procède fondamentalement de la notion de charité chrétienne, c'est-à-dire de l'amour du prochain, de son cher frère chrétien : aimer son prochain, c'est l'aider lorsqu'il est dans le besoin, c'est-à-dire le soigner s'il est malade (et qu'il n'a pas les moyens de se soigner lui-même), et lui fournir de quoi subsister.

C'est donc une des missions essentielles de l'Eglise chrétienne que de venir en aide aux malheureux, nourrir et vêtir les pauvres, et de les recueillir dans des hôpitaux lorsqu'ils sont malades ou incapables de vivre seuls (vieillards, infirmes, enfants seuls). C'est aussi le devoir de celui qui est riche d'aider l'Eglise à mener à bien cette mission (par des dons, des fondations aux hôpitaux) et par l'aumône quotidienne faite aux pauvres de son entourage. Cette situation va se modifier à partir du XVIe siècle. L'Etat va exercer une surveillance plus serrée sur le fonctionnement des hôpitaux et de leur gestion financière. Surtout, on voit apparaître une nouvelle attitude des pouvoirs publics face au problème de la mendicité. Au XVIIe siècle, le pauvre mendiant, jusque-là drapé dans l'éminente dignité que lui accorde la foi chrétienne, objet des soins et des sollicitudes de l'Eglise et des chrétiens, devient aux yeux de l'Etat un être inutile et dangereux qu'il faut neutraliser en l'enfermant. Le mendiant cesse d'être un frère malheureux digne de compassion et d'assistance pour devenir un danger social, un exemple désastreux, un inutile qu'il faut écarter de la société. En même temps, s'organise l'assistance aux enfants abandonnés, dont le nombre est sans cesse croissant, avec une prise en main de plus en plus nette de l'Etat.

 

Table des matières :

Chapitre 1. Hôpitaux et malades (XVIIe-XVIIIe siècles)

  • Commentaires et suggestions d’utilisation pédagogique
  • Fiche 1.1 Maladies et épidémies
  • Fiche 1.2 Les saints guérisseurs
  • Fiche 1.3 Hôpitaux et maladreries
  • Fiche 1.4 Les soins hospitaliers
  • Fiche 1.5 Médecins ou charlatans ?
  • Fiche 1.6 Les progrès de l’hygiène et de la médecine au XVIIIe siècle

Chapitre 2. L’assistance aux pauvres (XVIIe-XVIIIe siècles)

  • Commentaires et suggestions d’utilisation pédagogique
  • Fiche 2.1 La charité traditionnelle
  • Fiche 2.2 Le « grand renfermement des pauvres »
  • Fiche 2.3 Les Hôpitaux Généraux
  • Fiche 2.4 L’assistance aux pauvres

Chapitre 3. Les enfants abandonnés (XVIIIe-XIXe siècles)

  • Commentaires et suggestions d’utilisation pédagogique
  • Fiche 3.1 L’abandon d’enfants au XVIIIe siècle
  • Fiche 3.2 Les modalités et les causes de l’abandon
  • Fiche 3.3 L’abandon d’enfants au XIX siècle
  • Fiche 3.4 Le devenir des enfants abandonnés au XIXe siècle

Chapitre 4. Progrès et limites de la médecine au XIXe siècle

  • Commentaires et suggestions d’utilisation pédagogique
  • Fiche 4.1 Les hôpitaux au XIXe siècle
  • Fiche 4.2 La lutte contre la variole
  • Fiche 4.3 Les difficiles progrès de l’hygiène
  • Fiche 4.4 L’épidémie de choléra de 1832
  • Fiche 4.5 Les facteurs de propagation du choléra
  • Fiche 4.6 La lutte contre le choléra

 

Références complètes de l’ouvrage

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