Contenu éditorial simple : Histoires d'eaux : maîtriser les ruisseaux

Une publication des Archives municipales d'Annecy, 2013, 59 pages

 

A Annecy, comme ailleurs, le Thiou, le Vassé et autres canaux, mais aussi l'Isernon et ses affluents, ont joué un rôle déterminant dans l'économie locale en favorisant le développement artisanal et industriel. Encouragés par l'offre accrue d'une énergie électrique peu onéreuse et régulière, fournie par les Forces du Fier à partir de 1904, et chassés par la poussée urbaine, les artisans industriels quittent les berges des cours d'eau qui, privés de leur statut de force motrice, sont désormais regardés avec défiance par la population.

Les responsables locaux, pour des raisons de protection contre les inondations, d'hygiène, de disponibilité spatiale iront jusqu'à décider leur comblement ou leur recouvrement dans l'indifférence générale. Nos canaux urbains, ont échappé en grande partie à ce mouvement, pour notre plus grand plaisir, mais il n'en a pas été ainsi pour le réseau hydrographique de l'Isernon.

La lutte contre les caprices des cours d'eau est, en milieu urbain, une préoccupation majeure depuis toujours ; à Annecy, pendant des siècles, elle s'est concentrée intramuros. Avec l'éclatement des murailles d'enceinte au XIXe siècle, la ville s'épanche, entre autres, dans le quartier marécageux de la Prairie que parcourt le nonchalant – mais néanmoins capricieux – réseau hydrographique de l'Isernon. Pendant longtemps, que ce soit au centre ville ou dans le faubourg de la Prairie et dans le secteur de Vovray, les autorités ont disposé pour seules armes du curage, du faucardement, de l'élargissement, de l'approfondissement et de la rectification, qui sont mis en oeuvre, plus ou moins régulièrement, jusqu'au milieu du XXe siècle pour faciliter l'écoulement de l'eau en temps ordinaire comme lors des épisodes météorologiques extrêmes.

Les canaux urbains sont domptés efficacement avec la mise en place de la régulation du lac conçue par l'ingénieur des Ponts et Chaussées, Sadi Carnot, en 1874 : l'Isernon et ses affluents disparaissent entre 1965 et 1968 dans des aqueducs maçonnés qui jugulent leurs caprices jusqu'à les effacer de la mémoire collective. C'est donc l'histoire de l'apprivoisement des cours d'eau sur le territoire communal que l'on découvre dans cet ouvrage.

 

Références complètes de l'ouvrage