Contenu éditorial simple : La paléographie

Cette écriture vous semble illisible ? Vous êtes généalogiste, étudiant, amateur d’histoire et vous butez sur un texte indéchiffrable ? Apprenez la paléographie ! Vous pouvez le faire soit en prenant des cours dans les services d’archives soit en travaillant par vous-même, à l’aide de manuels ou de textes en ligne.

 

 

 

 

CONSEIL : Domaine d'excellence des archivistes, la paléographie est enseignée dans de très nombreux services d'archives. Renseignez-vous auprès d'eux.

 

SOMMAIRE

Introduction
Débutant ou confirmé ? Des cours de paléographie vous attendent
Paléographie française
Paléographie latine
Transcrire ou traduire ?
Outils (Ressources, bibliographie, calendrier...)

 

Introduction

La paléographie – mot composé du grec παλαιός, ancien, et γρα'φειν, écrire – est la science qui traite des écritures anciennes et particulièrement de leur déchiffrement ; elle est le passage obligé pour qui veut accéder à un document comportant des difficultés de lecture. 

En fonction des périodes, quatre types de difficultés se rencontrent :

  • l’utilisation d’abréviations,
  • une façon de tracer les lettres très différente de la nôtre (rôle du ductus),
  • une graphie plus ou moins déformée par la cursivité (ligatures entre les lettres),
  • l’orthographe.

Il peut s’y ajouter l’obstacle de la langue (latin, langues régionales, ancien français).

On distingue traditionnellement deux types de paléographie : la paléographie latine et la paléographie française, qui se rattachent respectivement au Moyen Âge et à l’époque moderne. La césure n’est cependant pas aussi nette puisque le latin n’a jamais été totalement abandonné – par les tribunaux ecclésiastiques notamment – et que la période médiévale tardive était largement ouverte au français.

L’offre concernant la paléographie française est la plus pléthorique pour répondre à la majorité des demandes. Au sein de cette paléographie française, l’époque la plus représentée est « le siècle d’or de la paléographie » (1550-1650) ; il est ainsi appelé parce qu’il cumule nombre de difficultés : formules juridiques abrégées, écriture serrée, déformations particulières dues à tel clerc de notaire... Certains textes ont l’air de vraies pattes de mouche.

À vous de relever les défis que posent les documents manuscrits !

Voici quelques pistes pour vous y aider.

 

Pour débuter :

  • vous pouvez lire le Petit guide d’initiation : la paléographie publié par les Archives départementales du Tarn (2013, 32 p.) En quelques pages très didactiques, il explique les principales difficultés rencontrées dans les textes et en donnent les clés de lecture.
  • vous pouvez regarder le film Ductus. La formation de l’alphabet moderne (21 mn, 1976) de Jean Mallon.
    Il montre l'importance du ductus – ordre et sens du tracé des traits formant la lettre – comme élément dynamique d'évolution des écritures et donc de leur compréhension. Le film part de la formation des capitales romaines pour aboutir à notre alphabet contemporain. Très éclairant !

CONSEIL : Faire de la "paléo" c'est ré-apprendre à lire. Ré-apprendre à lire les lettres une par une, deux par deux... Lire et encore lire : l'oeil doit s'habituer à déchiffrer ces nouvelles graphies. Plus on lit, mieux on déchiffre ! Mieux on déchiffre, plus on a envie de lire

 

Débutant ou confirmé ? Des cours de paléographie vous attendent

Un très grand nombre de services d’archives proposent d’excellents cours de paléographie au cours de l’année scolaire, parfois avec plusieurs niveaux (débutant, intermédiaire et confirmé) : n’hésitez pas à vous renseigner auprès d’eux.

Voici quelques exemples de services proposant des cours :

 

Paléographie française

1- Vous êtes débutant ?

Vous voulez vous initier à la paléographie pour pouvoir commencer votre arbre généalogique : vous avez réussi à lire facilement les documents d’état civil du début du XXe siècle mais, au XIXe siècle, quelques difficultés commencent à apparaître.

