Contenu éditorial simple : Mémorial de l'oppression. Les crimes de guerre en Rhône-Alpes, 1940-1944

Une publication des Archives départementales du Rhône, 2003, 717 pages

 

En publiant le répertoire des archives du Mémorial de l'oppression, les Archives départementales du Rhône mettent à la disposition du public un ensemble unique de documents sur une page de la Seconde Guerre mondiale. Elles répondent ainsi à un triple objectif. Le premier est de s'inscrire dans la démarche d'information et de transparence suscitée depuis près de dix ans par la direction des Archives de France lorsqu'elle publia un Guide des recherches sur la Seconde Guerre mondiale portant sur l'ensemble des services d'archives français. Les chercheurs disposèrent ainsi d'un instrument de recherche leur permettant de cerner l'ensemble des sources disponibles sur un sujet encore très vivant dans la mémoire de la nation. L'explosion des recherches sur la période de la Seconde Guerre mondiale lui est sans doute en grande part redevable. Après ce tour d'horizon, il paraissait nécessaire que les services d'archives, sans cesse tiraillés entre la transparence et le secret, tous deux nécessaires au bon exercice de la démocratie, s'attachent à faire paraître des instruments de recherche consacrés à ces fonds de plus en plus sollicités. Le présent ouvrage s'inscrit dans la politique des Archives départementales du Rhône, en ce domaine, depuis 1997.

Ensuite, la présente publication ne fait que traduire dans les faits les dispositions de deux textes officiels importants. En effet, la circulaire du Premier ministre du 2 octobre 1997 relative à l'accès aux archives publiques de la période 1940-1945 et l'arrêté du ministère de la Culture du 29 avril 2002 instituant une dérogation générale pour la consultation de fonds d'archives publiques concernant la Seconde Guerre mondiale témoignent tous deux de la prise en compte de ce souci de transparence.

Le premier de ces textes facilite officiellement l'accès aux archives réputées incommunicables selon la loi sur les archives du 3 janvier 1979. Le second vient renforcer le premier en disposant qu'une très grande part des archives produites par les services préfectoraux pendant la Seconde Guerre mondiale sont désormais librement communicables avant l'expiration du délai de soixante ans prévu par la loi sur les archives. Les documents du fonds du Mémorial de l'oppression devenaient par le fait communicables avant le délai officiel.

Enfin, les Archives du Rhône répondent à la demande du public telle qu'elle s'est exprimée lors de l'enquête réalisée par un institut de sondage en 2001 sur les publics des archives. La seconde guerre mondiale venait largement en tête des sujets qui passionnaient les Français s'intéressant à l'Histoire. Gageons que leur attente ne sera pas déçue : les documents conservés dans le fonds du Mémorial de l'oppression sont autant de témoignages sur le fonctionnement de l'administration, d'enquêtes, de rapports qui permettent d'approcher le climat de la fin de la guerre dans un contexte très tendu d'attentats, de crimes, de tortures, de déportations sur fonds de représailles et de règlements de comptes. Les photographies des victimes et des destructions qui viennent à l'appui des démarches de l'administration sont parfois insoutenables dans leur cruauté et leur description du réel. La communication de ces documents très fragiles, parce qu'uniques et rédigés sur des supports de mauvaise qualité, nous a engagés à envisager dès cette année leur transfert intégral sur support numérique. Cette démarche vise autant à protéger les originaux pour en assurer la conservation que de ne pas limiter leur communication. Les Archives départementales du Rhône jouent ainsi pleinement leur rôle de transmission de la mémoire.

 

Références complètes de l'ouvrage

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