Contenu éditorial simple : Regard d’un poilu. Fonds Marcel Chatenay, collection Yves Cornet

Une publication des Archives municipales de Saumur, 2014, 64 pages

 

Lorsqu’en septembre 2013, Yves Cornet, collectionneur de cartes postales et de bien d’autres documents et objets historiques, fait don de 886 vues stéréoscopiques produites durant la Grande Guerre par Marcel Chatenay, grand-père de sa femme, l’événement est important pour l’enrichissement du patrimoine saumurois. En effet, le témoignage photographique d’un enfant du « pays » sur la vie des soldats à l’arrière des lignes de combat, conséquent à la fois par son volume et sa richesse documentaire, est inédit aux Archives municipales de Saumur.

Longtemps stockées dans leurs boîtes d’origine à l’abri du poulailler de la propriété de la famille Chatenay, les petites plaques de verre ont été sauvées de l’oubli grâce à Yves Cornet qui a su en prendre soin avant de les transmettre aux Archives de Saumur pour une conservation pérenne et une mise en valeur de la collection.

Originaire de Doué-la-Fontaine, Marcel Chatenay (1883-1955) exerce la profession d’épicier en gros dans sa commune natale lorsque la guerre éclate en août 1914. Âgé de 31 ans, il relève de la réserve de l’armée active et porte alors le grade d’officier d’administration du service de santé des armées. Dès octobre, il est affecté au groupe des brancardiers de la 18e division d’infanterie. Envoyé au front, l’officier n’est pas en première ligne, mais à 3 ou 4 kilomètres à l’arrière, où se trouvent les ambulances, mais également les dépôts d’artillerie et de matériels, les cuisines et les autres services.

Marcel Chatenay connaît les bivouacs et les abris de fortune. Il parcourt la campagne et traverse les villes et village dévastés. Sur la route, il croise d’autres troupes dont les soldats coloniaux d’Afrique du Nord et les cavaliers de l’armée des Indes, ainsi que les prisonniers allemands. Tout en assurant sa mission d’organisation du transfert des blessés vers les hôpitaux, il devient un fidèle observateur de la vie quotidienne des soldats à l’arrière des lignes de combat. Utilisant son appareil photographique seulement pendant les moments de répit, Marcel Chatenay ne témoigne pas de l’activité des brancardiers. Ainsi, aucune scène de secours ou de transport des blessés n’est reproduite. Durant quatre ans, il captera une multitude de regards et témoignera des effets dévastateurs de cette guerre industrielle sur le paysage. L’appareil stéréoscopique, qu’il utilise, permet de reproduire l’effet de relief lors du visionnage des images conférant à celles-ci encore plus de réalisme.

Issues de la collection numérisée, cent images ont été sélectionnées pour commémorer le centenaire des débuts de la Première Guerre mondiale. Le choix du tirage photographique moderne a pour objectif de tenter d’oublier les cent ans qui nous sépare de cet événement-clé, pour une meilleure approche des scènes observées et une perception plus sensible des regards croisés par Marcel Chatenay, acteur et témoin de son temps.

Afin de « raconter » ces images dépourvues de notes ou de souvenirs de guerre rédigés de sa main, il a paru judicieux de les accompagner de citations d’historiens et de témoignages écrits par d’autres soldats, auteurs célèbres ou non.

 

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