Contenu éditorial simple : [KG] Les prisonniers de guerre du Cher, 1939-1945

Une publication réalisée par les Archives départementales du Cher et le musée de la Résistance et de la déportation du Cher, 2018, 78 pages

 

Depuis son ouverture en 2010, le musée de la Résistance et de la Déportation du Cher expose une valise marquée des initiales KG. Kriegsgefangener, c’est le terme allemand qui désigne un prisonnier de guerre. Ce bagage symbolise le sort des 1 850 000 soldats français capturés lors de l’offensive-éclair du printemps 1940, regroupés pendant quelques semaines dans des centres de rassemblement en France, puis transportés en Allemagne dans des camps aménagés pour eux. Pour ceux qui ne se sont pas évadés ou n’ont pas bénéficié d’une mesure de libération anticipée, cette détention a duré cinq ans.

Comme tous les départements français, le Cher a été touché par ce phénomène qui a profondément ébranlé la vie économique et sociale. Il faut imaginer les effets de l’absence prolongée de 9 000 à 10 000 hommes, déjà entrés dans la vie active, parfois mariés et pères de famille. Ce manque n’était pas inédit pour tous ceux qui avaient connu la Première Guerre mondiale et venaient de vivre la mobilisation générale de septembre 1939. Mais la défaite changeait le statut de ces hommes, vaincus, arrachés au sol natal pour être retenus en Allemagne, sans espoir de permission.

Pour garder le contact, familles et prisonniers ont échangé une abondante correspondance. L’administration a tenté de leur apporter son assistance et d’intercéder auprès des autorités allemandes. Elle a mis en scène son action à des fins de propagande. Ces initiatives ont donné lieu à une intense production d’écrits, très bien représentés dans les fonds des Archives départementales du Cher. Mais ces documents officiels rendent imparfaitement compte de l’expérience personnelle de la captivité, à laquelle les ouvrages généraux sur la Seconde Guerre mondiale accordent peu d'attention. C’est pourquoi les pages qui suivent font aussi une place à des biographies de prisonniers, rédigées à partir de papiers privés donnés ou prêtés par leur propriétaire. Ces portraits privilégient volontairement les itinéraires de prisonniers évadés ou libérés, puis entrés dans la Résistance, pour faire le lien avec la thématique du musée et réfléchir à la place que la détention en Allemagne a pu tenir dans la décision de rejoindre la lutte clandestine.

En complément de ces archives publiques et privées, ce livre (catalogue de l'exposition présentée à Bourges, aux Archives départementales-Musée de la Résistance et de la déportation du Cher du 6 avril au 9 septembre 2018) dévoile l’œuvre de deux artistes prisonniers de guerre : les dessins de Maurice Delavier, conservés aux Archives municipales de Châteauroux, et les bustes réalisés par le sculpteur Hervé Mhun, donnés au département du Cher en 2017.

 

Table des matières :

De la défaite à la captivité : définition et statut du prisonnier ; la campagne de France : rendre les armes ; de la France à l'Allemagne

Vichy et les prisonniers : une assistance d'Etat ; libérations ou marchandage ? ; solidarités familiales ; Maurice Delavier, un dessinateur en captivité

Vivre en captivité : la vie quotidienne dans les Stalags et les Oflags ; vie culturelle et spirituelle, la fraternité des camps ; Hervé Mhun et les portraits de prisonniers ; les prisonniers au travail

Les prisonniers et la Résistance : sabotages et tentatives d'évasion ; Léon Boutet, prisonnier résistant ; Henri Diaz et son évasion ; les mouvements de prisonniers ; Zélia et Léon Duchesne, la résistance des évadés ; résistants et prisonniers en France

Libérations, rapatriements et retour à la vie civile : enfin libres ; rapatriements ; retour à la vie civile ; le difficile travail de mémoire

 

Références complètes de l'ouvrage