Article : Strasbourg, 1940-1944

Une publication des Archives de Strasbourg, 2021, 185 pages

 

La période 1939-1945 a été, pour Strasbourg et sa région, un moment totalement inédit dans son histoire ancienne ou récente. Qu’on l’appelle période de l’annexion, annexion de fait, occupation, seconde guerre mondiale, ce fut un temps court, mais hautement douloureux.

Beaucoup a déjà été écrit sur les différents aspects de ces années : germanisation à outrance, expulsions et spoliations, mobilisation des Malgré-nous et des Malgré-elles, carcans intellectuels et résistances, épopée de la Libération après les privations et les bombardements qui touchèrent la ville et ses habitants…

Les Archives de Strasbourg visitent cette période à travers trois prismes : celui de l’administration dont les documents constituent un témoignage important des affaires publiques et privées ; celui du ressenti des Strasbourgeoises et des Strasbourgeois ; enfin, celui d’un illustrateur contemporain, Édouard Steegmann, dont le regard décalé – mais incisif – provoque une méditation pour nos générations qui, héritières de cette période, ne l’ont pas connue.

Deux problématiques se mêlent ainsi. D’abord, l’évocation de l’opposition entre ce qui était affiché et affirmé (la propagande, les défilés, la politique de germanisation…) et ce qui était caché (la répression, les saisies, les exécutions…). Ensuite, la question d’une résistance plus ou moins forte, plus ou moins affirmée, d’une population traumatisée après le retour de l’Évacuation durant l’été 1940. Et il n’est pas possible de parler de ce Strasbourg revenu dans ses murs après la défaite française, sans évoquer celles et ceux qui sont restés volontairement ou contraints dans la France « de l’Intérieur ». Tous ne sont pas revenus après la Libération.