Article : Les archives de la jeunesse et de l’éducation populaire

Intérêt du réseau

Les archives rassemblées au sein du Pôle de conservation des archives des associations de la Jeunesse et de l’Education populaire (PAJEP) sont essentielles pour tout chercheur qui se penche sur l’histoire de la jeunesse depuis la fin du XIXe siècle : en effet, s’agissant d’un secteur où les pouvoirs publics ont traditionnellement laissé aux acteurs privés le rôle de proximité et souvent l’initiative, les archives privées produites par des associations et des personnes physiques ayant œuvré dans le champ de l’accompagnement de la jeunesse et/ ou de l’éducation populaire, sont déterminantes pour aider à combler la sécheresse, voire les silences des archives publiques sur le sujet. 

Dès le début des années quatre-vingt-dix, des militants associatifs et des chercheurs, animés par une conscience aiguë de l’extrême fragilité de ces archives, que leur statut et leur dispersion mettaient en grand danger de disparition silencieuse, se sont mobilisés pour leur sauvegarde. Leur force de persuasion conjuguée à celle de quelques associations détentrices d’archives du secteur et d’archivistes sensibilisés à cet enjeu a dès lors rencontré un écho facilitateur auprès des ministères et collectivités de tutelle.

Le PAJEP peut donc désormais s’appuyer sur bon nombre de services d’archives publiques, qui peuvent de facto démultiplier au niveau régional la résonnance des actions et instruments réalisés par ses membres, au premier rang desquels un guide des sources régulièrement actualisé ainsi qu’une cartographie des dépôts.

 

Historique du réseau

Le PAJEP a été créé en 1999, sous l’impulsion de militants et de chercheurs de ce domaine, actifs depuis le début des année 1990, en particulier au sein de l’association « Mémoire des Racines de l’Education populaire et de la cogestion ».

Son rôle a été de mettre en place et de mener une politique de collecte et d’archivage des archives privées des acteurs et fondateurs du mouvement et des associations « Jeunesse et Education populaire », et d’assurer la communication et la mise en valeur de ces fonds. 

La convention créant le PAJEP, signée le 14 juin 1999, a associé quatre partenaires :

  • Le ministère de la Jeunesse et des sports, et la Direction de la Jeunesse, de l’Education populaire et de la vie associative, qui prend en charge une partie du financement des opérations du PAJEP, en particulier son archiviste et des vacataires ponctuels, grâce à des fonds confiés au FONJEP (Fonds de coopération de la Jeunesse et de l’Education populaire),
  • Le ministère de la Culture et de la communication et la Direction des Archives de France, qui soutient la collecte des archives privées, parfois complémentaires des fonds publics, sollicite en cas de besoin le réseau des services publics d’archives, et subventionne les actions de mise en valeur menées par le PAJEP,
  • Le conseil général du Val-de-Marne et la Direction des Archives départementales, qui offre les espaces de conservation (magasins de 1300 ml), salle de lecture, salle d’exposition, espaces pour colloques et journées d’étude, le personnel, ….
  • L’ADAJEP (Association des déposants aux archives de la Jeunesse et de l’Education populaire) : les représentants des déposants participent à la conservation et mise en valeur de leurs archives déposées, assistent au comité scientifique, à la commission d’entrée des fonds et aux journées d’étude et colloques organisés par le PAJEP.

Cette convention a ensuite été renouvelée en 2013 en incluant désormais deux nouveaux  partenaires :

  • les Archives nationales du monde du travail (ANMT)
  • le ministère de l’Éducation nationale (DJEPVA - Direction de la jeunesse, de l’éducation populaire et de la vie associative).

 

 Présentation actuelle et acteurs

Le fonctionnement du PAJEP s’appuie sur deux instances : 

  • Le comité scientifique
  • La commission des entrées

    Le comité scientifique est constitué de deux représentants de chaque institution ou organisme partenaire et de personnalités choisies par lui, au sein du monde de la recherche et d’organisme privés ou publics intéressés par le sujet. 
Il se réunit deux fois par an et supervise la collecte des archives, initie et suit les actions de valorisation des fonds collectés (journées d’étude, publications d’actes, …).

    La commission des entrées réunit un représentant des partenaires du PAJEP, des services d’archives partenaires (AN, AD, missions des Archives nationales auprès des ministères), un chercheur spécialiste du domaine ainsi que l’archiviste du PAJEP. 
La commission évalue les fonds d’archives signalés par l’archiviste du PAJEP ou les acteurs du secteur (chercheurs, archivistes, ADAJEP). Elle analyse l’intérêt historique des fonds, les missions des associations concernées et ses thématiques d’actions et détermine le service le plus idoine pour accueillir les fonds. 

