Contenu éditorial simple : Choisy céramique. La couleur dans nos rues

Une publication du service Archives-documentation-Patrimoine de la ville de Choisy-le-Roi, 2016, 31 pages

 

En vogue à la fin du XIXe siècle jusqu’au début du XXe siècle, la céramique architecturale évolue de pair avec l’urbanisation des villes. Utilisée à une période où le phénomène des lotissements pavillonnaires explose, ces éléments de décors viennent offrir aux façades des maisons particulières et des immeubles une touche colorée et originale.

Les progrès considérables réalisés dans les domaines de l’industrie amènent à l’utilisation de nouveaux procédés de fabrication, l’utilisation de nouveaux matériaux et une diminution des coûts de production qui vont démocratiser l’usage de la céramique dans l’architecture. Celle-ci devient un moyen pour le propriétaire de personnaliser son habitation et d’afficher, par l’importance des décors, sa classe sociale. Sont alors installées à Choisy-le-Roi deux des plus importantes usines de production de céramique architecturale, l’usine Brault et Gilardoni et l’usine Hippolyte Boulenger et Compagnie, dont les productions sont exportées à travers la France ainsi qu’à l’étranger.

En 1861, la commune compte 4 648 habitants concentrés dans le bourg, sur la rive gauche de la Seine. En 1896, Choisy a doublé sa population pour atteindre 9 909 habitants commençant à se répartir sur les deux rives. L’urbanisation des Gondoles marque en effet cette fin de XIXe siècle : le quartier connaît une grosse expansion de 1881 à 1896. Les Gondoles nord appartiennent en grande partie aux Boulenger, propriétaires de la faïencerie, qui s’en servent pour y déverser les rebus de fabrication. Adhérant aux idées du paternalisme, Hippolyte Boulenger projette d’y construire une cité ouvrière pour loger ses employés. Dès 1890, la Villa des Faïenciers prend forme le long des rues Passereau, Péchon, Lepescheux, Victor Jérôme. Hippolyte Boulenger propose le reste de ses terrains en parcelles à lotir laissant aux ouvriers le soin de bâtir leur maison. Témoins de ce passé, quelques rues portent le nom de céramistes comme Alexandre Brongniard, Louis Alphonse Salvétat et Bernard Palissy.

Pendant la même période dans les Gondoles sud, d’autres propriétaires mettent en vente leurs terrains multipliant les constructions le long de nouvelles rues : ainsi se lotissent les rues Boivin (Pasteur), Dubois (Mirabeau), Morblanc (Paix), Durand (Alsace-Lorraine). Employés, commerçants et artisans qui s’y installent choisissent pour certains des décors en céramique pour orner leur demeure.

À partir de 1903, la rive gauche connaît à son tour une importante extension urbaine se couvrant d’immeubles de rapport et de pavillons. La famille Puech met en vente le vaste terrain quelle a reçu en héritage. À la même période Madame Ogereau, compagne d’Alfred Fromentin, réalise une opération foncière aux Hautes-Bornes sous l’appellation de lotissement Fromentin. Dans ces deux cas les terrains sont découpés en lots et des voies sont tracées afin de desservir chaque parcelle. S’édifient dans ces quartiers des maisons bourgeoises aux décors de façade rivalisant d’originalité. Pierre de meulière, alternance de briques de couleur rouge, beige ou émaillée, marquise, gardes corps ouvragés et céramique… les architectes jouent avec les matériaux pour apporter à leur ouvrage un style particulier.