Contenu éditorial simple : Tours. Mémoires du sport

Une publication des Archives municipales de Tours, 2015, 74 pages

 

Le sport, longtemps parent pauvre du champ de la recherche historique, est devenu depuis la fin du XXe siècle et en quelques années un champ habituel d’investigation de l’historien. L’émergence d’un mouvement sportif moderne et son épanouissement accompagnent, de la seconde moitié du XIXe siècle à nos jours, l’évolution politique et sociale d’un territoire. À Tours, dont la population passe de quarante-trois mille habitants en 1870 à cent quarante-cinq mille en 1980, le paysage sportif naît, puis se transforme.

Le mot « sport » provient de l’ancien français « desport », terme qui renvoie aux notions de détente, de plaisir à la fois physique et de l’esprit. Le terme de « sport » apparaît de l’autre côté de la Manche. Il revêt un sens très large à la fin de la première moitié du XIXe siècle. Il définit alors le vaste ensemble des activités physiques, des distractions et de l’amusement, allant du jeu de paume à la chasse, en passant par la gymnastique et les jeux traditionnels.

Pour pratiquer une activité sportive entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, il est une contrainte que peu d’individus peuvent dépasser : le temps. En effet, le sportsman, tel qu’il se définit, doit avoir à la fois le temps et les moyens financiers de pratiquer chaque sport. L’escrime, l’équitation, la chasse, sont des activités pratiquées par les élites anglo-saxonnes depuis fort longtemps, tandis que la journée de travail de dix heures est introduite en France en 1900, et que le jour de repos légal hebdomadaire n’apparaît qu’en 1906. Comme l’écrit l’auteur d’un compte rendu sur le championnat national de cross de Ville-d'Avray en 1900 : « L’homme d’un sport n’est pas un sportsman, il est aussi insupportable que l’homme d’un seul livre ».


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