La méthode plus couramment employée consiste à remonter le temps, petit à petit, en s’habituant à l’écriture à chaque étape.

Les documents les plus récents proposés dans les manuels ou en ligne datent en général du XVIIIe siècle mais on peut en trouver quelques-uns pour le XIXe siècle.

Voir par exemple les Archives municipales de Rennes : 8 documents du XIXe siècle sont accompagnés de leur transcription (année 2015-2016, p. 88 à 120).

Les abréviations sont rares au XIXe siècle ; on peut en rencontrer pour exprimer les mois de fin d’année : 7bre pour septembre, 8bre pour octobre, etc.

Les difficultés commencent réellement au XVIIIe siècle : lettres différentes, ligatures entre les lettres, orthographe qui n’est pas complètement fixée. Pour cette période, de nombreux documents vous sont proposés (voir Exercices en ligne), avec un niveau de difficulté croissant. Vous pouvez choisir de préférence les documents qui comportent une transcription interactive, comme ceux des Archives départementales d’Indre-et-Loire, mais ne vous laissez pas aller à la facilité en regardant en permanence la transcription ! En ligne, la fonction « zoom » permet d’agrandir le texte, suivant les besoins. C’est un atout. Vous pouvez aussi choisir un manuel « papier » (voir Bibliographie) si vous préférez ce support.

CONSEIL : Pour progresser, essayez de lire le document tout seul ; lorsque vous butez sur un mot, passez-le et continuez la lecture. Vous le retrouverez peut-être plus loin sans buter dessus ou vous découvrirez dans un autre mot la lettre qui vous avait empêché de le lire. Vous pouvez aussi y revenir le lendemain avec un regard neuf. Ayez l'esprit d'observation : repérez les graphies des lettres et groupes de lettres. Elles vous serviront dans des mots que vous n'avez pas lu spontanément. Regardez la transcription pour vérifier votre lecture ou, en dernier recours, si vous n'avez pas déchiffré un mot.

Munissez-vous d’un bon ouvrage de référence : le Dictionnaire de paléographie française : découvrir et comprendre les textes anciens (XVe-XVIIIe siècles) (par Nicolas Buat et Évelyne Van den Neste, Paris, Les Belles Lettres, 2011, 654 p.). Vous y trouverez, pour plus de 2 000 mots (noms communs, prénoms, verbes...) ou groupes de mots, l’évolution de leur écriture au fil des siècles grâce à des reproductions. Chaque terme, d’abord défini, est replacé dans son contexte, grâce à la phrase dont il est tiré dans le document. Les extraits sont tous datés. Très pratique et accessible ! Vous avez déjà franchi un cap important. Passez à l’étape suivante si vous voulez aborder « le siècle d’or de la paléographie » et surmonter tous ses pièges.

Vous avez déjà franchi un cap important. Passez à l’étape suivante si vous voulez aborder « le siècle d’or de la paléographie » et surmonter tous ses pièges.

 

2- Vous voulez vous perfectionner ?

Vous avez déjà une bonne pratique des textes anciens mais rencontrez encore certaines difficultés, surtout pour les documents du « siècle d’or de la paléographie » (1550-1650) qui vous donnent du fil à retordre !

Vous décidez de continuer votre technique : remonter le temps peu à peu, en augmentant la difficulté des textes. Ainsi votre œil s’habitue aux déformations des lettres, aux ligatures créées par la cursivité et à certains mots de vocabulaire.

Pour franchir un seuil, basez-vous sur les niveaux de difficulté signalés sur les sites : écartez le niveau débutant pour passer aux textes de niveaux confirmé et expert (voir Exercices en ligne). Vous pouvez vous connecter par exemple sur le site des Archives départementales des Alpes-Maritimes et choisir d’abord des textes du XVIIIe siècle de niveau confirmé.

Pour se familiariser avec les déformations dues à la cursivité, vous sélectionnez des écritures plus lisibles comme celles des actes de chancellerie ou des expéditions d’actes. Cet exercice vous permet de découvrir le genre et l’ordre des informations contenues dans un texte administratif-type : autorité d’où émane le document, noms des personnes avec titre et profession, formules juridiques, date, etc.