Ces deux instances et les six partenaires apportent au PAJEP leur expertise scientifique, chacun dans leur domaine :

  • le ministère de l’Éducation Nationale, via le FONJEP (Fonds de coopération la jeunesse et l’éducation populaire) soutient financièrement le PAJEP : il finance le contrat de l’archiviste du PAJEP ainsi que des vacations pour préparer les versements et les opérations de sensibilisation des associations ainsi que les actions de valorisation. Le Fonjep participe à toutes les instances du PAJEP. 
  •  les services d’archives :
    les AN et les AD94 apportent un soutien « logistique » et scientifique en fournissant les espaces de conservation, de consultation, ainsi que les outils de mise en valeur et leur diffusion (site des AD). 
    Elles apportent leur expertise en matière de collecte des fonds, évaluent l’intérêt historique des archives proposées et leur intérêt par rapport aux fonds tant privés que publics déjà conservés par leur service.
    Les personnels scientifiques des archives initient, participent et organisent les journées d’études en fonction des fonds qu’ils conservent.

Le Service interministériel des Archives de France (SIAF), tête de pont du réseau des services d’archives publics pour le réseau culturel (hors réseaux des ministères des Affaires étrangères et des Armées), apporte son expertise en matière d’archives privées, et sollicite le réseau par exemple pour la mise à jour des instruments de recherche (guide des sources) ou encore pour des projets type « L’histoire se construit aujourd’hui », qui consiste à sensibiliser les associations en région à la conservation de leurs archives. 

 

Si les Archives départementales du Val-de-Marne et les Archives nationales/site de Pierrefitte-sur-Seine ont été choisies comme têtes de réseau pour regrouper les fonds d'intérêt national ou d'intérêt régional d'Ile-de-France, toutes les archives privées du secteur de la jeunesse et de l'éducation populaire (associations locales, fédérations régionales, militants...) ne sont pas centralisées dans ces seuls centres d’archives : le PAJEP s'appuie sur le réseau des services publics d'archives de France pour regrouper l'information et incite les associations locales à déposer leurs fonds aux Archives départementales et municipales. En outre, il effectue le repérage de fonds déposés dans d'autres lieux : bibliothèques, archives diocésaines, instituts, associations, etc.

Le PAJEP constitue à cet effet un guide des sources, répertoire national qui indique la localisation des archives, le producteur et les inventaires disponibles : il s’agit d’une référence incontournable pour toute étude historique ou enquête statistique sur le sujet.

Le PAJEP organise par ailleurs périodiquement des journées d’information à destination des associations comme des services d’archives, afin de présenter le réseau JEP et de susciter la dynamique de sauvegarde et de collecte de ces fonds.


Bibliographie et liens utiles

Le PAJEP : un partenariat

Guide des sources 

cartographie des dépôts

CORCUFF Marie-Andrée. Les archives des associations de jeunesse et d’éducation populaire : le PAJEP a déjà quinze ans !. In: La Gazette des archives, n°235, 2014-3. Archives des jeunesses, jeunesses des archives. pp. 117-128.

BARRIOLADE (Denise), BROUSSELLE (Valérie), EGRET (Jean-Paul), TETARD (Françoise), Cadres de jeunesse et d’éducation populaire, 1918-1971, Paris, La Documentation française, 2010.

RIVOIRE (Stéphanie), SOURICE (Gaëtan) et VADELORGE (Loïc), «Le pôle de conservation des archives des mouvements de jeunesse et d’éducation populaire, (PAJEP) »,Culture et recherche, n° 111, printemps 2007, p. 2-4.

BROUSSELLE (Valérie) et RIVOIRE (Stéphanie), «Le pôle de conservation des archives des mouvements de jeunesse et d’éducation populaire (PAJEP) », La Gazette des archives, n° 197, «Centres et réseaux d’archives » (2005-1), Paris, Association des archivistes français, p. 45-55.

Intervention de Françoise Têtard au colloque d’Avignon, «L’éducation populaire ou la culture en actions. Les stages de réalisation, 50 ans d’aventure artistique » , Documents de l’INJEP, hors-série n° 5, septembre 1997, p. 138-146.

Contact

Jonathan LANDAU, contact@pajep.fr, 06 80 48 07 29