Contenu éditorial simple : Les loisirs à Mâcon. De la Révolution française au Front populaire (1789-1939)

Une publication des Archives municipales de Mâcon, 2016, 27 pages

 

Durant les 140 années qui séparent la Révolution française du Front populaire, la société française connaît une importante mutation qui conduit à une démocratisation des loisirs. Avant 1789, les loisirs restent une prérogative de quelques favorisés. Il faut presque un siècle pour qu’elle devienne enfin réalité, les changements successifs de régimes tout au long du XIXe siècle étant pour beaucoup dans cette longue gestation. Surtout, la société héritée de la Révolution est une société bourgeoise, fondée sur la réussite et la fortune. Les rares privilégiés qui peuvent se livrer aux loisirs s’évadent de temps à autre de leur quotidien, principalement à la belle saison.

Le développement progressif des loisirs au sein des classes populaires entraîne une peur chez les élites dirigeantes. Il faut éviter que le peuple soit livré à lui-même, car il risque de tomber dans des travers dangereux comme l’alcoolisme, le crime ou la prostitution. Il faut donc proposer des occupations saines et éducatives. La fréquentation des bars et bistrots apparaît comme néfaste. En revanche, les promenades en famille sont encouragées. Les villes se dotent d’espaces verts, avec un plan d’eau si possible, pour favoriser cette pratique bénéfique également à la santé.

L’arrivée du Front populaire au pouvoir en 1936 entraîne un changement radical dans la pratique des loisirs. De nombreuses réformes sont entreprises dans le domaine social, la plus connue étant l’instauration des congés payés, de deux semaines par an, en juin 1936. Cette loi amène de multiples changements. Désormais, les personnes peuvent se déplacer pour pratiquer leurs loisirs sur une plus longue période. Les congés payés permettent également de voyager, ce qui était jusqu’alors réservé à une élite. On découvre d’autres horizons en famille, d’autres régions. Les colonies de vacances, apparues quelques années plus tôt, se développent.

À Mâcon, les spectacles spectacles et distractions, très limités au début du XIXe siècle, se développent et se démocratisent peu à peu. Les Mâconnais s’enthousiasment pour les pièces parisiennes, se divertissent au cirque et au cinéma ou se retrouvent au bord de la Saône pour flâner. Plusieurs institutions (musée, bibliothèque, école de dessin) ont pour but de proposer une pratique culturelle régulière. Les Mâconnais se retrouvent également au sein de différents cercles (militaires, agricoles, ouvriers, etc.) pour échanger sur des sujets très variés, l’Académie de Mâcon ayant un rôle particulier dans la diffusion du savoir.

Le sport tient une place à part dans la vie municipale. Du fait de la présence de la Saône, sa vocation nautique était inéluctable. L’une de ses plus anciennes sociétés sportives, les « Régates mâconnaises », est celle qui a porté au plus haut niveau la pratique sportive.

Enfin, le développement du tourisme a permis d’accroître la renommée de la ville et de promouvoir le Mâconnais dans son ensemble. En février 1938, la ville devient même une escale de la ligne d'hydravions Southampton-Brindisi : 211 hydravions se posent à Mâcon entre le 3 février 1938 et le 19 juillet 1939, véhiculant 1 356 passagers. Ayant l’avantage d’allier le tourisme patrimonial et viticole, placée sous la figure tutélaire de Lamartine, la ville de Mâcon a su tirer partie de ses nombreux atouts régulièrement mis en avant dans les brochures touristiques éditées dès avant 1914.

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