Contenu éditorial simple : L’Inde dans la Grande Guerre. Les cipayes sur le front de l’Ouest

Une publication de la Direction de la mémoire, du patrimoine et des archives du ministère de la Défense, 2014, 156 pages

 

Au matin du 26 septembre 1914, sous un ciel automnal et par une douce brise, les bateaux transportant les premières troupes indiennes de la division Lahore firent leur entrée dans le port de Marseille. À peine l’ancre jetée, on vit apparaître sur le pont un groupe d’Indiens – débraillés, souffrant du mal de mer, mais très excités. Les sapeurs et les mineurs de la 20e compagnie de la Lahore Division et du 129e baluchis se disputaient le privilège de poser les premiers le pied sur le sol français. Composée des divisions Lahore et Meerut et d'une brigade de cavalerie, l’Indian Expeditionary Force A (lieutenant-général James Willcocks) était arrivée. Un mois plus tard, les hommes étaient dans les tranchées et participaient à la première bataille d'Ypres.

La possibilité d'enrôler des troupes indiennes avait été adoptée dès le 4 août 1914, mais ajournée jusqu'au 26 août et la bataille du Cateau au cours de laquelle le corps expéditionnaire britannique perdit 7 800 hommes. Cantonnées en Egypte pour ne pas avoir à combattre les "races blanches", les divisions indiennes quittèrent leurs garnisons et furent envoyées d'urgence à Marseille ; sur le front, elles cotoyèrent des tirailleurs sénégalais, des spahis d'Afrique du Nord, des pionniers maoris, des travailleurs vietnamiens et chinois.

L’Inde, du fait de son appartenance à l’Empire britannique, fut largement impliquée dans la Première Guerre mondiale, au point d’envoyer servir outre-mer plus de 1 million d’hommes. Environ 140 000 d’entre eux, combattants et non combattants, arrivèrent ainsi en France et en Belgique entre septembre 1914 et octobre 1918. Ce livre rédigé par Santanu Das parle de ces hommes : il se veut un témoignage visuel de leur existence en Europe – dans les tranchées, les champs, les fermes, les cantonnements, les villes, les gares, les hôpitaux, les camps de prisonniers –, ainsi que du monde qu’ils ont laissé derrière eux, en Inde – et de l’interminable monotonie de leur voyage et de notre façon d’entretenir leur mémoire. Un mémorial à Neuve-Chapelle, dans le Pas-de-Calais, leur rend hommage : « En l’honneur de l’armée de l’Inde qui a combattu en France et en Belgique, 1914-1918, et pour perpétuer le souvenir de ses morts aux tombes inconnues dont les noms sont ici gravés. »

 

Références complètes de l'ouvrage

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