Contenu éditorial simple : Fonds photographique Jules Bonnel. 19 FI

Une publication des Archives départementales de l’Ardèche, 1996, 93 pages

 

Issu d’une lignée d’enseignants établie dans la région lyonnaise, Jules Bonnel nait à Lyon le 17 décembre 1864. Après des études secondaires au lycée Ampère à Lyon, il suit les cours de rhé­torique supérieure au lycée Louis le Grand à Paris. Ayant obtenu une licence ès lettres en 1886 et sa licence de philosophie l’année suivante, il tente l’agrégation mais échoue, peu intéressé par la philosophie toute livresque que dominait encore la pensée de Kant. Entré dans l’enseignement, il est successivement nommé à Arbois en 1889, puis à Tonnerre en 1891 et, enfin, à Privas en 1894 où il se marie la même année et se fixe définitivement.

Féru de musique, jouant du violon, il anime une société musicale privadoise fort active, qui reçoit des artistes d’audience régionale, mais aussi des musiciens étrangers tels que le groupe Zimmer de Bruxelles. L’activité de cette société culmine avec le concert annuel pour lequel Vincent d’Indy vient diriger le groupe de musiciens privadois et donner quelques-unes de ses œuvres au piano.

Jules Bonnel conjuguait également l’amour des grandes promenades et le goût de la photographie. Venu tôt à cet art, ses premières plaques ont été impres­sionnées dès 1881 à Artemare (Ain), début d’une longue carrière de photographe amateur qui devait durer cinquante-trois ans, jusqu’en 1934.

Les portraits constituent un groupe important dans ces clichés. Ils présentent la famille et les amis dans des poses figées, non sans afféterie. Les portraits de groupe forment quant à eux une série à part. Véritablement mis en scène, ils expriment le goût de leur auteur pour les compositions théâtrales. En opposition à ces images soigneusement composées, réfléchies, Jules Bonnel ne dédaigne pas l’esprit du reportage. Il croque sur le vif des anecdotes, rend compte d’événements extraordinaires comme l’inondation de 1907 au Pouzin et à Alissas, de faits marquants dans la vie de la cité tels que l’inauguration du monument des Mobiles, dans la vie de la nation comme l’exposition universelle de 1900 ou les grands cimetières militaires de la Somme, où fut enterré son fils, André, tué pendant la Première Guerre mondiale.

La collection Bonnel comporte 1694 plaques de verre qui ont été produites de 1881 à 1934. Jules Bonnel employa d’abord une chambre à soufflet de format 13 x 18 adaptable au format 9 x 12 par l’addition d’un châssis modifié, utilisée dès 1883. Il utilise également, à partir de 1907, le format 6 x 9 (19 Fi 934-935) et, en 1919, il adopte le « vérascope Richard » et produit des vues sté­réoscopiques. Ces clichés ont été donnés aux Archives départementales en 1992 par Madame Oisel et Mon­sieur Oisel, fille et gendre de Jules Bonnel.

 

Références complètes de l'ouvrage