Contenu éditorial simple : Feuilles d’archives et forêt d’Ardèche

Une publication des Archives départementales de l’Ardèche, 2006, 112 pages

 

La forêt nous renvoie à des représentations issues de l’enfance. Elle est du domaine du conte, lieu féerique et inquiétant qui abrite les elfes, les lutins, les ogres. Est-ce pour cela que, tout au long de l’Histoire, l’homme a entretenu des rapports ambigus avec la forêt ? Est-ce pour cela que, malgré les richesses qu’elle recèle (richesses inépuisables car renouvelables), nous avons toujours eu tendance à tourner le dos aux arbres ?

Vierge et impénétrable dans la Gaule romaine, immense pacage pour le rare bétail des manants au Moyen Âge, la forêt n’a connu une forme d’exploitation que tardivement : futaie pour les mâts des bateaux, source de charbon végétal, elle entre progressivement dans l’histoire économique à mesure que l’État se structure (l'expression Eaux et Forêts apparaît pour la première fois en 1209, et les premiers maîtres particuliers des forêts sont créés en 1554 ; l'Office national des Forêts, ONF, est créé en 1964).

Pour autant, et en Ardèche peut-être plus qu’ailleurs, la valorisation des espaces au profit de l’agriculture s’est toujours faite contre la forêt. Au XIXe siècle, les paysages de l’Ardèche sont pratiquement partout dénués de forêt. Les terrasses s’imposent sur tous les versants susceptibles d’offrir la moindre pâture aux bêtes, repoussant les limites de la forêt vers les sommets et les contreforts du Massif central.

La forêt a, depuis, eu sa revanche. Elle est revenue prendre sa place sur les pentes, elle a mordu dans les terres autrefois cultivées, elle s’est rapprochée des villages à mesure que les hommes abandonnaient leurs terres pour aller en ville « vivre leur vie », y devenir « flic ou fonctionnaire » comme l’a chanté Ferrat.

Pendant longtemps, la forêt est perçue comme un fléau, une menace, la marque d’une civilisation qui se perd. Elle n’est pas aimée, pas valorisée, pas exploitée. Alors que s’impose dans notre société l’aspiration au développement durable, notre regard sur la forêt peine à changer. Elle est pourtant notre meilleur capital face aux défis écologiques et énergétiques de l’avenir.

 

Références complètes de l'ouvrage

Sur le même sujet, vous pouvez également consulter Histoire de forêts. La forêt française du 13e au 20e siècle