Une fois le niveau confirmé bien acquis, vous pouvez passer aux textes de niveau expert. Il est conseillé de travailler par « typologies » de documents, pour en percer les secrets au fur et à mesure : minutes de notaire, registres paroissiaux, registres de comptes, …

Pour les dates exprimées en calendrier républicain, un « convertisseur » affichera la date en calendrier grégorien. Une fois l’adaptation faite, vous vous lancez, avec la même méthode, dans les textes du XVIIe puis du XVIe siècle.

Pour les abréviations, une liste en ligne est proposée par l’École nationale des chartes qui permet de résoudre nombre d’interrogations, notamment en ce qui concerne les termes juridiques employés dans les formules codifiées à la fin des textes.

Vous pouvez aussi utiliser ce manuel très bien fait, qui permet de faire des exercices pratiques, en augmentant les difficultés : le Manuel de paléographie française (par Nicolas Buat et Évelyne Van den Neste, Paris, Les Belles Lettres, 2016, 313 p.). En effet, la deuxième partie de l’ouvrage contient neuf « parcours » très pédagogiques, qui s’attachent à la lecture des lettres les plus difficiles (s, e, r, n final…) et proposent un corrigé en fin d’exercice. En première partie, de nombreux exemples aident à aborder la difficulté des textes.

 

Paléographie latine

La paléographie latine demande la connaissance préalable du latin. Vous n’avez aucune connaissance de cette langue ?

Vous pouvez vous initier avec les manuels suivants :

Apprendre le latin médiéval. Manuel pour grands commençants, de Monique GOULLET et Michel PARISSE (Paris, Picard, 3e édition, 2005, 215 p.). Vous y trouverez les éléments essentiels de la grammaire et de la syntaxe, des exercices d'application tirés de sources médiévales et des textes accompagnés de leur traduction, qui vous donneront un aperçu de la variété typologique des sources médiévales. L'ouvrage comprend un lexique des mots employés dans les leçons et les exercices.

Le latin médiéval par Pascale BOURGAIN, avec la coll. de Marie-Clotilde HUBERT (Brépols, L’atelier du médiéviste 10, 2005, 578  p.) À travers plus de cent textes du IVe au XVe siècle, choisis dans les domaines les plus divers, ce manuel présente la plupart des particularités de grammaire et de vocabulaire qui distinguent le latin médiéval du latin classique.

Le site le plus pertinent pour s’exercer à la lecture des documents en latin est celui de l’École nationale des chartes, qui propose des textes, accompagnés d’une transcription interactive, ainsi que d’un commentaire historique et paléographique.

Les abréviations latines ont leur manuel de référence : Dizionario di abbreviature latine ed italiane, par A. CAPELLI (Milan, 1912) . Ce dictionnaire est le plus complet qui existe : plus de 400 pages d’abréviations latines et italiennes, suivies de 90 pages de sigles et abréviations épigraphiques. Neuf fac-similés de documents en latin du XIIe au XVe s’accompagnent d’une transcription. Si vous connaissez l’italien, vous pourrez utilement profiter de l’introduction, qui explique le principe des abréviations.

Un site original pourra vous aider en ligne : « Enigma. Déchiffrer les mots latins difficiles dans les manuscrits médiévaux ». En indiquant les lettres que l’on discerne et en complétant avec des caractères génériques, Enigma indique les formes latines possibles, en puisant dans sa base de données de plus de 400 000 formes.

 

Transcrire ou traduire

Vous avez réussi à déchiffrer un texte et vous voulez le publier ? Ne confondez pas, tout d’abord, transcription et traduction.

La transcription est l’action de recopier le texte original en respectant la graphie utilisée, lettre à lettre ; ainsi, l’orthographe de l’époque, les formulations ou les mots anciens apparaissent tels quels. Pour rendre le texte plus compréhensible, quelques améliorations sont introduites : les abréviations sont développées (on peut les signaler entre parenthèses ou en italique), les mots accentués et la ponctuation établie suivant l’usage contemporain. 

