Contenu éditorial simple : Une trilogie : la châtaigne, la vigne, la soie

Une publication des Archives départementales de l’Ardèche, 2011, 132 pages

 

L’évocation de la « fameuse » trilogie : la châtaigne, la vigne et la soie est habituelle aux Archives départementales de l’Ardèche. L’originalité de ce numéro 3 de la collec­tion Ardèche Patrimoine(s) est l’évoca­tion, par le truchement de documents d’archives, souvent inédits, d’une histoire plurielle : sociale, technique, culturelle et même politique.

De la famille des fagacées, le châtai­gnier est frileux et fragile. Surnommé l’arbre à pain, il est un véritable réservoir à nourritures. De l’invention de la machine à décortiquer les châtaignes sèches par Marius Monnier en 1929 aux secrets de fabrication des marrons glacés, en passant par l’importation de variétés du Japon résistantes à la maladie de l’en­cre, le châtaignier fait partie de l’imagi­naire ardéchois. Chantés par Jean Ferrat, exaltés par Arthur Cadoret, Aiguillonne, Bernarde, Combale et Sardonne… sont toujours présents dans la châtaigneraie ardéchoise.

Le mariage de la vigne et de l’Ar­dèche ne date pas d’hier. Depuis plus de 2000 ans, c’est une longue histoire de cépages, de savoir-faire, d’innovation. Au fil des siècles, le vin est devenu un art rigoureux qui s’est exporté : les vins blancs de Joyeuse, Largentière, Montréal, Vinezac, Cornas, les vins de l’Hermitage, de Tournon et de Mauves…  Créateurs et innovateurs sont nombreux comme les Faure, négociants en vin du Rhône, créateurs du « champagne du Rhône » (le Saint-Péray champagnisé) ou les Bernardy d’Aubenas qui ont introduit le cépage Liverdin noir.

« Là où croît la vigne, là peut venir la soie », cet adage d’Olivier de Serres sou­ligne l’ancienneté de l’éducation des vers à soie, attestée en Ardèche au XVIe siècle. L’industrie du mou­linage de la soie a rapide­ment prospéré avec des entrepreneurs vision­naires tel le tandem Vaucanson-Deydier qui, dans les années 1750, profitant d’un programme d’amélioration de la production de la soie, crée à Aubenas une manufacture modèle. À son apogée au milieu du XIXe siècle, l’industrie de la soie et de la sériciculture ne laisse pas indifférents les botanistes ardéchois ou les marchands de graines (nom donné aux œufs de vers à soie) qui n’hésitent pas à s’établir en Orient pour sélectionner les meilleurs œufs.

Cette fameuse trilogie « châtaigne, vigne et soie » vous invite donc à la découverte d’une histoire singulière : celle des acteurs, des lieux, des événe­ments, mais aussi à la découverte d’un patrimoine : les archives qui retracent les faits et les actions, et qui soulignent l’esprit d’in­vention et d’innovation des Ardéchois.

 

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