Contenu éditorial simple : Croquis et dessins d’audience de l’Affaire Caillaux par Louis Hanny, avocat près la Cour d’appel de Paris

Une publication des Archives de Paris, 2011, 200 pages

 

L’Affaire Caillaux reste aujourd’hui un des scandales de la IIIe République. Elle a secoué, entre mars et juillet 1914, tous les milieux politiques et la France tout entière. Et pour cause : l’épouse du ministre des Finances a assassiné le directeur du Figaro par crainte qu’il ne dévoile des lettres intimes auprès du grand public.

Le scandale fut énorme.

Car l’Affaire Caillaux faisait suite à l’Affaire Dreyfus. Et c’est dans un contexte politique national et international tendu qu’il faut tenter de la comprendre et de mesurer ses répercussions.

L’Affaire Caillaux fut aussi la lutte d’un homme pour son avenir politique. Joseph Caillaux était plongé dans un cauchemar médiatique et personnel : le geste terrible de son épouse l’avait privé de l’accession à la présidence du Conseil, et – c’est ce qu’il affirma quelques années plus tard – de sauver la paix entre la France et l’Allemagne.

Mais Joseph Caillaux fut aussi un homme pragmatique, qui, pour empêcher la condamnation de son épouse, n’hésita pas à adopter des méthodes peu scrupuleuses : choix du président de la cour d’appel, pression sur le procureur général, manipulation des jurés. C’est donc dans une atmosphère particulièrement pesante que se déroula le procès de son épouse.

Pendant huit jours, le public assista certes à de brillantes joutes verbales entre les avocats de la partie civile et ceux de la défense. Mais il a retenu de ce procès l’image d’une justice instrumentalisée et largement dépassée par les événements, le tout sur fond de règlements de compte politiques.