Contenu éditorial simple : Paul Cabaud, amoureux d’ici. Peintre et photographe à Annecy dans la seconde moitié du XIXe siècle

Une publication réalisée avec la collaboration des Archives départementales de la Haute-Savoie, 2017, 111 pages

 

En 1817, il y a tout juste 200 ans, naissait à Annecy le peintre et photographe Paul Cabaud. Aucune grande rétrospective de cet artiste n’avait jamais été organisé, lui qui consacra pourtant toute sa carrière à arpenter et à peindre les paysages annéciens, ne quittant que rarement sa ville natale, parcourant, sans jamais se lasser, les bords du lac, les forêts et les vallées environnantes. Paul Cabaud a représenté cette nature tant admirée, multipliant les esquisses au crayon et au fusain, exécutant de petites peintures à l’huile rapidement brossés sur le motif, photographiant un point de vue, recomposé ensuite en atelier. Amoureux d’ici était donc un titre tout trouvé pour célébrer cet anniversaire. Il rend hommage à une personnalité importante de la vie intellectuelle et culturelle annécienne de la seconde moitié du XIXe siècle, à un artiste trop discret aussi, qui, par sa générosité, a enrichi considérablement les collections du musée. En décembre 1910, Marc Le Roux, conservateur du musée d’Annecy, dressait, à la demande du maire, Joseph Blanc, un état des œuvres du peintre présentes dans les collections, rapport qu’il concluait en ces termes : « C’est un peintre en somme qui fait honneur à la Savoie où il a travaillé toute sa vie ».

Cabaud est effectivement un peintre profondément lié au territoire de la Haute-Savoie et sa commémoration a été tout naturellement l’occasion d’initier un nouveau partenariat entre les musées d’Annecy et les Archives départementales, faisant dialoguer documents d’archives, écrits et traces matérielles du passé s’enrichissant mutuellement pour redonner vie à l’histoire du territoire haut-savoyard. Ainsi l’exposition Les vies de châteaux. De la forteresse au monument, qui s’est tenue au château d’Annecy durant l’été 2016, a-t-elle bénéficié de prêts d’archives exceptionnelles, ou encore l’exposition Gabriel Loppé, photographe, l’hiver suivant, qui a pu s’appuyer sur le riche fonds de l’artiste également conservé aux Archives départementales.

Les Archives départementales ont fourni une précieuse synthèse du contexte politique, économique et social dans lequel a évolué Paul Cabaud. Grâce à de nombreux prêts, elles offrent également au visiteur la possibilité de cerner plus intimement sa personnalité. À travers la correspondance étudiée transparaissent les débuts de carrière difficiles, les doutes, le goût irrépressible de peindre et le travail acharné d’un artiste en recherche perpétuelle, mais aussi le père de famille attentif et profondément bienveillant, le maître généreux, l’ami joyeux, prompt aux bonnes histoires. Cette confrontation féconde donne aujourd’hui toute sa richesse et son ampleur à l’exposition.

La rétrospective de Paul Cabaud est aussi l’occasion de présenter au public les nombreuses œuvres déposées au musée par le diocèse d’Annecy, communauté locale Saint-Étienne du Pont-Neuf, et de mettre en valeur le fonds de plaques de verre appartenant à cet ensemble, un aspect moins connu peut-être de son œuvre mais qui méritait amplement que l’on s’y arrête. Elle a bénéficié de prêts de l’Académie florimontane et de la générosité de nombreux collectionneurs privés qui ont accepté de se séparer pendant quelques mois de leurs tableaux.

 

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