Contenu éditorial simple : Les archives s’emballent

Une publication des Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2009, 28 pages

  

Les présences d’artiste aux Archives

Comme chaque année, les Archives départementales ont accueilli des artistes pendant quelques semaines afin d’offrir au public une autre vision des archives ; une vision qui n’est ni celle du chercheur, de l’historien, ni celle du généalogiste ou de celui venu chercher des preuves. Ces artistes, par leur présence, par leur création personnelle, font accéder les documents d’archives, ces textes de peu, au statut d’œuvre d’art. Car tous ont été touchés, émus, émerveillés par les documents, autant par leur aspect matériel, qu’ils soient prestigieux ou modeste, que par leur contenu, mémoire conservée de la vie des hommes et des femmes de ce département.

Deux femmes artistes pour cette présence aux Archives et une exposition… à quatre mains. Deux femmes différentes, dans leur sensibilité, dans leur approche, leur créativité et qui pourtant ont travaillé en grande complicité et même en complémentarité ; des créations qui se répondent, qui jouent en écho de l’une à l’autre.

 

L’une déballe l’autre pas…

Dès les premières rencontres dans les archives, Cécile Nicolino ne veut pas défaire les liens qui les retiennent enfermées, ne veut pas ouvrir les cartons qui les protègent : elle reste éblouie, intimidée, enchantée dans ces magasins de mémoire. Marianne Morucci, elle, veut connaître ces vies enfermées, leur redonner vie, les sortir de l’oubli.

L’une enrobe les liasses et les registres des couleurs chaudes et mordorées du sépia des photographies et des films anciens, de la couleur bleu-gris du papier neutre qui les emballent ; elle les range, les aligne ou les empile comme des strates de mémoire. L’autre redonne des visages à toutes ces vies restées en filigrane sous le papier et l’encre ; elle les fait surgir de leur empaquetage qu’elle compare aux bandelettes des momies dont la préservation des corps devait assurer la vie éternelle.