La traduction est l’action de transformer la langue du texte original en langage contemporain.

Exemple :

  • Transcription : « Nous avons vacqué par l’espace de deux jo(u)rs, le samedi IIe et le lundy quatr(iesm)e jour d’avril mil cinq cens quarente six avant Pasques ».
  • Traduction : « Nous avons travaillé durant deux jours, le samedi 2 et le lundi 4 avril 1546 avant Pâques ».

L’édition : si vous voulez passer à la phase édition, choisissez de publier la transcription du texte (que vous pouvez accompagner de la traduction) : cette forme respecte le document original et apporte davantage d’informations (du point de vue philologique, stylistique...). Elle s’accompagne d’un apparat critique plus ou moins développé : présentation sommaire du document, contexte historique de production, identification des noms de personnes et de lieux, variantes du texte en cas de copies.

Voir Conseil pour l'édition.

 

Ressources en ligne

En guise d’introduction : Petit guide d’initiation : la paléographie, par les Archives départementales du Tarn, Albi, 2013, 32 p.  En quelques pages très didactiques, ce Petit guide explique les principales difficultés qui sont rencontrées et en donnent les clés.

1) Exercices en ligne

Voici quelques exemples de sites proposant des exercices en ligne, pour des périodes allant du Ve au XXe siècle, avec plusieurs niveaux de difficulté. L’intérêt de ces sites en général est de pouvoir zoomer sur le document pour le grossir et en améliorer la lecture. Une transcription interactive, qui apparaît lorsque l’on passe la souris sur les lignes du document, est parfois proposée.

  • Site de l’École nationale des chartes 
    Sont proposés des documents religieux et profanes, en latin, en français et en occitan, entre le Ve et le XVIIIe siècle. La transcription, interactive, s’accompagne d’une traduction en français contemporain ainsi que d’un commentaire historique et paléographique. Un modèle du genre !
  • Site des archives départementales des Alpes-Maritimes On y trouve des textes du XVIe au XVIIIe siècle avec transcription ; les langues régionales y sont valorisées : provençal, gavot et niçois. Est signalé à chaque fois le niveau de difficulté concerné : débutant, confirmé, expert.
  • Site des archives départementales d’Indre-et-Loire
    Le “module paléographie”, très bien fait, propose des parcours thématiques qui mettent l'accent sur des typologies documentaires fréquemment rencontrées (recherche généalogique, fonds notariaux, documents comptables et judiciaires). Les textes s’accompagnent d’une transcription interactive.
  • Archives départementales de Loire-Atlantique
    Une vingtaine de textes des XVIe et XVIIe siècles, avec transcription, concernent trois niveaux : débutant, intermédiaire et expert.

  • Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques
    Les Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques ont conçu un petit manuel de paléographie en ligne qui permet d'avoir les premières notions paléographiques et de pouvoir ensuite s'exercer sur des textes qui vont jusqu'au XXe siècle. Une fois votre transcription réalisée, la correction vous est proposée. La lecture du tutoriel sera utile.

  • Archives départementales de la Haute-Saône
    Aux vingt textes du XVIe et XVIIe siècles, avec transcription, issus de l’ouvrage désormais en ligne Lire les archives des XVIe et XVIIe siècles : exercices de paléographie française moderne appliqués aux documents des Archives de la Haute-Saône (par Gérard MOYSE et † Pierre BERNARDIN, 1994), s’ajoutent quelques autres textes, dont un du XIVe siècle.

  • Archives municipales de Rennes
    Les documents utilisés lors des cours de paléographie sont mis en ligne au fur et à mesure avec leur transcription. Ils vont du XVe au XXe siècle.

 

2) Offre pédagogique

  • « Lire le latin médiéval » par les Archives départementales des Yvelines : Est présenté, avec sa transcription, l’acte de fondation de l’abbaye des Vaux-de-Cernay en 1118.

