Contenu éditorial simple : Marius, François, Fritz... la baïonnette et le crayon

Une publication des Archives communales d’Arles, 2016, 55 pages

 

Ils étaient trois, deux Arlésiens et un Allemand. Trois hommes, trois destins que rien n’aurait dû réunir. En août 1914, cependant, tous trois ont quitté leur foyer pour accomplir leur devoir. Ce qu’ils ont vécu, chacun à sa manière a voulu en témoigner. Longtemps oubliés, leurs écrits et leurs dessins, tous conservés dans des familles arlésiennes, nous sont parvenus, lacunaires et maladroits parfois mais toujours émouvants.

A l'origine de ce projet, il y a la Grande Collecte. Parmi les documents apportés par les Arlésiens, des carnets de combattants, comme François Poncet et Marius Pons, certains illustrés, racontent au jour le jour la guerre vécue par des millions d'hommes ordinaires qui n'ont laissé, en dehors des monuments aux morts, que peu de traces dans l'histoire. Ce que ces documents rapportent, il nous a semblé indispensable de la restituer aux Arlésiens. C’est ainsi qu’est né ce projet d’exposition pour rendre accessibles ces témoignages à un large public. Il n’aurait pu être mené à bien sans la confiance des prêteurs ni sans un travail de longue haleine pour décrypter, analyser ces documents et effectuer les recherche nécessaires à leur mise en contexte.

C’est la Grande Guerre, racontée par Marius, François et Fritz Seidig, originaire de Darmstadt en Allemagne, que nous vous invitons à découvrir avec la part de subjectivité que cela implique. En dehors des corrections sur l’orthographe et des coupures que nous avons signalées, nous avons tenu à respecter, autant que possible, les textes originaux et la langue des témoins.

Ils étaient trois, réunis sur les mêmes champs de bataille par la Première Guerre mondiale, trois hommes dont on suit le parcours de la mobilisation à l’armistice. Nous souhaitons, cent ans après, faire entendre leur voix et transmettre ainsi au public la mémoire d’une période charnière de notre histoire. Gageons que cette exposition incitera d’autres familles arlésiennes à nous confier de tels témoignages pour sauver de l’oubli ce patrimoine et enrichir la mémoire collective.