Contenu éditorial simple : Le Parlement, un phénix breton. Récit photographique, 1994-2004

Une publication des Archives de Rennes, 2016, 30 pages

 

Le 4 février 1994, Dominique Levasseur est naturellement présent pour photographier la rencontre entre le premier ministre Édouard Balladur et le maire de Rennes Edmond Hervé. Il s’immisce dans la manifestation des marins-pêcheurs et photographie les heurs violents qui les opposent aux forces de l’ordre dans tout le centre-ville. Ses clichés sont d’une réelle intensité, accentuée par la fumée des bombes lacrymogènes et le choix du noir et blanc qui transforment certaines prises de vue en véritables scènes de guerre. L’ambiance électrique se calme dans la soirée et le photographe rentre chez lui.

Dans la nuit du 4 au 5 février, Dominique Levasseur est réveillé par un appel téléphonique. Une amie le prévient du sinistre qui est en train de ravager le Parlement. Habitant le centre-ville, à proximité de l’édifice, il s’habille rapidement, s’empare de son matériel et se rend sur les lieux. Il passera la nuit sur la place, fixant sur la pellicule les flammes rougeoyantes et la disparition progressive du monument. Il immortalise à la fois le travail des pompiers, le bâtiment en flamme et le visage incrédule des rennais. Au petit matin, dans une lumière bleutée, les clichés, dans une ambiance de fin du monde, témoignent de l’ampleur des dégâts, au milieu des ruines encore fumantes du bâtiment.

Dans les premiers temps, le photographe se rend tous les jours au Parlement afin de garder trace des travaux de sécurisation et de déblaiement du bâtiment et prendre, sur le vif, les personnalités mobilisées sur le chantier. Il jouit d’une grande liberté de mouvement. Il a la possibilité de prendre des vues des ruines du palais en plongée à partir des nacelles des engins de chantier. Dans le même temps, il photographie certains détails : fragments de décors, gestes minutieux des restaurateurs, captant avec finesse l’ampleur de la tâche à accomplir. Avec le temps, le photographe espace ses visites au Parlement et ne se rend devant le bâtiment que pour les grandes opérations comme la pose de la charpente.

Entre les vues de détails et les larges panoramas, l’usage du noir et blanc et celui de la couleur, entre le rouge des flammes et le gris des cendres, entre l’émotion des Rennais abasourdis et l’action des professionnels mobilisés, les photographies de Dominique Levasseur offrent un témoignage saisissant de l’événement, à la fois professionnel et personnel, dorénavant à la disposition de tous aux Archives de Rennes.