  • « Pour écrire un mot d’histoire » : mallette pédagogique des Archives départementales du Tarn. Issu du fonds local, chacun des dix textes présentés – qui traversent dix siècles d'histoire (962 à 1876) – est légendé, situé dans son environnement et fait l'objet d'une description, d'une analyse de l'écriture et d'observations paléographiques. La mallette contient aussi alphabets, jeux, matériel d’écriture… 

 

3) Dictionnaire

Abréviations

  • CAPELLI (A.), Dizionario di abbreviature latine ed italiane, Milan, 1912.Ce dictionnaire des abréviations latines et italiennes est le plus complet qui existe : plus de 400 pages d’abréviations, suivies de 90 pages de sigles et abréviations épigraphiques. Neuf fac-similés de documents en latin du XIIe au XVe s’accompagnent d’une transcription. L’introduction, en italien, explique le principe des abréviations.
  • « Dictionnaire des abréviations françaises » : site internet de l’École nationale des chartes. Une riche liste d’abréviations qui intègre et étend celle qui figure dans Maurice PROU, Manuel de paléographie latine et française, 4e éd. refondue avec la collab. d'Alain de Boüard, Paris, 1924.

Mots latins

« Enigma. Déchiffrer les mots latins difficiles dans les manuscrits médiévaux »
En indiquant les lettres que l’on discerne et en complétant avec des caractères génériques, Enigma indique les formes latines possibles, en puisant dans sa base de données de plus de 400 000 formes. Une aide originale à la lecture.

Évolution de la langue française

Voir bibliographie

 

4) Conseil pour l’édition

Les règles préconisées ont pour objectif de rendre plus facile et plus claire l'édition des textes. Une édition (critique) n'est pas une reproduction photographique. Elle résulte d'un compromis raisonnable entre le respect du texte à publier (dont on reproduit strictement la graphie) et le souci de le rendre aussi intelligible que possible pour un lecteur d'aujourd'hui.

Conseils pour l'édition des textes médiévaux (École nationale des chartes)

  1. Conseils généraux, coord. Olivier Guyotjeannin et Françoise Vielliard, Paris, 2001 ;
  2. Actes et documents d'archives, coord. Olivier Guyotjeannin, Paris, 2001 ;
  3. Textes littéraires, coord. Pascale Bourgain et Françoise Vieilliard, Paris, 2002.

BARBICHE (Bernard), « Conseils pour l’édition des textes de l’époque moderne (XVIe-XVIIIe siècles) » : site internet de l’École nationale des chartes

NOUGARET (Christine) et PARINET (Élisabeth), L'édition critique des textes contemporains, Paris, coll. Magister : les manuels de l'école des chartes, 2015.

Écriture médiévale et numérique. Articles de réflexion sur le sujet de la paléographie numérique et les nouvelles perspectives de recherches dans ce domaine

 

Bibliographie sélective

1) Exercices de paléographie

Les manuels présentés ici permettent de s’exercer à la lecture des textes : ceux-ci s’accompagnent toujours de transcriptions.

- AURUNDEL DE CONDÉ (Gérard d’), Apprendre à lire les Archives : 100 exercices pratiques, XVe-XIXe siècles, Paris, éditions Christian, 1996, 212 p.

- AUDISIO (Gabriel), RAMBAUD (Isabelle), Lire le français d'hier : manuel de paléographie moderne, XVe-XVIIIe siècle, 5e éd. revue et augmentée, Paris, A. Colin, 2016.
Le manuel détaille de façon très claire les principes abréviatifs et l’évolution des abréviations et se poursuit par des reproductions de textes avec leur transcription. Une bonne façon de s’initier ou de se perfectionner.

- BUAT (Nicolas), VAN DEN NESTE (Évelyne), Manuel de paléographie française, Paris, Les Belles Lettres, 2016, 313 p.
Sont détaillées les évolutions de la langue, de l’orthographe, de la morphologie et de la syntaxe, à l’aide de nombreux exemples qui aident à mieux aborder la difficulté des textes. En deuxième partie, 9 « parcours », très pédagogiques, permettent de s’exercer à la lecture des lettres les plus difficiles (s, e, r, n final…) avec un corrigé en fin de parcours.

