Contenu éditorial simple : Les Cent-Jours à Mâcon et l’héritage napoléonien

Une publication des Archives municipales de Mâcon, 2017, 12 pages

 

Il y a deux siècles, Mâcon se trouve plongée au cœur de l’Histoire : d’abord en mars 1815 lors du passage de Napoléon Ier à son retour de l’île d’Elbe, puis en juillet avec l’arrivée des troupes chargées d’occuper la France. Cette période, connue sous le nom des Cent-Jours, devait marquer durablement la vie mâconnaise et même nationale. Au temps de la conscription, les cent jours avant la fin du service militaire (le Père Cent) étaient fêtés dignement par les soldats. Aujourd’hui encore, l’échéance des cent jours sert souvent de repère, comme en politique par exemple où l’on parle régulièrement des cent jours de tel ou tel gouvernement.

Cette parenthèse de trois mois, qui aurait pu être insignifiante en regard de l’histoire séculaire de la France, est cependant un événement majeur qui étonne. Commencée comme une aventure sans avenir par un monarque déchu de son trône, la tragédie connaît son apothéose avec l’une des plus belles défaites françaises sur le champ de bataille de Waterloo le 18 juin 1815. Surtout, cette période est l’un des éléments essentiels de la légende napoléonienne et inspirera nombre de romantiques du XIXe siècle, fascinés par le héros foudroyé et enchaîné sur le rocher de Sainte-Hélène. Sans les Cents-jours, Napoléon n’aurait pas le place qui est la sienne dans l’histoire.

L’attitude de Mâcon en 1815 est singulière. Si la ville oscille entre deux souverains au gré des circonstances, elle surprend par un dernier combat contre l’armée d’invasion alors que le régime impérial n’existe plus. Pourtant, malgré ce dernier baroud d’honneur, sa logique est toujours la même. Il s’agit pour elle d’adopter une voie médiane, celle de la modération et de la sagesse qu’elle saura conserver à d’autres moments de son histoire.

Si le Premier Empire n’est plus depuis longtemps, son héritage est encore présent à Mâcon. Pour s’attacher la ville, Napoléon Ier a en effet décidé de marquer la cité de son empreinte. Organisateur et bâtisseur, il a laissé dans le paysage urbain des éléments de manière durable le souvenir de son règne.