Contenu éditorial simple : Menton 1914-1918 : chronique locale d'une guerre mondiale

Une publication des Archives municipales de Menton, 2014, 135 pages

 

Menton, « perle de la France » et reine de la Riviera où se pressait l'Europe des hivernants, allait, dans un témoignage spontané et inconscient de reconnaissance, « faire don de sa personne » à la République. Ses enfants valides furent embarqués pour le front, promettant tous, au moment des adieux, de revenir vite, qui, pour des vendanges, qui pour les blés, qui pour la haute saison...

Mais à Menton, il n'y eut plus de haute saison, juste une succession de saisons mortes pendant cinq longues années qui laissèrent la ville au bord du gouffre, pantelante, exténuée, exsangue, tétanisée par les abominations d'un affrontement destructeur jusqu'à l'absurde, vécu, à mille kilomètres du feu, au travers des lettres aux mères, aux fiancées, aux épouses et des témoignages des soldats mutilés, auxquels la ville avait ouvert les portes de ses hôtels devenus inutiles.

La ville souffrit. De l'abondance de morts, les siens et ceux des autres cités d'infortune expédiés rendre leur dernier souffle au soleil. Du trop-plein de réfugiés des zones occupées. Des convalescents, ces moitiés d'hommes hébétés errant d'un jardin à une terrasse. Du manque de vivres. Des coups du sort, tempêtes, sécheresse et froidure exceptionnelle. D'être coupée du reste de la France, faute de trains. De la fuite de ses hôtes. Menton souffrit et se révéla solidaire et généreuse au point que son blason fut figé dans la pierre du mémorial de Douaumont, au côté de Monte-Carlo, Nice et Cannes.

C'est cette vie de pénurie et de souffrance, parenthèse hideuse entre deux périodes dorées, que la commune de Menton a souhaité mettre en avant, au travers des nombreux documents conservés, pour l'essentiel, aux Archives municipales et départementales, ainsi que des courriers et photographies privés transmis par les Mentonnais.

Cette évocation, écrite à la manière de chroniques du quotidien et présentée à la façon des almanachs qui avaient cours au début du siècle dernier, n'est pas un nouvel ouvrage sur la Première Guerre mondiale, mais un recueil de faits avérés durant la Grande Guerre à Menton, ville martyre sans jamais avoir été ni envahie ni bombardée.