- BUAT (Nicolas), VAN DEN NESTE (Évelyne), Dictionnaire de paléographie française : découvrir et comprendre les textes anciens (XVe-XVIIIe siècles), Paris, Les Belles Lettres, 2011, 654 p.
Un outil très pratique pour ceux qui désirent s’initier ou se perfectionner et qui propose, pour plus de 2 000 mots (noms communs, prénoms, verbes...) ou groupes de mots, l’évolution de leur écriture au fil des siècles. Chaque terme, d’abord défini, est replacé dans son contexte, grâce à la phrase dont il est tiré dans le document. Les extraits sont tous datés.

 

2) Évolution de la langue française

- FURETIÈRE (Antoine), Dictionnaire universel contenant généralement tous les mots françois tant vieux que modernes et les termes de toutes les sciences et des arts, Amsterdam, A. et R. Leers, 1690, 3 tomes ; 2e éd., 1701

- GODEFROY (Frédéric), Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes, du IXe au XVe siècle, Paris, F. Vieweg (E. Bouillon), 1881-1902, 10 vol.  Une mine d’information qui peut être utile pour des textes jusqu’aux XVIe et XVIIe siècles.

- « Dictionnaire du Moyen Français (1330-1500) », 2015. Outre ses quelque 65 000 entrées et 700 000 exemples, ce dictionnaire offre des possibilités d’interrogation très poussée.

- REY (Alain), Dictionnaire historique de la langue française, Le Robert, 2011. On y trouve l’histoire détaillée de plus de 50 000 mots : évolutions de formes, de sens et d'usages au cours des siècles avec des schémas pour retrouver la généalogie des mots.

 

3) Film

MALLON (Jean), Ductus. La formation de l’alphabet moderne, réalisé par Jean Venard, prod. Les films verts, 21 mn, vers 1976. 

Ce film, unique en son genre, montre l'importance du ductus comme élément dynamique d'évolution des écritures et donc de leur compréhension. Il part de la formation des capitales romaines pour aboutir à notre alphabet contemporain. On lira avec intérêt la recension qui a été faite de ce film, au moment de sa sortie, par Emmanuel Poulle. 

 

Calendrier

Calendrier grégorien/républicain
En cliquant sur le jour voulu dans le calendrier révolutionnaire, vous obtenez la date en calendrier grégorien, et inversement. Un outil très pratique, proposé sur le site des Archives départementales du Pas-de-Calais ! 

 

Pour aller plus loin

Voici quelques propositions d’expositions.

1) Expositions virtuelles

« Pleins et déliés. Histoire de l'écriture » : De l’épigraphie latine à l’écriture caroline et gothique, jusqu’aux cahiers d’écoliers du XXe siècle, cette exposition des Archives départementales des Alpes-Maritimes montre que l’évolution de l’écriture révèle aussi l’évolution des sociétés. Elle est illustrée de documents locaux. 

« Scripturae : mille d’écriture dans l’Oise » : cette très belle exposition réalisée par les Archives départementales de l’Oise aborde la question de la typologie, de l’écriture, des supports et techniques ; une frise chronologique donne à voir de magnifiques documents locaux. 

2) Expositions itinérantes

Elles peuvent être empruntées par les institutions (mairie, établissement scolaire, entreprise…).

« Les écritures en France de la fin de l'Antiquité au 20ème siècle » Une exposition de 19 panneaux conçue par les Archives départementales d’Indre-et-Loire, qui peut être complétée par des mallettes pédagogiques sur l'écriture caroline et gothique.

« Calligraphie, la beauté d’écrire » Une exposition de 12 panneaux conçue par les Archives départementales d’Indre-et-Loire 

« Écritures » Une exposition de 18 panneaux (sur structures autoportantes), conçue par les Archives départementales de l’Aude, qui aborde trois thèmes : l’évolution des écritures, les univers de l’écrit et l’apprentissage de l’écriture.