Contenu éditorial simple : De l’échoppe au shopping… Les commerces rochelais de la Révolution française aux années 1960

Une publication des Archives municipales de La Rochelle, 2015, 38 pages

 

Le vocable « commerce » renvoie dans toutes ses acceptations à un rapport humain, ce qui lie les individus et façonne la vie sociale. En ce qui concerne notre sujet, il s’agit d’échange de produits entre les hommes. On s’intéressera au seul commerce de détail qui a pour objet d’approvisionner les consommateurs. Le commerce est ici privilégié à l’artisanat même si ce dernier n’est pas totalement écarté de notre sujet. Il est très difficile en effet jusqu’à une date avancée du XXe siècle de faire la différence entre production artisanale et commerce. Un grand nombre de commerçants, chacun vendant sa propre production, le coutelier ses couteaux, le chapelier ses chapeaux… Les premières boutiques sont les ateliers des boulangers, des bouchers, des tailleurs d’habits, des cordonniers

Au début du XIXe siècle, la terminologie commerciale se modifie : le terme boutique qui a remplacé celui d’échoppe, issu du Moyen Âge, renvoie à une image désuète par opposition au magasin qui représente la forme innovante par de multiple aspects : enseignes, vitrines puis méthode de vente et de gestion.

On passe en France de commerces étroitement spécialisés aux grands magasins dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Ces derniers – véritables temples de la consommation – inspirent une nouvelle façon de faire du commerce : le shopping devient une occupation agréable, une forme de loisir plutôt qu’un laborieux parcours. Les grands magasins sont à cette époque considérés comme un paradis pour la femme, comme le reflète le titre du roman de Zola, Au Bonheur des dames. L’un des bâtisseurs de ces cathédrales du commerce n’est autre qu’Ernest Cognacq, un enfant du pays né à Saint-Martin de Ré et créateur de la Samaritaine. Le petit commerce en France mais aussi à La Rochelle souffre de la profonde dépression qui touche l’ensemble de l’économie française durant le dernier quart du XIXe siècle, ses difficultés se maintiennent voire s’aggravent pendant la Belle époque qui précèdent la guerre de 1914-1918. À La Rochelle, la création du port de La Pallice en 1890 et le développement économique qui s’ensuit atténue cette tendance. Le commerce rochelais connaît des bouleversements importants pendant le XXe siècle. Les boutiques du petit commerce en plein essor au début du siècle et les grands magasins de nouveautés qui s’installent dans le centre ville entre la fin du XIXe siècle et les années 1930 subissent de plein fouet, dans les années 1960-1970, la concurrence des supermarchés. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, on assiste à une vague de modernisation, avec toutefois le maintien de boutiques vétustes dans certains quartiers de La Rochelle. Notre aperçu de la vie commerciale rochelaise va jusqu’aux années 1960 [...].

Ce livret est édité à l’occasion de l’exposition « De l’échoppe au shopping, les commerces rochelais de la Révolution française aux années 1960 » à la chapelle des Dames-Blanches du 18 septembre au 31 octobre 2015.